Numericable espère lever 250 millions d’argent frais en Bourse

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La Box Fibre de Numericable.
La Box Fibre de Numericable. (Crédits : DR)
Le câblo-opérateur a fait enregistrer son prospectus d’introduction auprès de l’Autorité des marchés financiers. Une augmentation de capital est prévue pour diminuer la dette et accélérer les investissements. Les fonds Cinven et Carlyle cèderont des titres, celui de Patrick Drahi, Altice, va se renforcer.

Coup d'envoi ce jeudi matin du processus d'introduction en Bourse de Numericable. Le câblo-opérateur, qui fusionne avec sa société sœur de télécoms pour entreprises Completel, se met à nu devant les analystes financiers à huis clos toute la journée, après avoir fait enregistrer la veille son prospectus d'introduction auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Eric Denoyer, PDG du groupe Numericable, a indiqué ce jeudi lors d'une conférence de presse que l'opération d'entrée en Bourse, dont le calendrier n'est pas finalisé, comportera une partie d'augmentation de capital, de l'ordre de 200 à 250 millions d'euros. L'un de ses principaux actionnaires, Altice, le fonds de Patrick Drahi, qui est à l'origine de la constitution du câblo-opérateur par rachats de petits réseaux câblés sur tout le territoire dans les années 2000, envisage d'y participer, voire de souscrire à la totalité de cette augmentation de capital, afin d'accroître sa participation, actuellement de 24%.

De l'argent frais pour alléger la dette et investir dans le réseau

En revanche, le fonds d'investissement britannique Cinven, qui accompagne le groupe depuis 2005, et l'américain Carlyle, arrivé en 2008, vont céder une partie de leurs titres. Ils détiennent chacun 37,5% du capital. Au total, le capital flottant placé en Bourse devait avoisiner « entre 20% et 40% du capital » a indiqué le PDG. La levée d'argent frais permettra de diminuer un peu la dette nette, actuellement de 2,7 milliards d'euros, afin de ramener le ratio à 4 fois l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) du groupe, issu d'un LBO (« leverage buy-out », rachat par endettement), afin d'accélérer les investissements.

« Numericable Group » -c'est le nouveau nom de l'ensemble regroupant l'activité grand public et le business entreprises- entend investir 220 à 230 millions d'euros de plus sur trois ans que les 300 millions annuels aujourd'hui consacrés à la rénovation du réseau de câble, remplacé par de la fibre jusqu'en pied d'immeuble. L'objectif est de raccorder 8,5 millions de foyers en fibre en 2016.

Surfer sur l'appétence pour le très haut débit

En surfant sur l'appétence des consommateurs pour le très haut débit, Numericable espère enregistrer une croissance annuelle moyenne de 2% à 5% de 2014 à 2016. Pas si mal, dans un marché des télécoms français frappé par la baisse des prix dans le mobile. L'an passé, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires pro forma de 1,3 milliard d'euros et un bénéfice opérationnel (Ebitda) de 590,8 millions d'euros. Il vise une marge d'Ebitda ajustée de 50%. Son potentiel est important, car sa part de marché reste faible sur le marché des offres triple-play (internet, tv, téléphonie fixe) : 4,1% à fin 2012, reconnaît-il dans son document de référence, loin derrière Orange (41%), Free (23%), SFR (21%) et Bouygues Telecom (7%), même s'il est leader en nombre d'abonnés au très haut débit. Eric Denoyer a répété qu'il considérait qu'un rapprochement avec SFR « aurait du sens, sur le plan économique et industriel » mais « cela n'a rien à voir avec le fait d'être en Bourse. Avec cette opération d'introduction, les actionnaires se dotent d'un instrument de liquidité et cela permet de faire du développement, c'est-à-dire d'accélérer les investissements, avant de parler de consolidation. » Mais il a reconnu que cela fait apparaître une valorisation et facile les calculs de comparaison…

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a écrit le 19/09/2013 à 15:13 :
Numericable a un beau réseau câblé qu'il ne sait pas faire fonctionner correctement Allez demander a leurs clients et vous verrez!!
Réponse de le 19/09/2013 à 15:47 :
Vous avez des infos particulières la dessus ? Parce qu'il ne semble pas y avoir plus d'emmerdes que chez les autres maintenant. A titre perso, j'ai eu deux ou trois coupures en 5 ans, et je ne peux pas franchement dire que ce soit supérieur a mes voisins en ADSL (au contraire).
a écrit le 19/09/2013 à 14:30 :
Si, avec le métier qu'elle fait, la société Numéricable n'est pas une grosse vache à cash qui donne un bon dividende, alors c'est qu'il y a un problème quelque part.
a écrit le 19/09/2013 à 13:00 :
Pourquoi une levée de fonds en Bourse? Tout est dit dans l'article. Les fonds de pension abandonnent Numericable à son sort car la rentabilité n'y est pas! Lever des fonds en Bourse c'est le dernier soubresaut d'une bête à l'agonie et un rapprochement avec SFR serait plus juteux à long terme que de renflouer temporairement des comptes déficitaires. Ses concurrents patientent tranquillement comme des charognards avant de se précipiter sur sa dépouille qu'ils acquerront pour une bouchée de pain.
Réponse de le 19/09/2013 à 15:11 :
Ou plus simplement que les fonds sont dans la taule depuis longtemps (surtout Cinven), et qu'il n'est que rarement dans la mentalité des fonds de rester indéfiniment, surtout quand il y a une plus-value a faire :-)
Réponse de le 19/09/2013 à 18:06 :
@SHA-1

Combien cela va rapporter à Cinven selon vos sources exclusives? A combien s'élèvera la dette après distribution de dividendes?
Réponse de le 19/09/2013 à 22:09 :
Version volontairement très simplifiée... Cinven est rentré aux débuts pour 450M, et a revendu une moitié pour 1G a Carlisle. Leur cash-out résiduel (non réactualisé est donc de 225M pour 37%. S'ils bazardent tout, pour le prix de marché espéré, vous pouvez avoir une idée de la PV, en deux coups, de cette affaire :-)
Réponse de le 20/09/2013 à 8:42 :
@SHA-1

Et annualisé cela donne un rendement à un ou deux chiffres? Même si la plus-value peut paraître importante, le rendement résultant peut être en réalité bien inférieur aux attentes. Faire 10 % sur 5 ans ce n'est pas la même chose que réaliser 5 % sur 1 ans car la seconde proposition est de loin la plus performante des deux (soit ~27,6 % sur 5 ans).
Réponse de le 20/09/2013 à 9:19 :
Cinven est entré en 2005. Carlyle a racheté des parts de Cinven en 2007. Et si la valo de NC Group atteint les 6G comme certains le pensent, alors leurs parts vaudront a peu près 2G, tout comme celles de Cinven.
Réponse de le 20/09/2013 à 10:33 :
@SHA-1

Si je reprends les chiffres donnés 775 millions (d'euros ou dollars?) sur une première cession (1G - 225M) puis hypothétiquement 1,775 milliards sur la seconde (2G - 225M) soit un profit de 2,55 milliards sur 8 ans pour un placement initial de 450 millions ce qui donne un rendement de ~667 % sur 8 ans ou bien encore ~26,8 % annuel... pas mal cependant cela n'a rien de comparable avec la performance de ~211 % annuel obtenue dès la première cession. Malgré une performance moyenne annuelle bien supérieure à la moyenne Cinven se retire, c'est qu'il y a un os quelque part comme par exemple une faible perspective de croissance et le risque d'entamer la valorisation pour alléger la dette donc les intérêts de la dette. Néanmoins il serait intéressant de savoir ce que Cinven va faire de son pactole et comment il sera placé par la suite.

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