Partage de données : Facebook visé par une enquête pénale aux Etats-Unis

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Après la FTC et la SEC, la justice américaine se penche sur les pratiques de Facebook sur le partage des données personnelles de ses utilisateurs avec d'autres entreprises, notamment les fabricants de smartphone.
Après la FTC et la SEC, la justice américaine se penche sur les pratiques de Facebook sur le partage des données personnelles de ses utilisateurs avec d'autres entreprises, notamment les fabricants de smartphone. (Crédits : Leah Millis)
Des procureurs fédéraux ont ouvert une enquête pénale contre Facebook, suite aux révélations autour du partages de données personnelles avec d'autres entreprises à l'insu des utilisateurs.

L'étau se resserre autour de Facebook. D'après le New York Times, des procureurs fédéraux à New York ont ouvert une enquête pénale autour des pratiques de Facebook. Dans leur viseur : le fait que Facebook partage des données de ses utilisateurs avec d'autres entreprises, parfois à leur insu. D'après le quotidien américain, un grand jury à New York a exigé officiellement auprès "d'au moins deux importants fabricants de smartphones" qu'ils fournissent leurs informations sur ce sujet, qui concernerait des centaines de millions d'utilisateurs. Pour rappel, les principaux fabricants de smartphones dans le monde sont le sud-coréen Samsung, l'américain Apple et les chinois Huawei, Oppo et Xiaomi.

Lire aussi : Facebook : les leçons manquées de Cambridge Analytica

La transparence de Facebook auprès de ses utilisateurs en question

Le réseau social de Mark Zuckerberg fonde son modèle économique sur la collecte et l'exploitation de données personnelles pour vendre des publicités ciblées. Grâce à des partenariats avec d'autres entreprises technologiques, notamment les fabricants de smartphone, Facebook récolte même des données d'internautes qui ne sont pas sur Facebook. Le réseau social justifie ces partenariats avec les fabricants de smartphones pour que ses services soient compatibles avec leurs systèmes d'exploitation ou leurs diverses applications et sites.

La question soulevée par la justice américaine est notamment de savoir si cela s'est fait de façon transparente pour les utilisateurs. Contacté par l'AFP, Facebook a indiqué qu'il était "connu que des enquêtes fédérales, y compris par le ministère de la Justice, étaient en cours". Le réseau social précise qu'il "coopère avec les enquêteurs" et "prend ces investigations au sérieux".

De nombreuses enquêtes en cours depuis l'affaire Cambridge Analytica

Pour Facebook, l'initiative de la justice américaine s'ajoute à une liste qui commence à être longue. Depuis le scandale Cambridge Analytica l'an dernier - l'exploitation de données personnelles d'utilisateurs de Facebook par la firme britannique pour le compte de la campagne de Donald Trump en 2016 -, les révélations s'enchaînent sur les pratiques de Facebook autour des données personnelles de ses membres. Son image s'est ainsi dégradée dans l'opinion publique, poussant les régulateurs du monde entier à davantage de fermeté qu'auparavant, notamment pour déterminer si Facebook a caché d'une façon ou d'une autre les détails de ses pratiques de partage de données.

Rien qu'aux Etats-Unis, le régulateur du commerce, la Federal Trade Commission (FTC), et le gendarme boursier, la SEC, ainsi que le ministère de la Justice enquêtent sur les pratiques de Facebook en terme de gestion des données de ses usagers. Le réseau social fait aussi l'objet de plaintes venant d'Etats américains comme la Californie ou d'actionnaires. Le réseau social aux 2,3 milliards d'utilisateurs risque au total des poursuites civiles et pénales avec notamment de grosses amendes à la clé. Rien que pour le dossier de la FTC, il pourrait selon la presse payer 2 milliards de dollars d'amende.

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Commentaires
a écrit le 14/03/2019 à 13:28 :
Les médias de masse ne peuvent pas, malgré tout les efforts qu'ils font, discréditer les réseaux sociaux qui montrent la compromission de ceux-ci tandis que ces premiers ne font que continuer à bêtement prêcher. "Ah ils disent du mal de nous alors que ce sont eux les gros nuls ouais !"

Ce que ne comprennent pas les propriétaires de capitaux et d'outils de production c'est qu'on les voit.
a écrit le 14/03/2019 à 13:12 :
"... Son image s'est ainsi dégradée dans l'opinion publique ..." : peut-être, mais en attendant il n'y a jamais eu autant d'utilisateurs de ce réseau et donc autant d'argent gagné !
Suite aux divers scandales sortis ces dernières années, la majorité des utilisateurs aurait du ouvrir les yeux, fermer les comptes et laisser proprement cette société s'écrouler comme une m... ! Et bien non, rien. On continue de se faire piller ses données personnelles en faisant semblant de ne rien voir et pendant ce temps, les scandales s'enchaînent tranquillement ... !
a écrit le 14/03/2019 à 12:51 :
Chronique d'une descente aux enfers annoncée! Ce n'est pas trop tot car le mal est fait.
a écrit le 14/03/2019 à 12:37 :
Entre Amazon et Facebook on a tiré le gros lot. Rapaces l'un comme l'autre, se foutant largement de ses clients et aussi de ses fournisseurs tout en payant le moins d'impôt possible ou pas du tout. La vie privée, ne veut plus rien dire pour ces 2 prédateurs, pourquoi pas nous "pucer" directement comme cela il n'y aura plus d'intime du tout. C'est du voyeurisme à l'état pur, j'étais abasourdie la semaine dernière en allant sur le site Amazon, car j'avais comme message, après avoir fait vos courses ce matin chez Auchan, et je ne suis pas sur les réseaux sociaux...... Tout se vend, donc maintenant j'utilise plus de cartes de fidélités, et si cela continue je ne paierais plus qu'en liquide, donc les commerçants, les banques ne sauront plus du tout ce que j'achète y compris Amazon, que je vais aussi laisser tombé. Bref, toutes nos informations se vendent à tord et à travers, et cela sans l'autorisation de leurs clients. Bref, je vais d'ailleurs ne plus faire de courses en France, je traverse le rhin et le tour est joué. Nos politiciens sont vraiment trop naifs et hors courses depuis longtemps. Pauvre France

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