La Tribune

L'échange et la créativité

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Isabelle Gavanon est avocate, directeur associé du cabinet Fidal, au sein du département propriété intellectuelle et technologies de l'information (techniques contractuelles, conseil, précontentieux).

Je ne m'attendais pas à recevoir ce prix du meilleur avocat dans la catégorie Technologies de l'information décerné par l'International Law Office (ILO Client Choice 2010). Ce qui est important pour moi, c'est qu'il est décerné en fonction de la réaction des clients. Il est basé sur des analyses humaines et pas financières. La relation humaine est extrêmement dense et riche. C'est une relation d'aide, qui demande beaucoup d'écoute. La communication est stratégique pour aider le client à se positionner. La relation de confiance est essentielle dans ce métier. J'ai choisi le droit parce que cette discipline me paraissait intellectuellement assez structurante. Elle répondait à mon goût pour l'échange et la créativité.

J'ai obtenu mon DJCE (diplôme de juriste conseil d'entreprise) à Montpellier et fait des stages dans des cabinets d'avocats. J'ai passé un an aux Etats- Unis. En 1991, je suis entrée au siège européen d'Apple à La Défense comme juriste. C'était formidable de parler avec des ingénieurs de leur métier. J'ai travaillé seule la discipline des technologies de l'information. En 1993, j'ai envoyé mon curriculum vitae chez Gide et j'ai été embauchée. C'était au moment de la fusion des professions d'avocat et de conseil juridique. J'ai prêté serment au bout de trois mois. Je suis restée deux ans chez Gide, où je travaillais sur les technologies de l'information.

Ne pas être assez opportuniste

Je préfère les rapports d'ouverture et de confiance aux rapports de manipulation. En 1995, je suis entrée chez Jeantet. C'était l'époque de l'ouverture du marché des télécoms à la concurrence. Mais j'avais envie de renouer avec l'état d'esprit du sud. J'ai rejoint en 1998 le bureau de Paris du cabinet montpelliérain Ginestié pour en devenir associée en 2003. On m'a reproché de ne pas être assez opportuniste. En décembre 2006, j'ai intégré le cabinet Fidal où j'éprouve un grand sentiment de liberté. Il y a 1.200 avocats chez Fidal. Nous avons de nombreuses animations et des échanges d'information avec nos clients dans tous les secteurs. Il y a beaucoup d'initiative et de créativité. Parmi ma vingtaine de clients, 18 sont des femmes directeurs juridiques. Je ne suis pas du tout dans la séduction ni la manipulation. J'ai créé quatre thèmes de formation : la technique contractuelle, Internet (web 2.0), la propriété intellectuelle et les contrats informatiques. Je suis entrée chez Fidal le 1er décembre 2006. Le 4 décembre, j'organisais dans le cadre du Professional Women Network (PWN) une réunion sur le thème : « La maternité et la vie professionnelle, avez-vous des choses à dire ? ». J'ai co-créé et animé pendant trois ans (Ndlr : de 2007 à 2009) le groupe droit au sein du PWN. Avec Perrette Rey, la première femme présidente du tribunal de commerce de Paris, nous avons eu des échanges formidables. C'était l'occasion de créer un effet de réseau entre les femmes juristes.

Jardins secrets

Son objet fétiche. Un effluve de parfum. J'ai 6 bouteilles de parfum sur mon bureau.
Sa devise. Ce qui ne détruit pas renforce !
Son plat favori. La blanquette de veau de ma mère, avec la recette de la Cocotte-Minute.
Son refuge. Les liens avec les personnes que j'aime.
Son défouloir. Marcher sur la plage, quel que soit le temps.

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