Londres dit "non" à Huawei

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La semaine dernière, Huawei avait assuré que son exclusion  affecterait l'avenir de la stratégie numérique (...) du Royaume-Uni, affirmant qu'un retard de deux ans coûterait à son économie 29 milliards de livres (soit environ 32 milliards d'euros au cours actuel).
La semaine dernière, Huawei avait assuré que son exclusion affecterait "l'avenir de la stratégie numérique (...) du Royaume-Uni", affirmant qu'un retard de deux ans coûterait à son économie 29 milliards de livres (soit environ 32 milliards d'euros au cours actuel). (Crédits : MATTHEW CHILDS)
Le gouvernement britannique a annoncé mardi qu'il allait exclure le géant chinois des équipements télécoms Huawei de son réseau 5G en raison d'un risque pour la sécurité du Royaume-Uni, un durcissement de position risquant d'exacerber les tensions avec Pékin.

Ce sera finalement "non". Le gouvernement britannique a annoncé mardi qu'il allait exclure le géant chinois des équipements télécoms Huawei de son réseau 5G en raison d'un risque pour la sécurité du Royaume-Uni, un durcissement de position risquant d'exacerber les tensions avec Pékin. L'achat de nouveaux équipements Huawei sera interdit dès la fin 2020 et les équipements existants devront être retirés d'ici à 2027, a déclaré le ministre chargé de la Culture et du Numérique, Oliver Dowden, à la chambre des Communes à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité nationale (NSC) présidée par le Premier ministre conservateur Boris Johnson.

"Le meilleur moyen de sécuriser notre réseau est que les opérateurs cessent d'utiliser les équipements Huawei pour construire le futur réseau 5G britannique", a souligné le ministre. Londres était soumis depuis des mois à des fortes pressions de l'administration Trump, qui accuse Huawei d'espionnage pour le compte de Pékin, ce que nie le groupe chinois. Selon Oliver Dowden, les sanctions américaines imposées en mai au géant chinois, destinées à couper l'accès de Huawei aux semi-conducteurs fabriqués avec des composants américains, ont pesé dans la décision britannique.

Relations tendues entre Londres et Pékin

Malgré plusieurs mises en garde américaines, le gouvernement britannique avait permis en janvier au géant des télécoms chinois de construire jusqu'à 35% de l'infrastructure non stratégique nécessaire pour déployer le nouveau réseau 5G du pays. Mais face à la grogne de Washington et de députés conservateurs, le gouvernement avait laissé entendre qu'il durcirait sa position, mettant en avant le risque sécuritaire que peut représenter la présence de l'équipementier dans ses infrastructures. Les patrons des opérateurs téléphoniques, comme ceux de BT et Vodafone, ont averti qu'un retrait total des équipements Huawei du réseau britannique serait "impossible" sous dix ans et risquerait d'occasionner des pannes et problèmes de sécurité.

La semaine dernière, Huawei avait assuré que son exclusion  affecterait "l'avenir de la stratégie numérique (...) du Royaume-Uni", affirmant qu'un retard de deux ans coûterait à son économie 29 milliards de livres (soit environ 32 milliards d'euros au cours actuel). Boris Johnson avait fait de l'amélioration du réseau de télécoms britannique une promesse de campagne. Les relations entre le Royaume-Uni et la Chine se sont déjà tendues ces dernières semaines avec l'entrée en vigueur d'une loi controversée sur la sécurité, imposée par Pékin à Hong Kong et dénoncée par Londres. Downing Street a promis d'étendre les droits à l'immigration, et à terme l'accès à la citoyenneté britannique, pour des millions d'habitants de son ex-colonie, une mesure dénoncée par la Chine comme une "ingérence grossière" dans ses affaires intérieures.

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Commentaires
a écrit le 15/07/2020 à 13:23 :
et ils ont bien raison.
Soyons solidaires
a écrit le 15/07/2020 à 9:24 :
La 5g ne se retrouve t'elle pas remise enfin en question de ce fait ?

On a le droit d'espérer évoluer.
Réponse de le 15/07/2020 à 20:04 :
Ericsson et Nokia ont du matériel 5G à vendre (plus cher sans doute, sais pas s'ils font fabriquer en Chine ou ailleurs ? Même Alcatel faisait le développement en France, de la préproduction et faisait fabriquer en quantité en Chine (on n'a pas les capacités cheu nous)).
Je suis encore en 2G, j'espère qu'on ne va pas finir par la couper, mon GSM a 2 ans seulement et suffit laaargement (éteint 98% du temps, sert en cas de panne ou accident quand je bouge, ai le fixe à la maison). Coupons la 3G d'abord. :-)
La 6G est en cours de réflexion.
a écrit le 15/07/2020 à 2:48 :
Bravo messieurs les anglais!
Un exemple à suivre en Europe continentale!

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