Comment protéger son épargne par gros temps ?

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infographie La Tribune
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Alors que la tempête frappe les Bourses, les épargnants ont tout intérêt à chercher refuge dans des produits moins rentables mais plus sûrs.

Cela n'aura échappé à personne, les marchés financiers vont mal. Depuis le début de la période estivale, ils n'ont cessé de chuter, et cela continue aujourd'hui encore, jour après jour. Résultat : une baisse globale du CAC 40 de plus d'un quart de sa valeur en trois mois, rendant l'année 2011 comme l'une des plus compliquées que l'on ait connues sur les marchés financiers. Car, à côté des valeurs financières qui font l'objet d'attaques à répétition, c'est l'ensemble des secteurs économiques qui est visé par la défiance des investisseurs.

De la même manière, les obligations privées ou publiques pâtissent, elles aussi, de cette situation, notamment au vu du poids des dettes souveraines et de la dégradation des indicateurs économiques. Autant dire que l'avenir sur les marchés s'annonce morose.

Et pourtant, c'est dans ce genre de configuration que certains particuliers en profitent pour se lancer sur les marchés financiers et bénéficier d'un potentiel de hausse à long terme. Un pari risqué mais qui demande d'avoir les reins solides et le coeur bien accroché, les séances de yo-yo à répétition étant on ne peut plus difficiles à gérer.

Offres alléchantes

Mais, dans la plupart des cas, les particuliers cherchent plutôt à sécuriser leur épargne en attendant que l'orage passe. Autant dire que trouver un placement sûr dans ces conditions de marché relève presque de l'exploit. Ce qui est certain c'est que l'équation risque/rentabilité, chère à la théorie financière, sera plus que vérifiée.

Ainsi, des offres alléchantes pourraient se multiplier dans les prochains mois. Non seulement parce que, en période de baisse des marchés, les banques et assureurs cherchent à conserver leur base de clientèle mais aussi pour des raisons purement réglementaires.

En effet, la mise en place de nouveaux critères de solvabilité (dits de Bâle III) par les banques devrait entraîner une multitude de promotions sur des produits ne donnant pas un rendement extraordinaire en temps normal. Car les banques, devront désormais disposer de 4,50 euros de réserve pour un prêt de 100 euros. Autant dire qu'elles vont chercher à séduire sur des produits simples afin d'attirer les liquidités.

Parallèlement, face à l'érosion de l'assurance-vie en France, les assureurs vont, eux aussi, passer à l'attaque pour séduire de nouveaux clients en offrant - pourquoi pas -des rémunérations plus importantes que celles annoncées. En effet, depuis l'an dernier, les assureurs sont obligés d'annoncer un taux minimum garanti pour 6 mois.

Or, s'ils distribuent plus qu'annoncé, il est fort à parier que cela attirera des clients.

Autant dire que les offres vont se multiplier sur les produits réputés comme sûrs, l'attention sera donc de mise face à cela. Malgré tout, ces produits - comme l'or ou des produits à capital garanti - restent les produits les plus sûrs qu'il est possible de trouver aujourd'hui dans ce contexte de marchés agités et d'incertitudes sur l'avenir.

 

3 produits phares décryptés

1 - Les livrets réglementés sont-ils de véritables aubaines ?

Le livret A, qui a vu son taux de rémunération passer à 2,25 % en août dernier, reste le placement sûr par excellence. Net d'impôt mais limité à 15.300 euros, le livret A permet de placer son argent sans avoir à le bloquer et de disposer d'une rémunération qui devient de plus en plus attractive.

Parallèlement, et une fois le plafond atteint, il est possible de placer son argent sur des livrets dits non réglementés, dont le promoteur fixe lui-même le taux de rémunération.

La plupart des banques traditionnelles (et surtout celles présentes sur Internet) proposent régulièrement des taux promotionnels attractifs, certains allant jusqu'à 6 %. Dans le contexte actuel, une telle offre paraît plus qu'exceptionnelle. Mais attention aux conditions pour obtenir un tel taux. Les banques fixent le plus souvent des contraintes quant à la période de souscription, voire elles conditionnent l'obtention d'un tel taux à un nombre minimal de souscripteurs.

En dehors de ces offres promotionnelles, les taux plafonnent plutôt autour de 1,75 % à 2,5 % brut, sur lesquels il faut appliquer la fiscalité, ce qui rend ces offres peu attractives hors promotion.

Enfin, si vous pouvez bloquer votre argent pendant un certain temps, les comptes à terme peuvent être une bonne solution. En échange d'un prêt d'argent auprès de sa banque, cette dernière rémunère le prêt. En fonction de l'échéance de placement, les taux bruts de rémunération vont de 1,04 % pour 3 mois, à 4,40 % sur 48 mois. Dans tous les cas, la comparaison des offres reste de mise.

2 - L'assurance-vie, comme assurance à moyen terme

Même si les encours en assurance-vie ont tendance à baisser ces derniers mois, ce produit n'en demeure pas moins le préféré des Français.

Et même si le passage du taux du livret A à 2,25 % réduit l'écart avec les offres des assureurs (3,40 % en moyenne en 2010), l'assurance-vie en euros reste l'un des placements les plus sûrs en France, à condition d'immobiliser son argent à moyen terme.

La raison d'une telle sécurité ? La rémunération est garantie par l'assureur promoteur du produit - en tout cas pour les fonds en euros, qui, comme leur nom ne l'indique pas, sont indexés sur les résultats financiers des assureurs et non pas sur les marchés financiers...

Le rendement est donc calculé en fonction des placements financiers des assureurs, principalement investis en obligations, ce qui explique un rendement faible ces dernières années - rendement attendu en baisse cette année encore.

Ainsi, sur l'année 2011, les taux minimaux garantis vont de 1,85 % à 3 % selon l'assureur. Et ces derniers sont obligés d'annoncer la couleur. Désormais, ils doivent publier dans leurs offres un taux minimal garanti qui sera applicable pendant 6 mois, ce qui fait de ce produit quelque chose de sûr à court terme.

Mais quoi qu'il en soit, là encore les offres sont nombreuses sur le marché, notamment sur Internet où les sites permettent d'acheter des fonds en euros à moindre coût. Dans ces conditions, une comparaison rigoureuse s'impose (voir illustration).

3 - Les fonds garantis, produits de long terme

Avec la volatilité accrue des marchés ces dernières années, les produits garantis connaissent un succès inédit. Sur le papier, le porteur de parts peut bénéficier de la hausse des marchés actions tout en s'assurant d'une garantie totale ou partielle de son capital de départ. Un principe séduisant mais qui s'avère plus compliqué dans la pratique. En général, seule une partie de la hausse de l'indice de référence est reversée au client.

En période de hausse de marché, il n'est pas rare de voir l'indice faire mieux que la performance du fonds. L'avantage, c'est que la mise de départ est garantie, mais là encore sous certaines conditions d'immobilisation minimale - la sortie anticipée rompant la promesse de garantie et de bénéfice. Enfin, les coûts peuvent peser sur la performance finale du produit.

Il faut donc faire très attention dans le choix de ce type de produit, et bien en connaître les contraintes lesquelles sont loin d'en faire un placement si séduisant que cela au final. Surtout, il faut bien comprendre le mécanisme mis en place par le fonds pour bénéficier de la hausse des marchés, les plaquettes de présentation n'étant pas toujours très compréhensibles pour le client.

 

Interview de Benoît Gommard, directeur général de Cortal Conso : "Les livrets A et les superlivrets d'épargne sont indispensables"

Dans le contexte actuel, quels sont les placements les plus sûrs ?

Un épargnant doit avant tout faire le point sur ce qu'il détient ou pas, à commencer par un livret A. Tous les Français devraient en avoir un, ce produit, garanti par l'État, ne présente aucun risque mais est limité à 15.300 euros. Une fois ce seuil dépassé, les superlivrets sont une bonne alternative, ces produits étant déplafonnés et offrant une rémunération de base intéressante. Enfin, les contrats d'assurance-vie en euros sont garantis par l'assureur, ce qui en fait un placement sûr, même si désormais la rémunération est réglementée.

Qu'en est-il de l'or et des produits structurés ?

L'or apparaît comme une classe d'actifs à part entière, mais nous recommandons à nos clients de ne pas en détenir plus de 5 % dans leur portefeuille. Les produits sur les métaux précieux sont beaucoup moins lisibles et donc plus difficiles à appréhender pour un particulier. Par ailleurs, les produits structurés sont nombreux sur le marché. Nous proposons un produit protégeant le capital, permettant de faire un point chaque année sur l'évolution d'un indice de référence. Ce produit est destiné aux clients qui pensent que le marché va remonter à moyen terme.

Justement, ne serait-ce pas le moment de retourner sur les actions ?

Aujourd'hui, nous ne constatons pas de ventes massives chez nos clients, mais plutôt des flux acheteurs, les clients étant plutôt à l'affût de bonnes opportunités sur le marché. Nous recommandons, pour l'heure, à nos clients qui souhaitent investir en Bourse de le faire à moyen et long terme et ce, à hauteur de 15 à 20 % de leur portefeuille. Cela vaut seulement pour les épargnants les plus avertis.

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Commentaires
a écrit le 05/10/2011 à 16:53 :
Nous avons sécurisé notre épargne sous le matelas, plus rien sauf le minimum sur nos compte
Réponse de le 08/10/2011 à 12:52 :
et vous habitez où?
a écrit le 03/10/2011 à 12:30 :
Pas vu dans cet article le livret Euro de Cortal Consors, avec 3.25% sur un an pour un plafond de 50000 euros
a écrit le 02/10/2011 à 15:52 :
Je suis consterné par cette opération de communication, laquelle prétend par exemple que le livret A est sûr (allez expliquer aux clients ce qui se passe en cas de retraits massifs aux guichets). Quant à dire que les résultats financiers des compagnies d'assurances sont garantis car provenant de leurs résultats méprise totalement la configuration de ce qui se passe en cas de krach obligataire.
Réponse de le 05/10/2011 à 8:21 :
Le livret A est sûr. Même en cas de retraits massifs au guichets (chose qui n'arrivera pas). Si tout le monde vient retirer son argent en même temps, l'épargant ne sera pas touché pour la bonne et simple raison que le livret A est à 100% garanti par l'état, ce qui en fait un placement 100% sûr. En revanche, si tel était le cas, l'état se verrait encore plus endetté et c'est donc le contribuable qui verrait ses impots augmenter.
En ce qui concerne le krach obligataire, il est encore aujourd'hui, malgré la situation économique de l'europe désastreuse, très improbable.
N'a t'on pas suffisament d'inquiétudes en ce moment ? Inutile d'en rajouter et de dramatiser sur des sujets qui ne sont pas à l'ordre du jour. Il reste des moyens d'épargner de façon sécurisée et l'article l'explique très bien ;).
a écrit le 30/09/2011 à 19:25 :
Se méfier de tous ces produits bourrés de frais qui sont surtout rentables pour ceux qui le vendent. Mieux vaut, tant que possible, acheter directement le sous jacent, bien plus rentable.
Réponse de le 01/10/2011 à 6:57 :
il y a aussi les SCPI DANS DES VILLES TRES TRES placé mur commerciaux a 5%30 5%60 brut
Réponse de le 02/10/2011 à 0:32 :
En cas de crise économique forte, le commerce aura des difficultés, certains fermeront, et la valeur de l'immobilier commercial s'effondrera, comme aux USA (effondrement des CMBS, montée des vacances locatives, etc), et les loyers baisseront. Ce n'est pas un placement sans risques, et de plus il est très peu liquide : vous revendrez vos parts très difficilement, beaucoup plus difficilement que des actions, par exemple.
Réponse de le 02/10/2011 à 13:45 :
Il n'existe aucun placement sans risque parce que la valeur d'un bien est la valeur que veut bien payer un quidam pour ledit bien, En résumé: s'il n'y a pas d'acheteur, ton bien vaut .... zéro :-)
a écrit le 30/09/2011 à 14:00 :
@VoltR: tu peux, mais je doute que les entreprises acceptent tes 2 euros 50 d'investissement, parce que la gestion représente aussi un coût pour elles.
a écrit le 30/09/2011 à 12:50 :
Peut-on en France, acheter des actions au nominatif et détenues soit par l'entreprise, soit par l'investisseur ? et ainsi éviter de faire "travailler" certaines banques pourries !
Réponse de le 30/09/2011 à 14:30 :
Oui bien sur et des entreprises solides dont certaines comme Air Liquide rémunéres mieux les actions au nominatif et tous les 2 ou 3 ans distribuent des cations gratuites. Autres aspect intéressant voir la composition des actionnaires certaines sont moins volatiles car l'actionnariat privé est uadessus de 30% et les intitutionnels privés français dans la même proportion ce qui fait de ces entreprises sont moins fluctuantes. La bourse est encore un bon placement pour les actionnaires qui souhaitent une rentabilité honorable. Important également de regarder le côté social de l'entreprise le respect des salariés est également un gage de qualité de l'Entreprise.
Réponse de le 30/09/2011 à 16:34 :
@ samarinda: et tu sais comment que l'entre[rise respecte ses salariés ? tu leur demandes et ils te disent : "mais bien sûr "madame" :-)
a écrit le 30/09/2011 à 12:02 :
Je croyais que les assureurs devaient garantir un taux mini de 3,50% sur les contrats en euros (dans les années 90 c'était 4,50%). J'ai dû manquer un épisode ...
a écrit le 30/09/2011 à 10:01 :
Achetez de l'or physique pas du papier vite !!!!!!!
Réponse de le 30/09/2011 à 11:41 :
Oui, c'est bien mais que faire si on nous refile un lingot-nickel ? Il y a de plus en plus de faux lingots sur le marché !!
Réponse de le 30/09/2011 à 22:56 :
Achetez des pièces.
Réponse de le 01/10/2011 à 10:44 :
et louez un "gros coffre" dans une Banque ! les cambrioleurs ont de l'avenir...

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