Bouygues Telecom se renforce sur le marché des entreprises

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Selon L'Express, l’opération en cours valoriserait Nerim « autour de 50 millions d’euros ».
Selon L'Express, l’opération en cours valoriserait Nerim « autour de 50 millions d’euros ». (Crédits : Reuters)
L’opérateur de Martin Bouygues est, selon L’Express, entré en négociations exclusives pour racheter Nerim, un opérateur télécoms d’entreprises. Depuis plusieurs mois, Bouygues Telecom met les bouchées doubles pour se renforcer sur ce marché. Il souhaite, en particulier, grandir dans l’Internet fixe, et cible, en priorité, les PME.

Voilà qui confirme l'appétit de Bouygues Telecom dans les télécoms pour les entreprises. Selon L'Express, l'opérateur est entré en négociations exclusives, en fin d'année dernière, pour racheter Nerim. Ce dernier, est spécialisé dans les offres Internet fixe pour les PME. Interrogé par La Tribune, Bouygues Telecom se refuse à tout commentaire. Reste que l'opération en cours valoriserait Nerim « autour de 50 millions d'euros », indique L'Express. Quoi qu'il en soit, cela confirme que Bouygues Telecom souhaite se renforcer rapidement sur ce juteux marché, qui pèse environ 10 milliards d'euros, et aujourd'hui ultra-dominé par Orange, et dans une moindre mesure par SFR.

Au mois de novembre, François Treuil, le directeur général de l'activité « Entreprises » de l'opérateur de Martin Bouygues, a clairement expliqué, dans nos colonnes, qu'il voulait grandir sur ce segment. Et en particulier sur le créneau de l'Internet fixe. Le dirigeant n'en a pas fait mystère : il cible en priorité les PME. Il table, ici, sur le fait que la fibre est de plus en plus accessible et sur des services innovants, comme, par exemple, des projets de communication unifiée.

Aux yeux de François Treuil, il y a, aujourd'hui, des opportunités à saisir. Ainsi, Bouygues Telecom veut profiter de l'extension de son réseau de fibre pour servir les entreprises. En prévision de la 5G, l'opérateur fibre aujourd'hui ses 18.000 relais radios disséminés dans tout l'Hexagone. « Nous sommes en mesure d'apporter une connexion à toutes les entreprises qui se situent à moins de 300 mètres de ce tracé », explique le dirigeant.

En parallèle, Bouygues Telecom bénéficie d'une régulation favorable. L'Arcep, le gendarme des télécoms, fait son possible pour ouvrir davantage le marché des télécoms professionnelles, et en finir avec le monopole d'Orange. Récemment, l'institution a obligé le numéro un français des télécoms à proposer une offre de gros pour les entreprises accessible aux opérateurs alternatifs. Ce qui permet notamment à Bouygues Telecom de servir les PME là où il ne dispose pas encore de fibre, essentiellement dans certaines villes moyennes et zones peu denses.

La menace Free

Les négociations pour le rachat de Nerim l'illustrent : Bouygues Telecom veut donner un coup de fouet son développement sur ce marché. Ce mois-ci, l'opérateur doit d'ailleurs boucler le rachat de Keyyo, un autre opérateur dédié aux entreprises. Si Bouygues Telecom appuie sur l'accélérateur, c'est aussi, possiblement, pour prendre de l'avance sur un éventuel concurrent futur : Free. L'opérateur de Xavier Niel a plusieurs fois indiqué qu'il pourrait se lancer dans les télécoms professionnelles. Une menace que François Treuil prend très au sérieux.

« Free a indiqué qu'il pourrait arriver en 2020, souligne-t-il. Si c'est le cas, il y a de fortes chances qu'il opte pour une offre différenciante en misant énormément sur le Web, étant donné qu'ils n'ont que peu de commerciaux, et pas de boutiques. »

C'est notamment pour faire face à cette possible concurrence que Bouygues Telecom met les bouchées doubles dans le digital, pour permettre, à terme, à ses clients de commander et gérer un maximum de ses services en ligne.

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