Vous êtes leur premier boss, serez-vous leur modèle ?

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« Le manager a intérêt à préserver l'enthousiasme et l'énergie d'un débutant plutôt que de le rebuter. »
« Le manager a intérêt à préserver l'enthousiasme et l'énergie d'un débutant plutôt que de le rebuter. » (Crédits : Décideurs en région)
Le rôle des managers est de faire des nouveaux entrants de bons professionnels. Autant servir d’exemple.

« On va te mater, tu vas rentrer dans le rang. » Le manager qui tance de la sorte une nouvelle recrue, en lui tirant littéralement l'oreille - vous avez bien lu -, reproduit-il une situation qu'il a lui-même subie à ses débuts ou bien a-t-il une conception plus que discutable de son rôle de manager ? Est-il préparé à accueillir dans de bonnes conditions un collaborateur ? Quel visage de la hiérarchie donne-t-il à voir en se comportant ainsi ? Se pose-t-il la question, d'ailleurs ? Revenons sur les causes de ce recadrage cinglant.

Une jeune femme, naturelle, sincère, authentique, persuasive, prend son premier poste dans la vente de services. Elle est formée à l'offre maison et en parallèle, un système qui ressemble à du bizutage est mis en place dans l'entreprise. Il consiste pour les commerciaux débutants à démarrer avec un portefeuille vide et impose des fonctionnements pas vraiment adaptés à un public de jeunes diplômés du XXIe siècle : contrôle à outrance, reporting à gogo, absence d'autonomie, etc. Décidée à se donner les moyens de réussir en dépit de méthodes d'un autre âge, elle chasse dans son réseau et obtient très vite des résultats. Mais en agissant ainsi elle a enfreint les consignes de la formation interne et le management émet des doutes sur ses qualités professionnelles malgré ses bons résultats.

La plupart du temps, le manager n'a pas conscience de son rôle de potentiel modèle ou anti-modèle

« Dans beaucoup d'entreprises encore, l'organisation décide de l'avenir du jeune de façon archaïque, comme si elle disposait d'un droit de vie et de mort sur l'évolution du collaborateur, et avec un tel comportement le management donne une image déplorable des pratiques de l'entreprise alors que la façon de faire de cette jeune femme pourrait être perçue comme innovante, érigée en bonne pratique au lieu d'être dénigrée », commente Isabel Bornet, fondatrice de Youmain.

À l'inverse, il existe des organisations où toute l'intégration, dès le début, c'est-à-dire avant l'arrivée du nouvel entrant, permet la mise en place d'un mécanisme vertueux : un message émanant du patron qui endosse son rôle d'hôte en est le point de départ. Le message vient de lui et non des RH car c'est lui qui est le déclencheur d'un ensemble de choses positives pour l'intégration des collaborateurs. Ainsi, tout, des outils bureautiques au contrat de travail en passant par le temps d'accueil, assuré par le patron en personne, est prêt le jour J.

« Ce faisant, le dirigeant a organisé un travail d'acculturation de toute l'entreprise, il a effectué un acte managérial qui consiste à prévoir du temps de formation, d'échange et de partage », souligne-t-elle.

C'est bien d'hospitalité qu'il s'agit et être un hôte digne de ce nom est un gain de temps pour tous. Bon nombre d'entreprises aujourd'hui sont forcées à réfléchir sur leurs pratiques du fait de remontées du terrain catastrophiques qui disent en substance : « Si vous voulez les dégoûter, continuez comme ça. » Il est aussi question de la responsabilité du premier boss dans la vision du monde du travail que le jeune se fait à travers lui.

Le temps consacré au jeune à son arrivée est un investissement qui rapporte

La question de la relation au temps du manager est cruciale. Il doit comprendre que le temps qu'il donne au jeune arrivant est un investissement qui rapporte.

« Il faut qu'il se sente investi de la mission de transmettre, relayer, faciliter. Et aussi, chose formidable pour lui, la possibilité lui est donnée d'avoir avec ce jeune un regard neuf, voire admiratif, posé sur sa personne et son travail », pointe Isabel Bornet.

Le manager a tout intérêt à préserver l'enthousiasme et l'énergie d'un débutant plutôt que de le rebuter. Celui qui a du mal à voir l'intérêt d'être un manager « aidant » peut dénouer ce qui l'en empêche dans le partage entre pairs, chose plus acceptable à ses yeux que d'être challengé par ses collaborateurs.

Manager, si vous voulez être un tyran, soyez au moins un tyran éclairé... Si vous êtes maltraitant, votre équipe maltraitée deviendra maltraitante à son tour, même avec vous qu'elle poussera vers la sortie. Vous avez mieux à faire que de perpétuer une lignée d'anti-modèles, non ?

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