Le déploiement de la fibre avance à grands pas. Une bonne nouvelle pour les Français, qui, depuis l'épidémie de Covid-19, sont de plus en plus friands de cette technologie. A l'heure de la dématérialisation de nombreux services publics et de l'essor du télétravail, ils sont, en effet, de plus en plus nombreux à troquer leur vieil ADSL contre un abonnement à la fibre, qui permet de bénéficier de débits très supérieurs. Grâce à la mobilisation des industriels du secteur, les objectifs gouvernementaux du « très haut débit pour tous » d'ici à la fin 2022, et de « la fibre pour tous en 2025 », semblent atteignables.
Mais pour y arriver, il reste beaucoup de freins à lever. Car sur le terrain, les opérateurs dits d'infrastructures, qui déploient la fibre à travers le pays, vivent un véritable parcours du combattant. C'est surtout dans les campagnes, où les raccordements sont les plus longs et compliqués, que la tâche est la plus ardue. C'est ce que plusieurs dirigeants d'opérateurs d'infrastructures ont détaillé le 7 octobre dernier, lors d'un débat organisé à Saint-Etienne. Diplomate, Lionel Recorbet, le président d'XP Fibre (ex-SFR FTTH), parle de « cailloux dans la chaussure » lesquels « peuvent rapidement devenir problématiques ».
Une des premières préoccupations concerne, à certains endroits, l'absence de fourreaux pour passer la fibre. « Nous rencontrons énormément de câbles enterrés en pleine terre », râle Lionel Recorbet. Le problème n'est pas nouveau. Il date du déploiement du réseau cuivre, dans les années 1960. Pour déployer ce réseau plus vite, et à moindre coût, cette solution parfois a été privilégiée. Et visiblement davantage que ce qui était prévu... « Sur le terrain, nous nous apercevons que certains fourreaux, censés être là (au regard des plans d'aménagements, Ndlr), n'existent pas ! », peste David El Fassy, le président d'Altitude Infrastructure, un important acteur de la fibre en France. « C'est très fréquent, et cela devient très sensible », renchérit-il.