En août 2022, le Centre hospitalier sud-francilien de Corbeil-Essonnes était victime d'une attaque aux lourdes conséquences : systèmes informatiques à l'arrêt, empêchant l'enregistrement de nouveaux patients aux urgences, et vol de données personnelles de nombreux patients de l'hôpital avec demande de rançon. Face au refus de l'hôpital de payer, les attaquants avaient mis en ligne 11 gigaoctets de données personnelles et médicales de patients, employés et partenaires. Parmi ces données : des comptes-rendus d'examens, coloscopies, accouchements ou encore examens gynécologiques.
Et l'incident est loin d'être isolé, puisque les cyberattaques sur les hôpitaux se sont multipliées ces dernières années. En 2021, 730 cyberattaques sur des hôpitaux avaient été recensées par l'Agence du Numérique en Santé (ANS). Selon Adrien Merveille, expert en cybersécurité chez CheckPoint « Les attaques visibles, déclarées par les organismes ou publiées par les attaquants, sont définitivement en augmentation. ». Les observations sur un panel de clients de l'entreprise en France pour preuve : sur les six derniers mois, CheckPoint estime à 400 en moyenne le nombre d'attaques par mois et par hôpitaux et organismes de santé en France. Dax, Villefranche, Versailles, Corbeil-Essonnes... Les exemples font légion.
Un an presque après l'attaque du CHSF de Corbeil, si une prise de conscience collective semble actée chez les acteurs du secteur de la santé, la pénurie de main d'œuvre et le manque de sensibilisation fragilisent toujours l'ambition d'une lutte généralisée contre la cybermenace. Et ce malgré un large budget débloqué.