Les Bourses européennes emportées par le sentiment d'incertitude

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La dépression s'est de nouveau abattue jeudi sur les marchés mondiaux qui ont sévèrement décrochés.
La dépression s'est de nouveau abattue jeudi sur les marchés mondiaux qui ont sévèrement décrochés. (Crédits : REUTERS/Danish Siddiqui)
Entraînées par le pétrole, les valeurs bancaires, et les incertitudes sur la croissance mondiale, les places financières ont toutes plongées jeudi peu après l'ouverture.

Article publié le 11 février à 15h12, réactualisé à 16h50, puis à 17h40

Le rebond de mercredi sur les places européennes aura été de courte durée...Jeudi, les places européennes ont toutes dévissé. A l'ouverture, Francfort, Madrid, Athènes, Copenhague, Helsinki, mais aussi Vienne, Amsterdam et Bruxelles plongeaient de plus de 3%. Londres cédait un peu moins de terrain (-2,55%). Milan s'enfonçait plus que les autres et cédait plus de 5%. Paris était à -4%.

L'ambiance est restée maussade sur les marchés au fil de la journée : à 16h30, le CAC 40 perdait 3,32% à 3926,4 points pour plonger de 4,05% à 3.896,71 points à la clôture. La Bourse de Londres a perdu 2,39%, celle de Francfort 2,93% et Milan 5,63%. L'indice Stoxx 600, qui regroupe les principales valeurs européennes, a cédé 3,45% en clôture provisoire. A Lisbonne, la bourse a dévissé de plus de 4% à la clôture, suivie par Madrid ( -4,88% à 7.746,30 points).

Dans la matinée, l'Asie avait donné le ton de cette journée noire sur les marchés. Ainsi, la Bourse de Hong Kong, qui reprenait ses activités après trois jours de congés, a reculé de près de 4% en clôture, tandis que celle de Tokyo était fermée pour cause de jour férié.

 Les banques dans la tourmente

Le secteur bancaire, nouvelle cause d'inquiétude qui vient s'ajouter aux interrogations provoquées par la baisse des cours du pétrole et le ralentissement chinois, se faisait de nouveau battre comme plâtre sur fond de résultats décevants pour les marchés.

La française Société Générale dévissait en Bourse de près de 13% (-12,57% à 27,47 euros) souffrant fortement de la non confirmation de son objectif de rentabilité sur fonds propres à fin 2016. Dans son sillage, BNP Paribas a perdu 6,02% à 37,36 euros et Crédit Agricole 6,60% à 7,67 euros.

L'italienne Ubi Banca a quant à elle reculé de 15,3%, BMPS (Monte dei Paschi di Siena) de 8,15%, Mediobanca de 9,71%, l'espagnole Santander de 5,60%.

En Allemagne, Deutsche Bank, la première banque allemande, qui avait été contrainte de publier un communiqué pour rassurer sur sa solvabilité et qui avait gagné 10,2% mercredi, s'enfonçait de nouveau, de 6,14%. A Londres, même tendance pour Standard Chartered (-7,81%), Barclays (-5,28%) et Royal Bank of Scotland (-4,85%).

Le pétrole poursuit sa chute

Les prix du pétrole, autre sujet de préoccupation pour les marchés financiers, reculaient aussi, tant pour le Brent qui était à 30,34 dollars pour avril, que le WTI pour mars (26,61 dollars).

Malgré des prix au plus bas depuis 2003, aucun accord entre pays producteurs pour réduire l'offre ne semble toutefois se profiler.

Signal négatif de la FED

Alors que les marchés s'attendaient à un rebond de la croissance mondiale pour 2016, la Banque mondiale a joué les Cassandre début janvier, revoyant à la baisse ses prévisions. Fin janvier, le FMI avait donné un pronostic guère plus optimiste pour l'année en cours, avec une croissance mondiale de 3,4%.

Depuis, les regards se tournaient du côté de la Réserve fédérale américaine (Fed). Mais sa patronne, Janet Yellen, a douché les espoirs mercredi, lors de son audition devant la commission financière de la Chambre des représentants. Elle s'est dit inquiète du ralentissement de l'économie mondiale et de ses conséquences pour l'économie américaine (et donc sur la poursuite du mouvement de remontée des taux).

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a écrit le 13/02/2016 à 14:39 :
Si on regarde l’évolution des bourses depuis le maximum de 2007, on voit que le CAC ou l’IBEX n’ont pas passé le cap, est-ce que le QE est en faveur du DAX ? L’Europe avec la crise de 2009 ne devrait-elle être remise en cause, de nombreux pays auraient un produit par habitant en 2014 inférieur à 2007, la croissance européenne aurait décroché, on aurait plusieurs années de croissance nulle, faible ou négative…
Réponse de le 13/02/2016 à 19:32 :
@Paul 13/2 14/39
Si on prend comme base mai 2007, le DAX a fait +30 et le CAC - 30% (j'ai arrondi).
Toutefois, les comparaisons sont difficiles car:
- le DAX tient compte des dividendes alors que le CAC est hors dividendes. Si on en tenait compte, le CAC serait 20 à 30% plus élevé
- le DAX est bourré d'industrielles alors que le CAC a beaucoup de financières
Après leurs hausses vertigineuses du 1er trimestre 2015, ces deux marchés ont commencé à baisser sur le fait accompli, à peu près dès le début du QE (Mars 2015) et depuis, en %, les baisses sont équivalentes: il est donc difficile d'écrire que le QE a profité au DAX.
Je n'ai pas regardé l'IBEX.
Cordialement
a écrit le 13/02/2016 à 12:19 :
Est-ce à dire que les populations européennes vont encore voir leur taux de natalité stoppé net ?
a écrit le 12/02/2016 à 9:55 :
On sait qu'à chaque fois on va en baver de leurs crises mais sans réellement savoir pourquoi quelque part ça fait tellement plaisir de les voir gesticuler dans tous les sens tous, d'entendre tous leurs clowns dans tous les médias de masse recourir à la sémantique grossière mensongère, de les voir transpirer à grosses gouttes en train de nous dire que tout va bien que ce système est le meilleur système du monde et que de toute façon il n'y a pas d'alternative à celui-ci.
a écrit le 11/02/2016 à 16:43 :
Les fondés de pouvoir du capitalisme financier, c'est à dire les gouvernements et les médias à leur botte, n'ont rien tenté en 2008 pour contraindre la finance à investir dans l'économie réelle. Et développer un marché intérieur notamment en UE. Une nouvelle crise financière est inévitable, et cela sera toujours le cas, tant qu'on ne fera rien contre le capitalisme spéculatif. Au lieu de cela, les économistes bien planqués dans leurs conseils d'administration et sur les ondes médiatiques nous servent leurs mantras sur la casse du code du travail etc.

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