Cnil : des plaintes record en 2017

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La digitalisation de notre société va de pair avec une inquiétude croissante des citoyens sur l’utilisation de leurs données personnelles, affirme Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Cnil.
"La digitalisation de notre société va de pair avec une inquiétude croissante des citoyens sur l’utilisation de leurs données personnelles", affirme Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Cnil. (Crédits : Reuters)
Plaintes record et explosion des visites sur son site internet... La Commission nationale informatique et libertés (Cnil) se félicite d'une "année 2017 très active". Fait notable : une prise de conscience s'opère chez les internautes avec les polémiques à répétition sur l'utilisation ou la collecte détournée de données personnelles comme l'affaire Cambridge Analytica de Facebook. "Une pédagogie par le drame", estime la présidente de la Commission, Isabelle Falque-Pierrotin.

Droit à l'oubli, plaintes... Les Français s'accaparent leurs droits numériques. "2017 a été une année très active pour la Cnil : nous avons de plus en plus de sollicitations", affirme Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) lors de la présentation ce mardi du rapport d'activité 2017.

"La digitalisation de notre société va de pair avec une inquiétude croissante des citoyens sur l'utilisation de leurs données personnelles", poursuit-elle.

Conséquence : les plaintes grimpent en flèche. La Cnil a reçu un nombre record de 8.360 plaintes l'année dernière - contre 7.703 en 2016. Elles sont en hausse de 44% par rapport à 2015. Parmi les plaintes reçues, 27% portent sur la réputation en ligne avec 335 demandes de déréférencement. Deuxième motif de plainte : le secteur marketing/commerce, qui recueille 25% des plaintes, notamment pour de la prospection par courriel, téléphone ou courrier. Le conseil de la Cnil pour éviter les spams : créer des adresses électroniques selon les usages (professionnel, achats en ligne, réseaux sociaux...)

Les plaintes donnent aussi une indication sur les nouvelles préoccupations des internautes. Parmi les tendances, la Cnil identifie les objets connectés (cf. "l'Internet des objets", ou IoT), tels que les compteurs Linky, ou encore les enceintes connectées.

Prise de conscience des internautes

Cette augmentation des plaintes s'accompagne d'une "explosion des visites sur le site internet de la Cnil", se félicite Isabelle Falque-Pierrotin. En effet, le site a plus que doublé de fréquentation, en recensant 4,4 millions de visites en 2017 (+59% par rapport à 2016). Les requêtes sur la plateforme "besoin d'aide" ont aussi grimpé de 21% pour s'établir à 14.701 saisines en ligne en 2017. "Le premier outil de régulation pour la Cnil est la pédagogie", martèle la présidente de la Commission.

L'activité de la Commission est aussi portée par les différentes polémiques d'utilisation ou de collecte détournée des données personnelles. Dernier scandale en date : l'affaire Cambridge Analytica, qui plonge Facebook la tourmente. Le cabinet d'analyse Cambridge Analytica, au service de Donald Trump pendant sa campagne électorale et pour le mouvement "Leave.EU" lors du Brexit en 2016, a mis la main sur les données personnelles de 87 millions d'utilisateurs Facebook, sans leur consentement direct.

"Ce genre de scandale accentue la prise de conscience des internautes. Nous sommes dans la pédagogie par le drame", estime Isabelle Falque-Pierrotin.

Et de poursuivre :

"Cambridge Analytica prend de revers la logique des grands acteurs d'internet. Beaucoup d'entre eux se sont longtemps présenté comme des acteurs de la démocratie, de la transparence... C'est la raison pour laquelle l'effet image est particulièrement négatif."

"Le RGPD est une chance pour l'Europe"

En guise de réponse, la Cnil mise sur le fameux Règlement général sur la protection des données (RGPD), qui entrera en vigueur le 25 mai prochain. "Le RGPD est une chance pour l'Europe. Il offre un cadre juridique de confiance pour le développement de nos sociétés numériques, assure la présidente de la Commission. C'est une réponse opérationnelle face à une crise de confiance, entamée en 2011." En cas de violation du règlement, les entreprises peuvent encourir des sanctions allant jusqu'à 4% de leur chiffre d'affaires mondial... Pour autant, la Cnil assure vouloir être "pragmatique".

"Il en va de la crédibilité des régulateurs européens de faire appliquer le RGPD, donc il n'y aura aucune période de grâce par principe, affirme Isabelle Falque-Pierrotin. En revanche, nous n'aurons pas un tableau de chasse des sanctions. Nous prendrons en compte les efforts réalisés pour la mise en conformité, la bonne foi, les obligations nouvelles ou encore le type d'entreprise."

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Retrouvez notre dossier consacré au RGPD :

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Commentaires
a écrit le 11/04/2018 à 14:55 :
Il y aurait moins de «  plaintes » si les applications et logiciels et tous les sites sont testés pendant 12 mois sur des plateformes expertes avant la «  publication officielle «  en ligne pour l’acces à tous et toutes...

On ne met un produit «  non testé «  sur les marchés, après il y a des «  gens » qui savent mieux les circuits que les autres...
Font des «  mauvaises actions « 

A qui la faute ?

Aux brèches qu’il y a sur les applications, logiciels, sites , web

La il y a un «  gros » travail pour l’ITech
C’est 1 histoire de responsabilité par rapport à la création numérique.
a écrit le 11/04/2018 à 9:59 :
"Les requêtes sur la plateforme "besoin d'aide" ont aussi grimpé de 21% pour s'établir à 14.701 saisines en ligne en 2017."

Ok, mais combien ont été résolues ?

"En revanche, nous n'aurons pas un tableau de chasse des sanctions. Nous prendrons en compte les efforts réalisés pour la mise en conformité, la bonne foi, les obligations nouvelles ou encore le type d'entreprise."


Bonne foi et aucune sanction ,ah,ah

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