Le rachat de crédit : y songer rapidement mais éviter les pièges

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Face aux difficultés pour renégocier leur crédit, les particuliers se tournent de plus en plus souvent vers le rachat.
Face aux difficultés pour renégocier leur crédit, les particuliers se tournent de plus en plus souvent vers le rachat. (Crédits : DR)
Avec des taux bancaires bas, nombreux sont les emprunteurs à solliciter leur banque afin de renégocier leur prêt immobilier. En cas d’échec, ils se tournent vers la concurrence qui rachète leur emprunt. Attention toutefois : il y a des pièges dont il faut se méfier.

Les banques ne cessent de voir affluer des particuliers cherchant à renégocier leur crédit immobilier. En 2017, selon les chiffres publiés par la Banque de France40 % des crédits à l'habitat générés concernaient une renégociation. Du jamais vu. Toutefois, les refus existent. Et les nouvelles offres proposées ne sont pas forcément intéressantes. En effet, il est impératif de remplir certains critères afin de pouvoir profiter d'un nouvel emprunt avantageux. Notamment une baisse nette du taux de crédit. La raison : cette renégociation entraine des frais (de dossier notamment).

Les particuliers optent de plus en plus pour un rachat de crédit. L'intérêt : faire jouer la concurrence entre les banques. Lorsqu'il y a accord, la banque rachète le prêt contracté par un particulier à l'ancien établissement bancaire. Et obtient de ce fait un nouveau client. Ce dernier doit avoir un concept en tête : son rachat de crédit n'est bénéfique qu'à partir du moment où les gains obtenus sont supérieurs au coût du rachat.

Faire bien attention au montant des frais

Et, bien entendu, un rachat entraîne des frais. C'est là où le particulier doit être attentif. Car ils sont plus nombreux que pour une renégociation. Outre les frais de dossier, il faut penser à l'indemnité de remboursement anticipé (3 % du capital restant dû ou 6 mois d'intérêts), à la mainlevée de l'hypothèque mais aussi aux frais de constitution de garantie.

S'il est possible de négocier les frais de dossier - souvent évalués entre 500 et 1 000 euros - le rachat d'un crédit a un coût certain. De ce fait, celui-ci demeure intéressant dès lors que le particulier obtient une baisse de son taux de l'ordre de 80 à 100 points de base. Une personne ayant contracté un prêt à un taux de 2,8 % n'effectuera une opération intéressante qu'à partir du moment où le nouveau taux sera de l'ordre de 2 %. Grappiller quelques points ne sert donc à rien.

De ce fait, vu que les taux sont globalement en-dessous des 2 % depuis le début de l'année 2016, il n'y aura quasiment aucun intérêt pour un emprunteur ayant souscrit à un prêt depuis 2016 à envisager le rachat de son crédit. L'aubaine est en revanche belle pour ceux qui avaient investi en 2014 voire 2015. Petit conseil : si vous envisagez de faire racheter votre crédit, pensez à le faire dans les premières années du prêt (idéalement le premier tiers). En effet, la part des intérêts versés est bien plus importante en début qu'en fin de prêt. Enfin, il est conseillé d'avoir un capital restant dû d'au moins 70 000 euros.

Profiter également de l'amendement Bourquin

Faire jouer la concurrence entre les banques a du bon. Depuis le 12 janvier 2018 et la validation par le Conseil constitutionnel de l'amendement Bourquin, les emprunteurs peuvent même changer chaque année leur assurance de prêt. Un argument à prendre en compte lors d'un rachat de crédit. Si le particulier est libre de souscrire cette assurance là où il le souhaite, certaines banques profitent du rachat de crédit pour proposer une assurance à un taux plus bas. Une ristourne de plusieurs centaines d'euros qui n'est pas négligeable pour un particulier. Car aucune économie n'est à laisser sur le bord de la route lors d'un emprunt bancaire. Avant de se lancer dans l'aventure du rachat de crédit, il est conseillé d'effectuer une simulation au préalable.

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