Le géant américain Comcast à l’assaut de l’Europe

La victoire de comcast fait bondir le titre sky
Lucas Jackson

La victoire de comcast fait bondir le titre sky
Lucas Jackson
Après un bras de fer de près de deux ans avec son rival américain 21st Century Fox, qui appartient à la famille du magnat Rupert Murdoch, Comcast n'a jamais été aussi prêt de croquer Sky. Le 22 septembre dernier, au terme d'enchères à couteaux tirés, le champion du câble outre-Atlantique a emporté la mise face à son rival avec une offre valorisant le puissant groupe de télévision britannique, très présent en Europe, à 30,4 milliards de livres. Celle-ci s'est avérée bien supérieure à celle de Fox, déjà propriétaire de 39% de Sky, qui valorisait ce dernier à 27,6 milliards de livres. Lundi 24 septembre, à la fermeture des marchés, Comcast a déclaré avoir raflé pas moins de 30% du groupe britannique lors de la première journée de son offre.
Le voilà donc bien parti, semble-t-il, pour prendre les rênes du numéro un européen de la télévision payante. Outre Sky News, Sky est très présent dans le sport. Il vient, par exemple, de garder la main sur la plus grande partie des droits de diffusion de la prestigieuse Premier League anglaise de football. Le groupe dispose aussi de sérieux atouts dans la fiction : il détient notamment les droits de diffusion de la série "Game of Thrones". Surtout, Sky est solidement ancré dans plusieurs pays stratégiques sur le Vieux Continent, à savoir le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Allemagne, l'Autriche ou l'Italie.
Avec cette emplette, Comcast va disposer d'une arme de choix pour s'attaquer au marché européen. En avril dernier, le groupe américain a argué que « l'acquisition de Sky » allait permettre à la nouvelle entité « d'investir davantage dans les programmes originaux ou existants, et d'amortir les coûts sur une base de clients plus large, comptant 52 millions de consommateurs ». Avec l'objectif, clair, de concurrencer frontalement les nouveaux champions de la vidéo en streaming, comme Netflix et Amazon.
En parallèle, plusieurs observateurs estiment que l'offensive de Comcast ne vise pas qu'à se renforcer dans les contenus. Pour beaucoup, à l'évidence, c'est la « convergence » entre les télécoms et les médias qui guide l'action du roi américain du câble. Sous ce prisme, les contenus constituent aussi un actif de choix - surtout lorsqu'il s'agit d'exclusivités - pour ferrer et fidéliser de nouveaux abonnés télécoms. Analyste chez Raymond James, Stéphane Beyazian est de cet avis :
De quoi faire grincer des dents, a priori, chez Telecom Italia ou Deutsche Telekom. Les opérateurs historiques italien et allemand verraient forcément d'un mauvais œil cette concurrence nouvelle... Les analystes de Royal Bank of Canada estiment également qu'il y a de bonnes chances pour que Comcast passe à l'attaque sur le marché européen des télécoms :
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Quoi qu'il en soit, le rachat de Sky par Comcast montre que la « convergence » est désormais considérée comme une arme de choix par les géants des télécoms pour se diversifier et jouer des coudes avec les cadors du Net. Ces mouvements s'accélèrent depuis que, à la mi-juin, les Etats-Unis ont autorisé un autre mastodonte, l'opérateur mobile AT&T, à racheter le groupe de médias Time Warner. Ils pourraient bien, ces prochaines années, redessiner le paysage européen des médias et des télécommunications.
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