Cette étude va, à n'en pas douter, faire grincer des dents chez Xavier Niel et son opérateur Free. Depuis près de dix ans et l'arrivée de Free Mobile, le chef de file du « trublion des télécoms » mène une guerre contre le subventionnement des smartphones de ses rivaux Orange, SFR et Bouygues Telecom. Car selon lui, cette pratique, consistant à coupler l'achat d'un terminal avec celle d'un forfait de longue durée, est « illégale et opaque ». Mais il la juge également anti-écologique : avec le subventionnement, ses rivaux poussent en effet leurs clients à changer de terminal plus souvent, afin de leur refaire signer des forfaits de longue durée. « Le modèle du subventionnement pousse au renouvellement des terminaux parce que l'opérateur veut que vous soyez engagés, a-t-il expliqué lundi dernier, en conférence de presse. Donc dès que vous allez vous approcher des 24 mois, il va vous conseiller de prendre un nouveau terminal. » Problème : l'Arcep n'est pas du tout de cet avis.
Dans une étude publiée ce lundi sur l'impact des pratiques de distribution des smartphones sur leur renouvellement, le régulateur des télécoms est catégorique :
L'institution, dont l'étude a été commandée par le gouvernement, en remet une couche, arguant que « ce résultat est conforté par les données obtenues par l'Arcep auprès des opérateurs : l'ancienneté de l'ensemble des smartphones actifs sur les réseaux serait, en moyenne, de 32 mois contre 29 mois pour les smartphones subventionnés ».
Pour Xavier Niel et Free, c'est un camouflet. L'un de leurs principaux arguments à l'encontre des smartphones subventionnés vole ici en éclat. L'affront est d'autant plus grand que l'opérateur a dégainé, la semaine dernière, une nouvelle offre pour s'attaquer à cette pratique. Baptisée Flex, elle permet à ses abonnés d'acheter un smartphone « à prix coûtant » en étalant son paiement sur deux ans. Celle-ci a surtout la particularité d'être totalement dissociée de l'abonnement télécoms.