Bourse  : la croissance, ennemie des plus-values

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Une étude vient bousculer les idées reçues : croissance économique et rendements boursiers ne font pas forcément bon ménage.

A priori évident, le lien entre croissance économique et performances boursières est remis en question par une récente étude. James Smith, gérant actions globales de la firme britannique Ignis Asset Management s'est en effet penché sur une publication de l'équipe de recherche de Credit Suisse (*). « L'évolution du produit intérieur brut [PIB] d'un pays n'est pas nécessairement un bon indicateur de la performance », tranche le gérant qui s'appuie sur des données très long terme.

De fait, l'étude a comparé les rendements réels des actions et la croissance de 1900 à 2009. Le résultat est sans appel : « Une bonne dynamique économique ne s'accompagne pas nécessairement d'un rally boursier, loin s'en faut ! constate James Smith. Notre analyse, sur longue période, tend même à indiquer le contraire. » Si la croissance économique se reflétait effectivement dans la performance des marchés d'actions, les pays ayant réalisé les meilleurs rendements réels auraient également dû montrer la plus forte progression, ce qui n'est pas le cas (voir illustration). Par exemple, un pays comme l'Afrique du Sud a vu son marché boursier croître de près de 8 % par an malgré une croissance très faible sur la période. À l'inverse, le Japon, qui a connu la plus belle réussite économique du siècle, a enregistré une progression boursière moitié moindre.

Valeur des entreprises

Pour Philip Goldsmith, directeur général d'Ignis AM pour l'Europe continentale, la leçon à tirer de cette étude est que les investisseurs occupés en permanence à suivre les performances économiques des pays devraient plutôt se concentrer sur la valeur des entreprises.

Dans le contexte actuel, celui-ci pointe du doigt l'exemple européen : « Alors que le marché américain est actuellement valorisé 15 fois les bénéfices anticipés pour 2011, le marché européen, pénalisé par les mauvaises perspectives de croissance, avoisine les 11. » Autant d'éléments qui conduisent au constat suivant : « Au regard des faibles niveaux de valorisation et du regain de compétitivité attendu grâce à la faiblesse de l'euro, les investisseurs devraient s'intéresser de près aux valeurs européennes plutôt que de payer très cher des titres cotés sur les marchés émergents. »

À titre d'exemple, Philip Goldsmith mentionne les firmes informatiques telles qu'Atos Origin, cotée à Paris, ou Logica, cotée à Londres, qui se situent historiquement à des niveaux de valorisation 20 % supérieurs. Une perspective de gain suffisamment importante pour susciter l'intérêt des investisseurs !

(*) Credit Suisse 2010 Yearbook.

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