Avez-vous la fibre fonctionnaire ?

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« La fonction publique est si vaste que selon son niveau de qualification et le chemin emprunté, son paysage est plein de contrastes. »
« La fonction publique est si vaste que selon son niveau de qualification et le chemin emprunté, son paysage est plein de contrastes. »
Il y a une disparité entre l’idée qu’on se fait de la fonction publique et sa réalité, et autant de situations possibles que de métiers et de types de structures.

D'État, territoriale, hospitalière : la fonction publique est si vaste que selon son niveau de qualification et le chemin emprunté, son paysage est plein de contrastes.

« Dans la fonction publique territoriale, il y a autant de situations que de collectivités », confirme Julien Perez, directeur du Pôle public et parapublic chez Quadra Consultants.

De plus, être fonctionnaire est un statut non un métier. Or il n'y a pas de comparaison possible entre celui de policier, un métier du terrain qui demande d'être sportif, capable de gérer le stress, préparé à porter une arme, celui d'agent administratif à La Poste, un emploi de bureau, et celui de contrôleur, des douanes ou des finances publiques, qui sont des fonctions intermédiaires.

« Après les événements dramatiques du 7 janvier 2015 par exemple, tout le monde nous contactait pour devenir policier pour protéger la Nation et les communautés, le phénomène s'est un peu estompé il y a deux mois », constate Patrick Pedersen, directeur des opérations chez Skillandyou, organisme de formation à distance qui comprend neuf écoles dont le Cours Servais qui prépare aux concours de la fonction publique depuis 1891.

Ne pas avoir d'inscription au casier judiciaire, la première des conditions

Il vous faut donc faire le point sur vos motivations selon l'emploi visé. Mais avant, répondez à cette question : votre casier judiciaire est-il vierge ? C'est la condition sine qua non pour envisager de travailler dans la fonction publique et, comme le constate Patrick Pedersen, « un énorme obstacle pour plein de gens, beaucoup plus qu'on ne le pense, de nombreuses demandes d'informations sur les concours d'accès tournent court à cause de cela ».

Viser la sécurité de l'emploi

La fonction publique garantit la sécurité de l'emploi, propose un cadre rassurant et contrôlé où il n'y a pas d'initiatives à prendre quand on est au niveau C, c'est à dire à un poste d'exécutant, c'est rassurant pour un grand nombre de personnes. De plus, pas besoin de diplôme, on y entre sur concours et l'État ouvre des postes tous les ans.

« En période de chômage, certains pensent que c'est plus simple que d'entrer dans le privé où la compétition règne », note-t-il.

Plus simple à première vue seulement car le concours d'accès n'a rien d'évident. Pour la fonction de secrétaire administratif (catégorie C) par exemple, il demande de se préparer à des matières aussi diverses que la comptabilité, les ressources humaines, la géographie, les langues étrangères... Sachez aussi que même si des mairies ont encore une politique sociale avec les catégories C, c'est de moins en moins courant du fait des réductions budgétaires.

Vouloir faire partie du système

Dans cet environnement très normé, voire clivant, on parle encore plus qu'ailleurs en termes de catégories : C, pour les niveaux infra Bac (BEPC, BEP, CAP), concernant les fonctions dites d'exécution ; B, pour les niveaux Bac à Bac+2, concernant les fonctions d'application ; A : au-delà de Bac+3, concernant les fonctions de conception et d'encadrement. L'évolution y est la plupart du temps lente et linéaire en fonction de son point de départ et le changement de catégorie ne se fait pas au mérite mais au concours. Un tableau que nuance Julien Perez : « Ceux qui bossent bien peuvent évoluer au bout de trois ans. »

On peut cependant trouver des antisystèmes dans la fonction publique, c'est son paradoxe. Quand on est anti, on se syndique (le taux de syndication est beaucoup plus élevé dans le public que dans le privé) en imaginant qu'on va pouvoir empêcher le système de tourner.

« Quand on tord le système, on peut faire des carrières insoupçonnées - celle d'Olivier Besancenot en est un exemple -, le fait d'être syndiqué permet de grimper plus vite et 100% des leaders CGT sont des fonctionnaires ou issus d'entreprises d'État », ajoute Patrick Pedersen.

Œuvrer pour la collectivité en raisonnant productivité

La sécurité de l'emploi n'est certes pas le moteur de toutes les personnes qui visent la fonction publique, d'autres profils ont le sens du service « chevillé au corps », comme le souligne Julien Perez. Parmi eux et sans exhaustivité, les profils terrain (métiers de la Police, de la Justice, de la Sécurité), ceux qui sont issus des grandes écoles de la fonction publique (l'ENA (école nationale d'administration), l'INET (institut national des études territoriales), l'EHESP (écoles des hautes études en santé publique), l'ENM (école nationale de la magistrature)) ou encore, des transfuges du privé qui n'ont pas trouvé dans « la course à l'échalote » de quoi s'y épanouir.

Par ailleurs, « Croire en 2016 qu'être fonctionnaire est une planque pour bosser moins est une hérésie, actuellement on travaille beaucoup plus qu'avant dans les collectivités du fait de la raréfaction des ressources et du non remplacement des postes, les avantages de sont plus ceux qu'ils étaient, on ne dépense plus sans compter, on peut plus se permettre de faire des cadeaux. En outre, plus la collectivité est petite, moins c'est normé, il faut donc être polyvalent, et c'est le budget qui décide ainsi que le niveau de responsabilités », insiste-t-il.

Ainsi, des notions telle que la productivité, la gestion, l'économie ne sont plus des gros mots aujourd'hui dans la fonction publique. Le privé n'a donc pas le monopole du bosser plus avec moins. En revanche, le secteur public, vu l'ampleur de ses projets, offre toujours la chance à ses cadres d'exercer des responsabilités d'une envergure incomparable à celles du privé.

Être fonctionnaire n'est décidément plus ce que vous croyiez que c'était.

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Commentaires
a écrit le 23/09/2016 à 7:23 :
Si on privatise l'école ? La police ? L'armée ? Comme les USA...
Car il semble bien que le système privé est supérieur en performances par rapport au système public. L'URSS a testé le système public, ça n'a pas marché. La France continue le système communiste, en partie. Alors ? libéral ou communiste ?
a écrit le 22/09/2016 à 8:42 :
Bonjour

Juste une remarque : secrétaire administratif (SA) est un grade de catégorie B de la filière administrative et non C comme vous le mentionnez. Peu de chose mais je préfère la précision :-)

Cordialement
a écrit le 11/09/2016 à 8:55 :
Cet article est intéressant mais il y a des erreurs. Secrétaire administratif est de catégorie B et ce n'est pas une fonction mais un corps d'appartenance qui permet d'exercer des emplois.

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