Internet des objets : pourquoi Sigfox lève le voile sur son protocole radio

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Ludovic Le Moan, le chef de file et co-fondateur de Sigfox.
Ludovic Le Moan, le chef de file et co-fondateur de Sigfox. (Crédits : Rémi Benoit)
Le champion français des objets connectés veut inciter les industriels de tous les secteurs d’activité à créer des objets fonctionnant sur son réseau. Il espère ainsi, sur son segment, damer le pion à la concurrence, et devenir le standard de référence dans les années à venir.

Sigfox accélère. Le champion toulousain de l'Internet des objets a décidé, la semaine dernière, de rendre public les spécifications de son protocole radio pour les objets connectés. En agissant de la sorte, le groupe dirigé par Ludovic Le Moan, espère que des industriels de tous les secteurs d'activité vont façonner leurs propres objets Sigfox.

Ainsi, « Sigfox s'attend à un nouveau foisonnement d'objets connectés à son réseau et notamment à la création de support et d'accompagnement partout dans le monde », précise le groupe dans un communiqué. « Le second impact consiste en une augmentation importante du nombre d'acteurs non-traditionnels qui vont proposer de nouvelles solutions », ajoute-t-il, persuadé que de cette manière, « l'écosystème Sigfox va encore s'agrandir ».

Pour le groupe français, qui développe depuis 2010 une technologie de réseau bas débit, à bas coût et à faible consommation, cette ouverture intervient à un moment important. L'internet des objets (ou IoT pour "Internet of Things") est en fort développement. De plus en plus d'industriels misent sur cette technologie pour connecter leurs actifs, leurs machines, et ainsi gagner ou économiser de l'argent en améliorant leur logistique ou en faisant de la maintenance préventive.

Mais la concurrence est rude. En parallèle de Sigfox, d'autres acteurs, comme l'alliance LoRa (qui utilise une technologie similaire), lorgnent ce marché. En outre avec la 5G, la prochaine génération de communication mobile attendue à partir de 2020, les opérateurs télécoms comptent bien s'inviter au festin.

Gagner rapidement des clients

Certes, chez Sigfox, on argue qu'il y a de la place pour tout le monde, et que chaque solution s'adresse à un marché différent. « Pour faire circuler un vélo, pas besoin d'une autoroute », affirme souvent Ludovic Le Moan pour vanter sa technologie de communication reposant sur des messages très courts. Il n'empêche que cette affirmation n'est pas toujours vraie. Dans bien des applications, on assiste à une bataille des standards. D'où l'importance, pour Sigfox et ses rivaux, de séduire rapidement le plus de clients possibles pour devenir une référence, et donc un premier choix.

Si Sigfox rend public son protocole radio pour les objets, ce n'est, en revanche, pas le cas pour son réseau. « L'ouverture au public de la spécification liée aux objets communicants ne concerne pas les stations de base et l'infrastructure Sigfox, qui sont protégées par des brevets », souligne le groupe dans son communiqué. Ce faisant, Sigfox préserve son modèle économique, qui repose sur la facturation de frais de connexion.

L'établissement d'un standard

Dans son communiqué, Sigfox estime que cette « ouverture » constitue « une étape classique dans l'établissement d'un standard, à l'instar de Bluetooth par exemple ».

« Cela signifie que demain, le réseau '0G' [Zéro G, Ndlr] de Sigfox, en plus des marchés professionnels déjà adressés à ce jour, deviendra aussi une référence sur des cas d'usages locaux ou plus orientés grand public », poursuit le groupe.

C'est d'ailleurs avec cette ambition que Sigfox a réussi à embarquer sa solution de connectivité dans la dernière box haut-de-gamme de Free, la « Delta ».

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Commentaires
a écrit le 18/02/2019 à 18:15 :
Les objets connectés, ça c'est l'appellation marchande, sinon cela n'est qu'une nouvelle ère de piratage de masse de données.

Ils vont générer des habitudes afin d'en faire des données. Oui oui on est chez les fous et aucun média ne relèvera la folie furieuse du principe car tous totalement lobotomisés comme on peut le constater.

Une économie qui ressemble diablement à la finance à savoir on ne parle et propose que du vent.

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