Montres et réalité virtuelle, extensions du domaine du mobile à Barcelone

Delphine Cuny à Barcelone
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Delphine Cuny à Barcelone
Un écran toujours plus grand, un processeur plus puissant, un appareil photo plus performant, un design encore plus fin ? Alors que les smartphones se banalisent, les constructeurs ont eu beau rivaliser de superlatifs et de mises en scène grandioses, ils ont peiné à impressionner le public un peu blasé du Mobile World Congress (MWC), le grand salon mondial du mobile qui vient de fermer ses portes à Barcelone jeudi. En panne d'idées, les grands fabricants ont mis l'accent sur le design et les finitions, le leader mondial Samsung espérant se différencier avec son Galaxy S6 edge aux bords incurvés, présenté dans un vert émeraude métallisé tranchant enfin de l'argent et de l'or nouveaux standards dictés par l'iPhone. Signe de la maturité de ce marché qui a vu s'écouler 1,3 milliard d'appareils l'an dernier, ce retour du design au premier plan n'est pas sans rappeler la période 2005-2007, avant la sortie du smartphone d'Apple, lorsque les téléphones multimédias ne parvenaient plus à se différencier que par la couleur de la coque ou le logo d'une marque de luxe.
Aussi, les constructeurs sont-ils déjà tous investis dans l'étape d'après, dans l'extension du domaine du mobile : au poignet surtout, ou sur la tête, un prolongement à porter sur soi - on dit « wearable » en anglais. Si de nombreuses marques avaient dévoilé l'an dernier des bracelets, moniteurs d'activité, aux couleurs pop mais aux fonctions basiques, la montre intelligente était l'incontournable de cette édition 2015, à la veille du lancement officiel de l'Apple Watch, lundi 9 mars. Même si Samsung, un des pionniers de ce segment, n'a pas présenté de nouveau modèle à Barcelone, la Gear S, vendue 400 euros, ayant été dévoilée à Berlin en septembre.
En effet, au dernier trimestre 2014, Apple s'est arrogé 89% des bénéfices du secteur, selon le cabinet Strategy Analytics, même Samsung peinant à gagner de l'argent.
Il s'est déjà écoulé environ 5 millions de montres connectées en 2014 dans le monde selon Strategy Analytics. Il pourrait s'en vendre 26 millions cette année selon l'institut d'études GfK. Certes, beaucoup moins que de smartphones, mais un relais de croissance appréciable. L'objectif mis en avant par les constructeurs : simplifier le quotidien, en visualisant d'un coup d'œil certaines informations (messages, historique d'appels, etc), comme un écran déporté du smartphone.
On peut parfois passer des appels, mais la qualité audio n'est pas toujours au rendez-vous. Les constructeurs ont surtout soigné l'apparence de leurs montres connectées, en s'inspirant de l'horlogerie pour sortir du registre gadget, à l'heure où le marché semble déjà encombré, regorgeant de modèles conçus par des startups : la française Withings, avec sa montre Activité fabriquée en Suisse à 490 euros ou sa version pop façon Swatch à 150 euros), la suisse MyKronoz avec sa gamme complète dans les 100 euros, ou encore la nouvelle venue californienne Martian qui a présenté des montres Guess à commande vocale et mini écran affichant des notifications, qui devraient être vendues dans les 350 euros. Sans oublier la célèbre Pebble, chouchoute de la Silicon Valley, qui vient de lever en quelques jours 15 millions de dollars en précommandes sur Kickstarter pour son nouveau produit Pebble Time !
Le chinois Huawei, qui dispute la place de numéro trois mondial des smartphones à un autre chinois, Lenovo - qui commercialise lui même une montre, la « Moto 360 » sous marque Motorola - a bluffé bon nombre de journalistes et d'analystes avec son modèle ressemblant à une vraie montre d'homme classique, au look réussi. Défense cependant d'essayer ou de manipuler la Huawei Watch, présentée sur un plateau d'argent sous bonne garde sur le stand. L'équipementier de Shenzhen n'a pas annoncé de prix ni de date de sortie.
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Le sud-coréen LG, qui a déjà sorti trois montres, est aussi sorti du lot avec ses montres connectées « nouvelle génération » : une version aux faux airs de pièce d'horlogerie traditionnelle, la LG Watch Urbane, cadran métal or rose et bracelet cuir, sous Android Wear, qui capte le pouls et affiche l'historique des appels récents ; et la version Urbane LTE, « la première montre connectée au monde 4G », également compatible avec la technologie sans contact NFC, au look plus sport, tournant sous son système d'exploitation LG Wearable (basé sous l'ex-plateforme WebOs de Palm). LG n'a pas non plus communiqué le prix et ni date de commercialisation.
Du côté des acteurs plus low-cost, le chinois TCL, sous la marque Alcatel One Touch, et la jeune pousse Wiko, mi-marseillaise mi chinoise, ont aussi dévoilé leurs montres connectées d'entrée de gamme.
De quoi répondre donc aux besoins de tous les budgets. Mais la demande est-elle là ? Malgré l'intérêt indéniable des technophiles sur le salon, une récente enquête de Kantar révèle que 64% des Français n'ont pas l'intention d'acheter une montre connectée dans les douze mois à venir, jugeant les fonctionnalités pas utiles et le prix trop élevé. Faudra-t-il encore qu'Apple vienne jouer son rôle de rouleau marketing et évangéliser le grand public?
Le taïwanais HTC n'a pas présenté de montre, mais un bracelet connecté de fitness avec la marque de sport américaine Under Armour, qui affiche l'heure, les appels entrants, les messages, etc. Le pionnier des smartphones a surtout créé le buzz avec un casque de réalité virtuelle, Vive, élaboré en partenariat avec le développeur de jeux vidéo américain Valve, qui promet une expérience immersive intense avec un écran devant chaque œil. Une version développeur sortira au printemps, celle du grand public en fin d'année.
HTC emboîte le pas de Samsung, mais dans une approche différente : le Sud-Coréen s'est lui allié au spécialiste Oculus (racheté par Facebook) pour concevoir le casque Gear VR, qui est dépourvu d'écran et dans lequel on insère un smartphone. Le modèle présenté à Barcelone, compatible avec la gamme Galaxy S6, sera vendu environ 200 euros.
Remplaçant les Google Glass, totalement absentes des allées du salon cette année, les lunettes de réalité virtuelle étaient la nouvelle tendance forte de cette édition 2015 : l'association mondiale des opérateurs (GSMA) qui organise le MWC invitait d'ailleurs à une visite virtuelle à l'intérieur d'un réseau mobile, avec des casques Oculus.
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Il pourrait se vendre 5,7 millions de casques de réalité virtuelle cette année selon le cabinet de conseil spécialisé KZero, et près de 24 millions en 2018. Soit un rondelet chiffre d'affaires de 2,3 milliards de dollars à cet horizon.
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