La filiale Orange Belgium de l’opérateur historique français est entrée en négociations exclusives pour acquérir 75% du capital du câblo-opérateur Voo. Cela lui permettrait de se renforcer fortement sur le créneau de l’Internet fixe, où il ne dispose pas de son propre réseau.C'est l'opportunité qu'Orange attendait pour appuyer sur l'accélérateur en Belgique. Le géant français des télécoms a annoncé ce mardi que sa filiale Orange Belgium est entrée en négociations exclusives pour racheter son rival Voo. Dans le détail, cette antenne pourrait acquérir 75% du capital « moins une action » du câblo-opérateur, présent en Wallonie et sur une partie de Bruxelles. Et ce sur la base d'une valeur d'entreprise totale de 1,8 milliard d'euros pour Voo. En clair, Orange Belgium devrait alors débourser aux alentours de 1,35 milliard d'euros. Dans son communiqué, le groupe français précise que l'opération sera financée par « un accroissement de la dette de sa filiale ».
Pour Orange, être entré en négociations exclusives constitue déjà une victoire. Il n'était pas le seul intéressé par Voo. Un autre câblo-opérateur, Telenet, présent en Flandre, lorgnait son réseau, qui lui aurait permis de bénéficier d'une couverture Internet fixe à l'échelle nationale.
Une opération stratégique
L'opération est stratégique pour Orange Belgium. L'opérateur est présent depuis 25 ans en Belgique, essentiellement dans le mobile, où il dispose d'environ un tiers du marché avec 3 millions de clients. Mais c'est une toute autre histoire dans l'Internet fixe. Orange Belgium y reste très minoritaire, avec moins 400.000 clients. Cela n'a rien d'anormal : Orange Belgium ne s'est lancé sur ce créneau qu'en 2016. Ne possédant pas de réseau, il a obtenu un accès réglementé à ceux de Telenet et de Voo. Mais Orange estime depuis longtemps que les prix qu'il paye pour accéder à ces infrastructures sont beaucoup trop élevés. Ce qui lui empêche, argue son état-major, d'être compétitif sur ce marché. Voilà pourquoi le rachat de Voo est si important. Ce faisant, Orange Belgium posséderait son propre réseau, au moins en Wallonie.
Dans son communiqué, Orange souligne que ce deal vise aussi à « conforter le déploiement de sa stratégie convergente au niveau national ». Cette « convergence », à laquelle l'opérateur fait référence, réside dans sa capacité à proposer des offres mêlant à la fois du mobile, de l'Internet fixe et de la télévision. C'est cette stratégie qui permet, aujourd'hui, à l'opérateur de doper ses revenus dans tous les pays dans lesquels il est présent - et en premier lieu en France. Autre avantage: les clients « convergents » changent moins facilement d'opérateur.