Snap coupe encore dans ses effectifs

Snap: resultats inferieurs aux attentes
Dado Ruvic
PROPOSÉ PAR
i-Lab & Nous - Actualités et analyses
Nouvelle vague de licenciements chez Snap. La maison-mère de l'application de messages éphémères s'apprête à licencier 120 ingénieurs - soit 10% du service. C'est son troisième et plus important plan social depuis son entrée en Bourse il y a un an. L'annonce a été dévoilée mercredi par le site spécialisé Cheddar, avant d'être confirmé jeudi par Snap.
Depuis 2016, l'entreprise d'Evan Spiegel recrutait à tour de bras. Environ 2.400 salariés ont été embauchés depuis cette période, soit 300 nouvelles recrues par mois, chiffre le Wall Street Journal. Fin 2017, Snap employait 3.069 personnes. Avec ce nouveau plan social, c'est la première fois que l'application de messagerie se sépare massivement d'ingénieurs. "C'est un choix extrêmement étonnant. Traditionnellement, les ingénieurs sont les derniers postes dont on se sépare dans une entreprise tech, commente Damien Landesmann, directeur France et Europe du Sud chez Socialbaker, cabinet spécialisé dans l'analyse de données sur les réseaux sociaux. Quand on en arrive à toucher son coeur de métier, c'est que ça va mal."
En effet, la société américaine a commencé l'année avec les licenciements de 24 personnes en janvier, appartenant principalement aux équipes marketing et à la production de contenus. En septembre dernier, la maison-mère s'était déjà séparée d'une douzaine d'employés rattachés à son "Snap Lab", service dédié à la recherche et la commercialisation de nouveaux produits comme ses lunettes connectées. Il faut dire que son gadget n'a pas convaincu le grand public. L'entreprise a enregistré en 2017 une charge de 39,9 millions de dollars pour ses lunettes, baptisées Spectacles.
La maison-mère a connu une année difficile en Bourse, malgré des derniers résultats jugés encourageants. En effet, lors de la publication de ses résultats annuels en février dernier, Snap revendiquait 187 millions d'utilisateurs actifs (+18% sur un an). Bien que son chiffre d'affaires est plus doublé l'année dernière - pour s'établir à 825 millions de dollars - l'entreprise américaine n'est toujours pas rentable. Bonne nouvelle : le chiffre d'affaires moyen par usager a cru de 46% sur un an, à 1,53 dollars. Cependant, l'entreprise, toujours en quête de rentabilité, continue de creuser ses pertes. Elles s'élevaient à près de 3,5 milliards de dollars en 2017 !
En la matière, la messagerie éphémère doit affronter un adversaire de taille : Instagram, filiale de Facebook. Le réseau social, spécialisé dans les photos, revendique environ 800 millions d'utilisateurs actifs par mois. "Instagram permet aux annonceurs d'atteindre une audience plus large, de disposer des capacités de ciblage de Facebook. Et cerise sur le gâteau : réaliser une campagne publicitaire sur Instagram revient généralement moins cher que sur Snapchat", détaille Damien Landesmann.
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Pour se rendre plus attractive à la suite de résultats décevants en août dernier, la firme avait engagé dans la foulée une refonte de l'interface de son application pour doper sa fréquentation. Sa nouvelle version sépare clairement les contenus partagés par les amis de l'utilisateurs et ceux publiés par les médias et marques partenaires. Mais ce changement a provoqué la gronde des utilisateurs, avec une pétition ayant été signée plus d'un millions de fois pour restaurer l'ancienne version.