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Technos & MediasTélécoms

Telecom Italia : Vivendi et Elliott se volent encore dans les plumes

Photo de Pierre Manière

Pierre Manière

Publié le 15 janvier 2019 à 13:42 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:05

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Le géant français des médias et le fonds américain ne cessent de se tirer dans les pattes depuis que le second a chipé au premier le contrôle de l’opérateur historique italien au printemps dernier.

Le bras de fer se poursuit entre Vivendi et Elliott. Ce lundi, le conseil d'administration de Telecom Italia a décidé de convoquer les actionnaires de l'opérateur historique italien le 29 mars prochain. A cette occasion, ces derniers se prononceront sur la demande de Vivendi, l'actionnaire principal du groupe de télécoms (avec 24% du capital), de remplacer cinq administrateurs désignés par le fonds activiste américain Elliott (qui possède près de 9% des parts). En mai dernier, Elliott a chipé le contrôle de Telecom Italia à Vivendi lors d'une assemblée générale, en décrochant dix sièges sur quinze. Avec seulement cinq sièges, Vivendi a ainsi perdu les commandes du groupe, et se démène, depuis, pour les récupérer.

Pour Vivendi, cette convocation d'une nouvelle AG au 29 mars constitue un camouflet. Et pour cause: le géant français des médias souhaitait que cette AG, qu'il a demandée début décembre, intervienne beaucoup plus tôt. Aux yeux de l'état-major de Vivendi, les administrateurs d'Elliott jouent la montre.

« Manœuvres dilatoires »

« Vivendi déplore les manœuvres dilatoires des membres nommés par Elliott au conseil d'administration de Telecom Italia qui ont décidé de retarder jusqu'au 29 mars la tenue de l'assemblée générale, contrairement à toutes les règles statutaires et au code civil italien », estime le groupe dans un communiqué.

Selon Vivendi, ces « manœuvres dilatoires » plomberaient les résultats financiers de l'opérateur :

« La chute du cours de Bourse, de plus de 40% depuis le 4 mai dernier (soit la date à laquelle Elliott a pris le contrôle de Telecom Italia, NDLR) en est une triste traduction, affirme-t-il dans sa missive. Ces manœuvres constituent un véritable déni de démocratie actionnariale et vont à l'encontre de toutes les règles les plus élémentaires et fondamentales de bonne gouvernance d'entreprise. »

Elliott, de son côté, a estimé que la volonté de Vivendi « de reprendre le contrôle de Telecom Italia pour de nouveau gérer la société en fonction de ses propres intérêts » avait « peu de chance de succès », rapporte l'AFP. Le fonds américain a rappelé que lors de l'AG du mois de mai, « environ 80% des actionnaires indépendants avaient voté en faveur d'un nouveau conseil », et qu'il fallait lui laisser le temps de « mettre en place sa stratégie et de créer de la valeur au bénéfice de tous les actionnaires ».

Désaccords stratégiques

Elliott et Vivendi ne sont, depuis longtemps, pas d'accord sur la stratégie du groupe. Le groupe français accuse notamment le fonds américain de vouloir démanteler l'opérateur en séparant le réseau de Telecom Italia de ses activités, avant, possiblement, de fusionner cet actif avec Open Fiber, la filiale dédiée à la fibre de l'énergéticien Enel.

À lire également

  • Telecom Italia : Vivendi mécontent de la convocation tardive d’une AG
  • Telecom Italia en plein chemin de croix
  • Telecom Italia s’enlise dans les difficultés

Opposé à cette stratégie, Amos Genish, l'ancien chef de file de Telecom Italia, qui avait été nommé par Vivendi, a été remercié en novembre dernier, après la publication de mauvais résultats. Dans la foulée de son éviction, celui-ci a copieusement dézingué Elliott. « Les Américains d'Elliott ont mené une campagne secrète depuis un moment, en cherchant à déstabiliser la société et moi-même », a-t-il bombardé dans les colonnes du journal La Stampa. Avant de fusiller la stratégie du fonds, qu'il accuse de vouloir démembrer le groupe pour le vendre dans la foulée. Pour le remplacer, les administrateurs fidèles à Elliott ont nommé Luigi Gubitosi, un fin connaisseur des télécoms. Mais pas sûr qu'il restera longtemps aux manettes si Vivendi reprend la main...

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