French Proptech : Pierre Leroy prêche pour digitaliser l'immobilier
Frédéric Thual, à Nantes
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Pierre Leroy, dirigeant de la startup EP et président du cluster French Proptech.
DR
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Pierre Leroy, dirigeant de la startup EP et président du cluster French Proptech.
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Ce jour-là, au festival nantais du numérique Web2day, derrière le rideau noir du démonstrateur de la French Proptech, une poignée d'acteurs de l'immobilier découvre, sur écran, les métiers de l'immobilier de demain. Ou comment le digital s'apprête à bousculer un secteur plutôt en retard dans l'adoption des nouvelles technologies. « Nous avons bâti plusieurs scénarios. D'abord, à destination des promoteurs, pour leur montrer comment les nouveaux outils de recherche pouvaient les aider à trouver des terrains, comment les financer avec du crowdfunding, par exemple, et comment mieux coordonner les corps de métiers pour les appels d'offres... On s'est voulus pragmatiques, parce que dans le monde de la pierre on préfère le concret », souligne Pierre Leroy, président de la French Proptech et dirigeant de la startup EP, qui est venue à l'immobilier après avoir abandonné la rénovation énergétique des bâtiments.
Mais l'audacieux pivot a vite trouvé ses limites. « En développant des data autour de l'immobilier pour les aménageurs, les constructeurs, les foncières, nous avons constaté que le secteur n'était pas assez mature pour utiliser des solutions digitales et que nous allions rapide ment nous retrouver dans un étau. Alors, soit on partait lever 200 millions de dollars aux États-Unis, soit on équipait les acteurs historiques. Eux se posaient beaucoup de questions, mais étaient loin du compte. Et nous, nous n'allions pas y arriver seuls. L'enjeu, c'était nous développer ou disparaître ! », admet l'entrepreneur nantais, qui redoute de voir débarquer les majors du numérique dans ce secteur, Amazon en tête...
La première pierre du projet s'appelle UNIK.X. Un bâtiment de 5.000 mètres carrés implanté sur l'île de Nantes, où les dirigeants d'EP ambitionnent de faire germer l'écosystème immobilier en accueillant des startups du secteur (Bloc in Bloc, Take a desk, Emoko, Kadran...). « Le défi, c'était de trouver une réalité entre le modèle économique des startups, dont l'ADN est basé sur un temps court, et celui des acteurs de l'immobilier, plutôt engagés dans des projets à dix ans », dit-il. Confronté aux mêmes problématiques, l'écosystème montpelliérain s'associe à la démarche nantaise pour lancer le cluster French Proptech en juin 2018. En un an, l'initiative attire 140 startups.
Frédéric Thual, à Nantes
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