Les synergies entre startups des cleantech et grands groupes s’intensifient

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(Crédits : DR)
L’International CleanTech Week s’est déroulé du 19 au 24 juin à Annecy. Premier rassemblement international des innovations technologiques vertes, il a rassemblé des dizaines d’acteurs de cet univers, startups, grandes entreprises et investisseurs.

« Les besoins de financement de la R&D sont très lourds pour les jeunes entreprises de l'univers des cleantech et si quelques fonds ont vocation à les soutenir, il y a peu d'élus parmi les startups à la recherche de capitaux, observe Juliette Karrer, responsable relations investisseurs pour l'International CleanTech Week, qui s'est déroulé du 19 au 24 juin à Annecy. A plus de 900 millions d'euros en 2017 (selon Green Univers), l'investissement dans les entreprises de l'univers des cleantech, qui couvrent une douzaine de sous-secteurs très transversaux (de la mobilité à la production d'énergie, en passant par l'efficacité énergétique ou le stockage), progresse en France. Cependant, relève Albin Jourda, dirigeant fondateur de French CleanTech, « si les tickets moyens dans les startups de l'univers des cleantechs progressent, les « deep tech », les innovations de rupture qui nécessitent des investissements lourds, séduisent moins les investisseurs ».

Quelques fonds d'investissement spécialisés


Dans l'hexagone, quelques fonds se sont spécialisés sur ce secteur, à l'image de Demeter. Le leader français avec plus d'un milliard investi uniquement dans ces domaines, qui en une quinzaine d'années d'existence a financé plus de 120 entreprises. « Nous nous devons d'avoir une vision long terme, car dans ces métiers des cleantech il faut cinq ou six ans à une startup pour créer de la valeur » observe Olivier Bordelanne, directeur d'investissement chez Demeter.

L'apport des fonds d'investissement spécialisés ne se limitent cependant pas à la mise à disposition de capitaux. Il s'agit aussi de donner accès à un réseau d'entreprises, à même de faire bénéficier de leurs expériences : de très grands groupes, à la recherche de projets innovants, ou des PME, qui ont récemment connu cette phase de démarrage.

Le « corporate venture » séduit

Beaucoup se tournent d'ailleurs vers le corporate venture (les fonds des grands groupes). « Les entreprises ont une vision long terme car elles combinent financement et partenariat industriel, ce qui leur apporte une plus grande ouverture sur l'innovation et accélère leur transformation » relève Juliette Karrer.

En complément, les financements publics ont un rôle majeur de soutien à l'innovation. La BPI a d'ailleurs lancé, en 2017, le fonds France Investissement Energie Environnement (FIEE), doté de 100 millions d'euros, pour soutenir les PME et petites ETI de la transition énergétique.

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Nathalie Vincent, présidente de l'association Le 5ème élément (International CleanTech Week)

Quels enseignements tirez-vous de l'International CleanTech Week concernant le financement de l'innovation ?


Nous avons pu réunir tous les acteurs impliqués dans le financement de l'innovation dans les technologies vertes : les banques, privées (Société Générale, Crédit Agricole, BNP Paribas...) et publique (la BPI), les fonds d'investissement (Demeter, Supernova), les grands groupes industriels du secteur (Michelin, EDF, Schneider Electric, Renault...) et les startups. Nous avons surtout été très impressionnés par le grand appétit des industriels pour des collaborations avec le monde des startups.

Comment analysez-vous cet intérêt des grands groupes pour les startups des cleantech ?

L'engouement des industriels pour les jeunes pousses des cleantech s'explique d'abord par la vision très long terme des grands groupes. Développer des projets innovants dans les cleantechs prend du temps et leurs marchés sont encore naissants. Mais investir dans l'innovation et trouver des relais de croissance est un sujet stratégique pour ces groupes. En outre, ils sont aussi très conscients de leur responsabilité sociétale, de leur devoir d'œuvrer pour un futur plus respectueux de l'environnement.

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