Immobilier : pourquoi les zinzins ne veulent plus investir dans le logement

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L'immobilier résidentiel est la catégorie d'actifs immobiliers la moins attractive pour les investisseurs particuliers
L'immobilier résidentiel est la catégorie d'actifs immobiliers la moins attractive pour les investisseurs particuliers
Les gestionnaires d'épargne ne sont pas prêt de revenir investir massivement les ressources qu'ils collectent dans l'immobilier, d'après une enquête Denjean Associés réalisée en partenariat avec Business immo et La Tribune.

En France, le retour en masse des investisseurs professionnels dans le logement, cause nationale, est souhaité de tous… mais ils ne semblent pas l'entendre de cette oreille. A en croire l'enquête réalisée par Denjean Associés en partenariat avec Business Immo et La Tribune sur plus de 100 gestionnaires d'épargne de la place parisienne (Sociétés de gestion d'actifs, Sociétés foncières, Sociétés d'investissement, Investisseurs institutionnels…) le logement n'est pas la classe d'actifs la plus attractive pour eux, bien au contraire.

Le logement comme outil de diversification des portefeuilles ?

L'immobilier résidentiel n'est en fait présent que dans 48% des portefeuilles des sociétés interrogées. A titre de comparaison, 88% des portefeuilles possèdent de l'immobilier de bureau, 75% de l'immobilier commercial, et 55% des entrepôts et de l'immobilier de logistique. Lorsqu'il est intégré dans les stratégies d'investissement, le logement est par ailleurs davantage utilisé comme un outil de diversification : selon l'étude de Denjean Associés, 77% des investisseurs professionnels sondés ont investi entre 0% et 10% de leur portefeuille dans de logement.

Autre preuve que le logement est la classe d'actifs immobiliers la plus délaissée : 20% des investisseurs interrogés disent vouloir y stopper leurs investissements, et 20% les réduire. C'est plus que pour toutes les autres catégories d'actifs immobiliers.
Un tiers des investisseurs professionnels comptent tout de même accroître leur participation au développement du logement en France.

Une trop faible rentabilité

Quelles sont les raisons d'une telle désaffection ? D'abord la rentabilité : seulement 3% des structures interrogées estiment que l'immobilier résidentiel offre un rendement global attractif. Mais aussi les désagréments liés à la gestion locative : 90% des sondés ne considèrent pas comme "facile à gérer" l'immobilier résidentiel.

Pour ne rien arranger, la loi pour un accès au logement et un urbanisme rénové (Alur), récemment votée au Parlement, semble avoir écorché la perception du logement par ces investisseurs. En effet, la moitié estime que la nouvelle législation va provoquer la réduction ou l'arrêt des investissements. Ce résultat confirme les craintes des professionnels de l'immobilier depuis la publication du projet de loi Alur, il y a un an. Pour eux, les investisseurs risquent de se détourner du logement à cause de deux de ses mesures : l'encadrement des loyers et la protection accrue des locataires.

Des avantages fiscaux pour rien ?

Pour redonner de l'attractivité au logement, le Parlement a intégré dans la loi de finances 2014 des avantages fiscaux pour l'investissement dans le logement neuf à destination des classes moyennes, avec notamment une TVA réduite de moitié et l'exonération de taxe foncière pendant 15 ans. Mais les efforts des pouvoirs publics semblent vain. Ainsi 77% des répondants à l'étude de Denjean Associés estiment que les mesures de la loi de finances 2014 visant à faire revenir les investisseurs dans le secteur du logement ne sont pas assez incitatives, et 90% ne comptent pas en profiter.

Mais comment concrètement serait-il possible de les faire revenir ? En guise de réponse à cette question, les investisseurs mettent en avant quatre grandes mesures : améliorer la fiscalité des plus-values immobilières ; faciliter les opérations de vente à la découpe ; arrêter d'imposer une part de logements sociaux dans les constructions neuves ; et enfin réduire la protection des locataires. Mais il semble très peu probable que le gouvernement fasse autant de concessions.

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Commentaires
a écrit le 18/07/2014 à 15:48 :
ben parce qu'ils sont completement "zinzins".... hahaha
a écrit le 25/06/2014 à 15:45 :
L'article oublie d'expliquer le fond de la chose :
Prix d'achat bullesque décorelé du loyer, qui reste lui fonction des salaires => rentabilité en berne. C'est tout.
a écrit le 25/06/2014 à 15:36 :
L'immobilier rapporte 3% (et des emmerdes à la pelle), la bourse 10% minimum depuis 3 ans. Le calcul des institutionnels est vite vu !
a écrit le 25/06/2014 à 15:16 :
tres bien comme ca je mets l'appart en meublé et hop j'augmente le prix..et comme y'a moins d'offres.. car les zinzin veulent plus...
Et hop merci ecolo les verts!
a écrit le 25/06/2014 à 15:02 :
trop cher, pas assez rentable, trop de charges, et risque d'impayé! autan profiter de sont argent en voyagent...l'état nous à trop pris pour des C ...ben à notre tour ,
faut voir quand vous transmettais de l'immobilier a vos héritiers la saigné garanties !!!comme sur la cote tout dépasse le plafond ,le gagnent BERCY
a écrit le 25/06/2014 à 13:48 :
Et toujours ces incertitudes législative et fiscale, menée au grès du vent ....
a écrit le 25/06/2014 à 13:42 :
Manifestement la campagne de presse pour que le contribuable continue de financer les profits des investisseurs immobiliers, cette campagne bat son plein à coup de sondages douteux aux questions équivoques. 90% des sondés ne considèrent pas comme "facile à gérer" l'immobilier résidentiel. C'est pour cela qu’ils n'investissent pas les pauvres ? Quel est le pourcentage de chefs d'entreprises hors immobilier qui considère comme facile, la gestion d'une entreprise ? Quel est le pourcentage de salarié qui considère son travail comme facile ? La réalité est que les prix ont augmenté déraisonnablement plus vite que les loyers, la rentabilité a donc plongé, les investisseurs financent des sondages pour demander à l'Etat de biaiser encore plus la fiscalité pour compenser. Cela démontre bien que l'immobilier (prix de l'actif) est déconnecté de la réalité (rentabilité de l'actif qui dépend des loyers que peuvent assumer les ménages donc de leur pouvoir d'achat) car on ne peut faire de dettes pour payer son loyer. Il y a n'y aucune raison pour que 100 de profits dans l'immobilier soit moins taxés que 100 de profits dans une autre activité économique.
Réponse de le 25/06/2014 à 14:26 :
Ce que finance surtout le contribuable, ainsi que tout acheteur de bien immobilier, c'est la construction de logements sociaux pour loger la clientèle des politiques de tous bords.
a écrit le 25/06/2014 à 13:06 :
Les politiques n'ont aucun intérêt à résoudre le problème logement. ils perdraient ainsi leur fond de commerce.
a écrit le 25/06/2014 à 12:27 :
Faudrait-il en déduire que les investissements en SCPI sont à fuire ?
a écrit le 25/06/2014 à 12:14 :
En même temps on a pas besoin qu'ils spéculent et fassent augmenter le prix de l'immobilier pour les familles qui veulent devenir propriétaires. Qu'ils investissent plutôt dans le financement des entreprises ce sera plus utile!
a écrit le 25/06/2014 à 12:11 :
impots de plus en plus lourd rentabilité en baisse . risque impayé par locataire . vacance entre 2 locations . et si expulsion pour loyer impayé le propriétaire en est pour ses frais . perte de sloyers perte taxe habitation et paie a etat la procédure expulsion. c’est un systeme qui n'est plus viable
Réponse de le 25/06/2014 à 12:46 :
Quel est l'imbécile qui va investir dans l'immobilier si celui- ci supporte une taxe à la revente pendant 22 ans (et même 30 ans pour la csg) ?
a écrit le 25/06/2014 à 11:48 :
C.Duflot a été une grosse erreur de casting, et la politique logement du gouvernement une énorme opportunité loupée pour la croissance (favoriser la construction) et le pouvoir d'achat des ménages (baisser la pression de la demande par l'offre, entraînant une baisse des loyers)... Deux ans de perdus là aussi; dommage!
Réponse de le 25/06/2014 à 12:03 :
Elle a rajoutée au climat de défiance, on ne peut plus orienter ses investissements dans des secteurs qui sont trop souvent régulés par les politiques, on sait qu'ils font trop souvent n'importe quoi.

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