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Telecom Italia : le régulateur boude le projet de scission du réseau

Photo de Pierre Manière

Pierre Manière

Publié le 21 janvier 2019 à 13:55 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:03

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L’AGCOM, le gendarme italien des télécoms, a rendu un avis négatif le week-end dernier concernant le projet de séparation du réseau Internet fixe de Telecom Italia.

C'est un nouveau revers pour l'opérateur historique italien. Le week-end dernier, l'AGCOM, le régulateur des télécoms, s'est opposé dans un avis au projet de scission du réseau de Telecom Italia. Au mois de mars, le groupe a initié un plan visant à séparer son réseau Internet fixe, évalué à 15 milliards d'euros par les analystes, en le transformant en une entité juridique distincte du reste de ses activités. Cette décision visait notamment à apaiser les relations de Telecom Italia avec le gouvernement, qui appelait depuis des mois à un tel traitement de cheval.

Dans son projet, Telecom Italia souhaite que la nouvelle structure accueillant son réseau Internet fixe, baptisée NetCo, ait son indépendance, et dispose ainsi de son propre conseil d'administration. L'opérateur historique a précisé que NetCo garantira un accès équitable à son réseau Internet fixe à tous les opérateurs.

Autrement dit, cela signifie que Telecom Italia ne sera pas, a priori, favorisé de quelque manière que ce soit vis-à-vis de ses concurrents de l'autre côté des Alpes. Problème : Telecom Italia souhaite, dans son projet, garder le contrôle de NetCo.

Consultation publique

C'est ce point qui fait tiquer l'AGCOM. Dans son avis, le régulateur juge que Telecom Italia disposera encore, après l'opération, d'un pouvoir trop important sur le marché. Et qu'il sera toujours en mesure de favoriser ses sociétés au détriment des autres opérateurs. Reste que l'AGCOM a annoncé, sur son site, l'ouverture d'une consultation publique à ce sujet, dont les résultats l'aideront à prendre une décision définitive au cours des prochains mois.

La séparation du réseau Internet fixe de Telecom Italia n'est pas seulement une préoccupation du gouvernement. Elle est aussi au cœur de la brouille entre ses principaux actionnaires, à savoir Vivendi (qui possède environ 24% du capital) et le fonds américain Elliott (près de 9%), qui a la main sur le conseil d'administration.

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Ex-chef de file de Telecom Italia, et précédemment nommé par Vivendi, dont il partageait la ligne, Amos Genish a été remercié en novembre dernier. Celui-ci souhaitait, à la différence d'Elliott, que l'opérateur n'abandonne pas le contrôle du réseau Internet fixe. Avant son éviction, Amos Genish avait ainsi critiqué la stratégie du fonds américain dans les colonnes du JDD : « Elliott veut que nous abandonnions le contrôle sur NetCo) en cédant le réseau ou via une introduction en Bourse pour dégager de la valeur », a-t-il déploré. C'est notamment pour éviter cela que Vivendi cherche activement à reprendre les manettes du conseil d'administration au fonds américain.

(avec Reuters)

Pierre Manière

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