Informatique : le plan de Hewlett Packard Enterprise pour rester dans la course

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En France, HPE  conservera ses trois centres de compétences et ses deux datacenters.
En France, HPE conservera ses trois centres de compétences et ses deux datacenters. (Crédits : Reuters)
Le constructeur informatique américain Hewlett Packard se réorganise pour s'adapter aux changements de l'industrie informatique et gagner en agilité, en se séparant en deux sociétés HP inc (PC, imprimantes) et Hewlett Packard Enterprise (serveurs, stockage, réseaux, services, logiciels). Une agilité qui coûtera 25 000 à 30 000 postes, et qui n'épargnera pas la France.

HP, le constructeur informatique américain, se scinde en deux entités distinctes : HP Inc pour les PC et imprimantes, et HP Enterprise (HPE) pour le reste (infrastructures, logiciels , services, big data, cloud, sécurité, mobilité). En France, HPE  conservera ses trois centres de compétences et ses deux datacenters.

Gérald Karsenti, ex-patron de HP France et tout nouveau Pdg de Hewlett Packard Enterprise France (HPE), a avoué ressentir « beaucoup d'émotion » ce 2 novembre 2015 à l'annonce de la création de cette nouvelle entreprise. Nouveau périmètre - infrastructures, logiciels et services - ; nouveau logo, un rectangle vert « comme une fenêtre ouverte sur le monde de demain » selon le PDG de HPE ; nouvelle répartition des revenus : 50 % pour  Enterprise Group (infrastructures, maintenance, consulting), 37 % pour Enterprise Services (infogérance, Cloud ), 7 % pour les logiciels et 6 % pour Financial Services, la banque interne du groupe (1). Et certainement moins d'employés (252 000 dont 3400 en France), puisque la maison mère américaine a annoncé un plan social monde de 30 000 personnes.

La France devrait participer à cette réduction d'effectifs, annonce Gérald Karsenti :

« Je n'ai pas commencé les discussions avec les représentants du personnel, mais je pense qu'il y aura des départs. Dans les services, nous faisons face à une compétition féroce sur les coûts. Certains concurrents sont trois fois moins chers en ayant recours aux emplois offshore. Néanmoins, HP a toujours privilégié une approche différente des plans sociaux traditionnels. Il n'y aura pas de ruptures traumatisantes. »

Pour l'ancien vice-président d'IBM, cette scission doit permettre de s'adapter aux changements profonds qui secouent l'industrie informatique :

« C'est un moment magique, aussi important que l'imprimerie ou le chemin de fer. Le numérique est en train de devenir la pierre angulaire de la croissance des entreprises. Aujourd'hui, être numéro un ou deux d'un marché n'a plus de sens. Mieux vaut être petit et agile ».

Vélocité contre taille critique

Le Cloud illustre cette volonté d'accompagner la transition numérique qui bouscule les anciens modèles de business. HPE abandonne le Cloud public et fait le pari des Cloud hybrides et managés (gérés pour le client) pour les grands comptes. Côté PME, la société a créé il y a deux ans Cloud 28, une offre proposée par des partenaires locaux.

« Nous sommes au cœur d'un écosystème de 6.500 partenaires et 30.000 personnes» rappelle Gérald Karsenti.

Plus globalement, HPE veut proposer un « new style of business » fondé sur quatre piliers: transformer (Cloud hybride), renforcer (big data), protéger (sécurité) et améliorer (mobilité et objets connectés).

Le plan Challenge 2017 lancé par l'ancien patron de HP en 2011 visait à croître deux fois plus vite que le marché. Résultat : la France figure depuis trois ans dans le top 5 des pays les plus performants.

« Le leadership ne se trouve plus dans la taille mais dans la vélocité et l'innovation » martèle Gérald Karsenti.

Et en matière de rapidité et d'agilité, quoi de mieux que les start-up ? C'est pourquoi HPE accompagne 22 jeunes pousses, avec des formations gratuites et le mentorat bénévole d'un cadre exécutif. Objectif : passer à 100 d'ici trois ans. HP se coupe en deux au moment où ses concurrents, Dell pour les PC et EMC pour le stockage, sont en train de fusionner, créant un géant au chiffre d'affaires estimé de 80 milliards de dollars.

C'est la Bourse, ultime arbitre, qui dira dans quelques semaines quel modèle a gagné la faveur des investisseurs.


(*) Chiffres groupe. L'entreprise américaine ne donne pas les chiffres par pays

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