Les primo accédants doivent faire face à la complexité du crédit

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La conjoncture est bonne pour ceux qui achètent pour la première fois. Encore faut-il bien connaître la Loi est faire les choix opportuns.

Les locataires en recherche d'un bien pour devenir propriétaires, appelés « primo accédants » peuvent se réjouir : depuis quelques années, les aides à l'accession se sont multipliées et, en ce moment, le niveau du crédit immobilier est particulièrement favorable. « La grande majorité des jeunes couples de primo accédants achetant dans l'ancien bénéficie d'une capacité d'emprunt supérieure de 16% par rapport à octobre 2008, résume Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi. Grâce aux nouvelles règles du prêt à taux zéro, ce gain peut même dépasser 25% pour un achat dans le neuf ». Sans même parler de la baisse des prix de l'immobilier ...


Pour l'instant, les emprunteurs se sont montrés prudents, à en croire l'étude menée par le courtier en crédits Cafpi. En effet, ils ont utilisé cette conjoncture favorable pour diminuer le montant moyen emprunté (qui passe de 152.000 à 149.000 euros) et pour réduire la durée de remboursement (de 274 à 269 mois).
Reste un problème, mais de taille. La plupart des primo accédants ignorent tous les avantages auxquels ils ont droit. Et risquent de passer à côté s'ils n'y prennent pas garde. Entre les conditions du prêt à taux zéro (PTZ) qui se sont assouplies, les différences de montant accordé selon que le PTZ s'applique dans l'ancien, dans le neuf, ou à Paris, l'éco-PTZ pour les travaux, la déductibilité des intérêts d'emprunt, l'extension du Pass Foncier, les aides de l'employeur, ou le prêt associé au PEL (plan d'épargne logement), il y a de quoi avoir le vertige ... « C'est la cacophonie acquiesce Philippe Taboret. Les dispositifs sont de plus en plus nombreux et de plus en plus complexes ».

Peu formé sur ces sujets, le conseiller bancaire s'y perd lui aussi, estime le courtier, et se contente de vendre un crédit immobilier « sec » sans se soucier des différentes aides. Dommage, car, cumulés, ces avantages peuvent faire gagner entre 0,2 et 0,4 point sur le taux nominal du crédit.

Pour ne rien arranger, la réforme de l'assurance emprunteur entrera en vigueur dès 2010. L'intention est louable : l'acheteur pourra plus facilement obtenir une assurance décès-invalidité pour son crédit dans un établissement autre que celui où il emprunte (on parle de « délégation d'assurance »). De nouvelles économies en perspective mais aussi de nouveaux maux de crâne... Il faudra en effet éplucher non plus un, mais deux contrats, car le crédit et l'assurance feront l'objet de deux documents distincts.
Pour couronner, le primo accédant doit choisir, au niveau de la caution, entre l'hypothèque, le « privilège de prêteur de deniers » et la caution bancaire. Sachant qu'il a souvent intérêt à choisir cette dernière possibilité s'il compte revendre avant le terme.

Cela fait beaucoup de paramètres à évaluer pour des emprunteurs novices ... « D'autant qu'ils ont à peine plus d'un mois pour trouver l'offre de prêt » complète Philippe Taboret. Autant dire que les courtiers en crédit, qui gèrent tout à leur place, ont de beaux jours devant eux.

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