Les taux français n'ont jamais été aussi bas

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Ce n'est pas la qualité du papier français qui attire les investisseurs, mais une rémunération supérieure à celle de l'obligation d'Etat allemande / Copyright Reuters
Ce n'est pas la qualité du "papier français" qui attire les investisseurs, mais une rémunération supérieure à celle de l'obligation d'Etat allemande / Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le taux à 10 ans est tombé jeudi à 2,351%, son plus bas niveau historique, la dette française bénéficiant d'arbitrages défavorables au Bund allemand.

Les investisseurs font à nouveau montre d'appétit pour la dette de la France. En apparence, du moins. Le taux français à 10 ans est tombé jeudi matin à son plus bas niveau historique, à 2,351%, signe d'une forte demande pour les obligations d'Etat, dont les cours évoluent en sens inverse de leur rendement. Mais qu'on ne s'y trompe pas : ce n'est pas la qualité du « papier » français qui attire les investisseurs. Pas plus tard qu'hier, la Commission européenne a en effet émis des doutes sur la capacité de la France à ramener son déficit public de 5,2% du Produit intérieur brut (PIB) fin 2011 à 3% fin 2013.

C'est par défaut, tout simplement, que les investisseurs se rabattent sur la dette française. En effet, à force de jouer le rôle de valeur refuge dans une Europe en butte à la crise des dettes souveraines, le Bund allemand a vu son rendement fléchir à 1,269% mercredi, son plus bas niveau depuis la création de la zone euro, il y a treize ans.

La recherche de rémunérations plus attractives

Les investisseurs se mettent donc en quête de rémunérations plus attractives. Or la France représente une sorte de juste milieu entre la dette allemande, qui ne rapporte presque plus rien, et les obligations d'Etat espagnole et italienne, qui offrent certes des rendements élevés, à 6,506% et 5,835% respectivement, mais qui présentent un risque de taille, compte tenu des difficultés financières de ces deux pays.

De la même façon, les rendements néerlandais et autrichien sont tombés à des niveaux record, jeudi, les Pays-Bas et l'Autriche étant eux aussi considérés comme de bons compromis en termes de sécurité et de rémunération. Le taux à 10 ans des Pays-Bas n'excédait pas 1,644% jeudi, et celui de l'Autriche, 2,16%.

 

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Commentaires
a écrit le 31/05/2012 à 23:14 :
Et voilà que les milliers de milliards de devises supplémentaires produites par les banques centrales alimentent encore une nouvelle bulle, et vous nous couter encore plus cher, ce qui est une des plus grandes escroqueries jamais organisées...
a écrit le 31/05/2012 à 21:29 :
Les investisseurs font à nouveau montre d'appétit pour la dette de la France. Ils disposent d?un outil de garantie de prix à terme sur ces titres. grâce aux contrats Eurex qui "apportent de la liquidité" au marché français et contribuent à faire baisser le coût des emprunts. " mais, car il y a un mais, cette capacité d'acheter et de vendre à tout instant, en cas de situation dégradée, entraine de l'instabilité et favorise les pratiques spéculatives
Réponse de le 31/05/2012 à 21:46 :
Volumes ridiculement faibles sur les produits Eurex sur l OAT depuis leur introduction voici maintenant quelques semaines
Réponse de le 31/05/2012 à 23:03 :
Pour le coup Eléonore, Faux a raison, les volumes du nouvel outil sont grotesques. En revanche, c'est un jeu de dupes car les acheteurs utilisent l'argent de la BCE que les con-tribuables européens devront sortir pour acheter de la dette à plus de 2 % avec de l'argent prêté à 1 %.
Réponse de le 01/06/2012 à 8:37 :
L'argent de la BCE devra être remboursé dans quelques mois tandis que les prêts aux Etats ne le seront que dans 10 ans ! Ces taux n'ont rien à voir. Lorsque vous prenez un crédit, vous pouvez constater que les taux à payer augmentent en fonction de sa durée. Bastien méconnaît la courbe des taux, mais c'est une lacune facile à corriger.
a écrit le 31/05/2012 à 21:12 :
Très bon article qui explique bien l'intérêt de la dette française pour les investisseurs. Il faut garder à l'esprit un point positif et un point négatif. Le point positif : les enprunteur on bon espoir de récupérer leur mise, ce qui signifie qu'il font confiance à François Hollande pour agir avec raison et non pas en dépit du bon sens. Pour le moment ... Attention à ne pas se relâcher donc ... Le point négatif : les taux sont modérés et du coup, plus personne ne parle des CDS. Hors, ces derniers sont toujours une bombe à retardement à surveiller comme le lait sur le feu. Alors monsieur Hollande, pas de relâchement ...
Réponse de le 31/05/2012 à 23:04 :
T'es un gros naïf toi, c'est bien, il en faut ! Sur le Titanic, ils restaient au bar pendant le naufrage, cela donnait plus de chances à ceux qui prenaient les canots.
a écrit le 31/05/2012 à 19:02 :
Oui l'histoire de la dette, ça nous amène à Bayrou, le seul réaliste qui se fait rejeter. Seulement il faut mettre 50 milliards de réduction de dépenses en comparaisons des 117 milliards des salaires et pensions du public. De plus 50 milliards de hausse de prélèvements, espérons que c'est pas pour les ménages. Seulement si on taxe l'activité on crée du chômage. Comment vous réglez l'addition?
Réponse de le 31/05/2012 à 20:03 :
Si on vous suit, il faudrait virer tous ces fonctionnaires et supprimer les pensions du public. Tous ces gens ( qui ont été embauchés par les élus pour qui vous avez votés afin qu'ils satisfassent les demandes de la population) se retrouverons à pointer au chômage (alors qu'ils contribuent au fonctionnement de l'économie). Vous viendrez vous plaindre ensuite de l'augmentation de vos charges pour financer ces gens pointant au chômage. Finalement, c'est quoi votre solution ?
Réponse de le 31/05/2012 à 22:02 :
Dans l'absolu, un fonctionnaire coûte plus cher qu'un chômeur. Donc votre raisonnement (augmentation des charges) ne tient pas. Cela dit, je suis d'accord avec vous, les fonctionnaires ne sont pas inutiles comme certains le prétendent. Mais force est d'admettre qu'il y a certainement moyen d'assurer le même service avec moins de monde: le rendement d'un fonctionnaire est forcément moindre qu'un salarié du privé. Pas de pression quant à la perte de son emploi. Augmentations voire promotions à l'ancienneté. Pas ou peu de prise en compte de l'efficacité dans la rémunération. Je suis souvent confronté aux administrations dans le cadre de mon boulot, et le rythme de travail, la motivation et l'entrain que je vous quasiment tout le temps me laisse rêveur... Ou amusez vous à regarder la DDE au travail (?), un qui creuse et trois qui regardent...
Réponse de le 31/05/2012 à 23:08 :
@ SPIP

Sans connaître le milieu précisément, il me semble qu'il y a un très grand nombre d'erreurs. tout d'abord, la DDE n'existe plus, c'est la DDT qui l'a remplacée et celle-ci n'a plus compétence sur le réseau routier, sauf certaines voies stratégiques et encore moins sur les autoroutes qui sont privées. Par ailleurs, ils ne réalisent plus de travaux non plus car ils en ont l'interdiction dans le cadre de l'ingénierie concurrentielle. Donc, ceux que vous avez vu sur les routes sont des agents des collectivités locales, rattachés au conseil général et pas des fonctionnaires d'Etat. Je m'interroge donc beaucoup sur l'exemple que vous citez.
Réponse de le 31/05/2012 à 23:19 :
Vous jouez sur les mots, les titres, les sigles, etc.... Cela ne remet en rien en cause mon propos
a écrit le 31/05/2012 à 18:45 :
Le calme avant la tempête? Et si ça monte à 7%, combien ça coûterait? On lit qu'on paye 50 milliards pour 60 d'impôts. Travail qui part en fumée et qui sort du pays pour les deux tiers. Brûler les billets, c'est pareil. 50 milliards pour 3% et si ça passe à 7? Logiquement ça devrait ça devrait rajouter une 50taine de milliards soit un doublement des impôts... corrigez moi si je me trompe? Sans parler de la sécu, ça compte aussi dans les taux. C'est les mécomptes publics.
a écrit le 31/05/2012 à 18:38 :
aussi bas, mais moins bas que la hollande, la suede, le royaume uni, l'autriche,l'allemagne...oui la france wst entre le club med et l'europe forte....rien de rejouissant
Réponse de le 31/05/2012 à 20:36 :
Le cas du Royaume Uni est à part. Sa banque centrale indépendante a commencé une politique de monétisation de sa dette.
a écrit le 31/05/2012 à 18:28 :
On est bien d'accord, l'allemagne c'est 46 points d'Etat, nous sommes à peu près 50 compte tenu du racket policier et des actifs de l'Etat dans les entreprises publiques. Il faudrait les vendre, seulement cela créerait un déficit. Puisque les dépenses sont à 57. Le déficit réel est plus élevé. Le gouvernement compte aligner les recettes sur les dépenses. L'ump sous Sarkozi a trouvé bon prétexte dans la crise pour lacher le double des socialistes par an, bien au dela de la croissance, mais de réforme de l'état cher point. Les taux sont bas très bien, mais ça sert à quoi? A payer les fonctionnaires? Le calcul est vite fait: 300 milliards de dépenses, 200 milliards de recettes, 117 milliards de salaires et pensions du public pour 180 milliards d'obligations par an. Et si les taux montent? C'est pas de l'argent qui rapporte ça, on s'endette le double de ce qu'on produit...
Réponse de le 31/05/2012 à 19:00 :
Vos remarques sont valables !
Helas, elles sont connues, et seule manque la volonte politique.
La france n a pas eu de «revolution» Tatcherienne, ou Schroderienne !
a écrit le 31/05/2012 à 17:12 :
Meme si les taux sont bas pour la France...discipline oblige.Ne rien emprunter mais faire des reformes de structures douloureuses et necessaires .(chirac n'a rien foutu)
Appliquer le plan Merkel a la lettre ...10 ans pour reformer le pays , avec des pleurs malheureusement, ensuite on pourra rire des allemands.
a écrit le 31/05/2012 à 17:07 :
bravo FH !
Réponse de le 31/05/2012 à 17:35 :
Oui, le marché anticipe qu'il va suivre les voies de la raison...
Réponse de le 31/05/2012 à 18:53 :
Donc renier toutes ses promesses de campagne !
Réponse de le 31/05/2012 à 22:06 :
@ Bx: comme si FH y était pour quelque chose! En somme, les mauvaises nouvelles c'est de la faute à Sarkozy et son passif, les bonnes c'est grâce à Hollande que le monde entier nous envie... Pathétique...
a écrit le 31/05/2012 à 17:07 :
C est le calme qui precede l acceleration !
Dans 6 mois dans 1 an, les taux francais seront aussi haut que ceux de l espagne.
Pour le momment les investisseurs cherchent des emprunts relativements garantis, comparativement aux emprunts espagnols et grecs.
a écrit le 31/05/2012 à 16:54 :
Poursuivons la réflexion : avec quel argent achète-t-il ces obligations souveraines si ce n'est avec celui de la BCE ?
a écrit le 31/05/2012 à 15:59 :
Comme le dealer qui donne une dose gratuite à ses meilleurs clients pour être sur de les accrocher encore plus a son produit et de les fidéliser jusqu'à la moelle.
a écrit le 31/05/2012 à 15:59 :
Comme le dealer qui donne une dose gratuite à ses meilleurs clients pour être sur de les accrocher encore plus a son produit et de les fidéliser jusqu'à la moelle.
a écrit le 31/05/2012 à 15:53 :
C'est toujours ça de pris.
a écrit le 31/05/2012 à 15:44 :
L'AMF ferait bien d'en profiter pour lever rapidement tous les crédits dont elle a besoin afin de terminer l'année 2012, voire d'anticiper l'année 2013.
Réponse de le 31/05/2012 à 16:02 :
L AMF n'a pas ce rôle dans ses prérogatives. Il s'agit d une instance de surveillance et de contrôle.

L' Agence France Trésor opère sur les marchés pour le compte du pays sous la houlette de Bercy (ils y sont aussi).

A refaire. Merci de se renseigner afin de proposer des commentaires à la hauteur de ces enjeux

Réponse de le 31/05/2012 à 16:58 :
Je confirme l idée, sauf que c est l AFT, Agence France Tresor !
Bercy devrait lever le max d argent pour les depenses de l etat pendant qu il en est encore temps !
Pour le momment, la France fait figure de «bon emprunteur» ! et ce comparativement a l espagne, l italie ou la grece !!!!
Mais tot ou tard, les taux francais monteront !
Donc preparont les depenses futures et faisont le plein d argent
Réponse de le 31/05/2012 à 17:55 :
Messieurs vous oubliez selon moi deux éléments fondamentaux même si a priori l'idée est alléchante :

-l' AFT ne saurait lever une somme infinie à un taux X mais seulement la quantité que les prêteurs (les méchants Banksters....lol) sont disposés à financer lors de l'adjudication en question.

- Le krach obligataire que cela risquerait de générer à l'image de ce qui se passera sur le Bund allemand d'ici 12 à 18 mois. Nous sommes à 1;2% pour du 10 ans aujourd'hui, c'est surréaliste et les investisseurs perdent de l'argent en prêtant. C'est aussi une des raisons pour lesquelles nous empruntons nous même à des taux historiquement bas

Dernier élément que vous occultez, ce serait tout sauf une incitation à la réforme. Et qu'on se le dise, nous n'y couperons pas !
Réponse de le 31/05/2012 à 18:59 :
@Bonjour,
Je confirme votre propos, les taux faible n obligent pas les politiques a faire des reformes. Cela a l effet inverse, il s agit de l attentisme.
Certe l AFT ne peut lever en une seule adjudication un montant infini !
Mais profiter des taux bas me semble necessaire, et meme utile, cela permet de gagner du temps.
Réponse de le 31/05/2012 à 19:05 :
C'était évidemment l'AFT, pas l'AMF. Merci à Bonjour et Jules d'avoir promptement corrigé cette erreur... Pour le reste, puisqu'il faut lever des fonds tant que les budgets ne seront pas rééquilibrés, autant le faire maintenant que les taux sont bas.
Réponse de le 31/05/2012 à 20:00 :
Pas de soucis calme la fin de mon com était un peu sèche c'est vrai. Tu rectifies avec ton pseudo du matin en plus, bon esprit çà ! Je passe à l'occasion quand le rythme est moins soutenu au boulot et on lit tellement de choses de niveau lycée sur les forums du journal ayant trait à des enjeux si importants que j'ai parfois du mal à rester parfaitement courtois :)

@ la prochaine

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