Streaming : Apple et Spotify autorisent les remix pour concurrencer Soundcloud

 |   |  565  mots
Spotify revendique 40 millions d'abonnés et 100 millions d'utilisateurs actifs.
Spotify revendique 40 millions d'abonnés et 100 millions d'utilisateurs actifs. (Crédits : © Christian Hartmann / Reuters)
En diffusant des remix non officiels, les deux géants du streaming musical empiètent sur les plates-bandes de Soundcloud, le paradis des DJs et des groupes indépendants.

Pour attirer les mélomanes, Apple et Spotify comptaient jusqu'ici sur les poids lourds de l'industrie musicale à grands coups d'exclusivités - Drake, Frank Ocean, Britney Spears... Depuis lundi, les plateformes de streaming misent désormais sur les remix non-officiels, réalisés par des DJs n'ayant pas reçu l'accord des labels ou des artistes pour exploiter leur chanson. Le premier remix à ouvrir le bal est "Room In Here" d'Anderson Paak, revisité par le DJ Jazzy Jeff.

Avec cette nouvelle offre, Apple (17 millions d'abonnés) et Spotify (40 millions d'abonnés et 100 millions d'utilisateurs actifs) empiètent sur le cœur d'activité de Soundcloud. Un nouveau coup dur pour la start-up suédoise. Depuis 2008, elle a fait des samples et des remix sa spécialité en offrant la possibilité aux professionnels et aux amateurs de partager leur musique sur sa plateforme. Soundcloud revendique ainsi 175 millions d'utilisateurs mensuels et 125 millions de morceaux disponibles. Mais le petit nuage orange doit désormais se trouver un modèle économique. En 2014, Soundcloud avait perdu 39 millions d'euros pour des revenus de 17,4 millions d'euros, selon les derniers chiffres rendus publics. La plateforme a lancé une offre payante en mai dernier seulement, bien après ses concurrents.

| LIRE AUSSI : Streaming: comment Apple Music compte rattraper Spotify

La question des droits d'auteur

Afin d'anticiper le casse-tête des droits d'auteur auquel Soundcloud a dû régulièrement faire face, Apple et Spotify ont fait appel à Dubset. Cette société permet de décortiquer les remix publiés sur les plateformes de streaming grâce à un système informatique. Celui-ci repère les chansons jouées dans le remix, leur temps d'utilisation et identifie les droits d'auteur. Pour se construire une large base de données, Dubset a signé des accords avec plus de 14.000 labels. D'après Stephen White, PDG de Dubset cité par Billboard, un remix utilise en moyenne entre 25 à 30 chansons et donc, autant de labels et d'artistes à rémunérer. Avec cette solution, "tout le monde reçoit une compensation", affirme Stephen White à Pitchfork, expliquant que les DJs et les labels sont rémunérés.

| LIRE AUSSI : Droits d'auteur: un musicien réclame 150 millions de dollars à Spotify

"700 millions de personnes par mois écoutent des remix"

Pour Apple et Spotify, cet accord permet d'élargir son offre sans s'attirer les foudres des labels. D'après Stephen White, interrogé par TechCrunch, "700 millions de personnes par mois écoutent des remix, ce qui créé une belle opportunité" de se développer. "La prochaine décennie est très importante pour nous afin de garantir aux artistes qu'ils peuvent vivre de leur musique et que nous les guiderons vers un nouveau public", assurait Daniel Ek, patron de Spotify, dans une interview donnée à la télévision suédoise et rapportée par le Financial TimesFin septembre, le quotidien économique révélait que Spotify était intéressé par le rachat de Soundcloud, valorisé à 700 millions de dollars.

En 2015, les revenus de l'industrie musicale ont augmenté de 3,2% pour s'établir à 15 milliards de dollars, selon les derniers chiffres l'IFPI (Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique). Cette croissance a été générée par le streaming, qui a progressé de 45,2%. Il a généré 2,9 milliards de dollars l'année dernière. En cinq ans, le streaming a multiplié ses revenus par quatre.

| LIRE AUSSI : Le streaming, bouée de sauvetage de l'industrie de la musique ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :