Le Uber chinois veut à son tour lever 1,5 milliard de dollars

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A elles deux, les applications Didi Dache et Kuaidi Dache contrôlent près de 80% du marché chinois des réservations de taxi via smartphones, selon le cabinet Analysys.
A elles deux, les applications Didi Dache et Kuaidi Dache contrôlent près de 80% du marché chinois des réservations de taxi via smartphones, selon le cabinet Analysys. (Crédits : Reuters)
Didi Kuaidi Dache, le mastodonte des réservations de taxi en Chine, serait en discussions avec des investisseurs, selon Bloomberg, afin de résister à l'offensive de l'américain Uber dans le pays.

Didi Kuaidi Dache contre-attaque. En effet, alors que son rival américain vient d'annoncer de prochains investissements à hauteur de 1 milliard d'euros en Chine, que Uber considère d'ailleurs comme son marché prioritaire, le leader chinois des réservations de voitures avec chauffeur (VTC) dans l'ex-Empire du Milieu, serait, d'après Bloomberg, en passe de lever 1,5 milliard de dollars.

Cette levée qui représente un peu plus de 1 milliard d'euros, se réaliserait via la holding Xiaoju Kuaizhi, qui contrôle les opérateurs des applications mobiles Didi Dache et Kuaidi Dache. Celles-ci contrôlent à elles deux près de 80% du marché chinois de la réservation de taxi via smartphone, selon le cabinet Analysys. Appuyées réciproquement par les géants de l'internet Alibaba et Tencent, les firmes opérant ces deux applications mobiles avaient fusionné en février, tout en continuant de faire fonctionner séparément leurs services.

Lancée en 2012, l'application mobile Kuaidi Dache permet de réserver une voiture avec son téléphone puis de suivre sur l'écran la localisation du véhicule et de finalement régler la course en ligne via un système de paiement intégré, exactement comme l'entreprise fondée par Travis Kalanick. Les chauffeurs sont des professionnels, ou des particuliers (depuis peu), l'équivalent de l'offre UberPop. De quoi agacer le fondateur d'Uber, qui opère en Chine depuis février 2014 dans 11 villes, avec pour objectif de s'étendre à 50 métropoles de plus de 5 millions d'habitants dès 2016:

"Notre concurrent a cloné nos applications phares, et cherche à se diversifier (au-delà) de son modèle de réservation de taxis"

Une concurrence exacerbée sur un secteur porteur

La concurrence est rude. Et pour cause, le créneau semble porteur alors que les Chinois se plaignent volontiers de la piètre qualité de service de leurs taxis. Dans les agglomérations engorgées, trouver un taxi sans réservation est devenu très difficile. C'est d'ailleurs ce qui a poussé Didi et Kuaidi à lancer leurs propres services de mise en relation de véhicules avec chauffeurs particuliers l'an dernier.

Quoi qu'il en soit, ce tour de table valoriserait l'entreprise chinoise entre 12 et 15 milliards de dollars, d'après Bloomberg. Ce qui en ferait l'une des startups nationales les mieux "valorisées" après le fabricant de smartphones Xiaomi.

Didi promet même de subventionner les trajets de ses utilisateurs

A titre de comparaison, Uber, qui a récemment assuré à ses investisseurs avoir franchi la barre du million de courses quotidiennes dans le pays - flirterait de son côté avec quelque 50 milliards de dollars de valorisation, selon le Financial Times.

Didi avait ouvertement annoncé qu'il dépenserait 1 milliard de yuans (144 millions d'euros) pour subventionner des trajets de ses utilisateurs, pour mieux rivaliser avec Uber, qui estime ne contrôler qu'un peu moins de la moitié du marché chinois des réservations de véhicules non-taxis.

Si Uber compte pour allié un géant du web chinois - le moteur de recherche Baidu, qui avait dévoilé fin 2014 un investissement stratégique dans le groupe -, l'américain affronte comme ailleurs la colère sourde des chauffeurs de taxis et une pression réglementaire croissante: ses bureaux à Canton (sud) et Chengdu (sud-ouest) ont ainsi récemment été perquisitionnés par les autorités locales.

(Avec AFP)

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