La Tribune

Business angels : leurs investissements atteignent un record... à la baisse

Les business angels, au côté des entrepreneurs, avaient été à l'origine du mouvement des "pigeons", à l'automne 2012. Copyright Reuters
Les business angels, au côté des entrepreneurs, avaient été à l'origine du mouvement des "pigeons", à l'automne 2012. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Christine Lejoux  |   -  446  mots
Les investissements des business angels français ont chuté de près de 10%, l'an dernier. Cette baisse, la première depuis douze ans, résulte en partie de l'instabilité de la fiscalité.

Après les fonds de capital-risque, c?est au tour des business angels français de se montrer moins prodigues à l?égard des start-up. L?an dernier, les investissements de ces particuliers - souvent fortunés - dans de très jeunes pousses ont chuté de 9,6%, à 40 millions d?euros, selon France Angels. Jamais, depuis sa création il y a douze ans, cette association chargée de représenter les business angels de France n?avait recensé de baisse de leurs investissements. Après un bond de 44% en 2009, ceux-ci avaient certes connu un passage à vide en 2010, avec une progression limitée à 2,5%, mais l?année 2011 s?était soldée par une très honorable croissance de 11,3%. « Le montant des investissements est redescendu au niveau de 2010, alors même que le nombre de business angels a augmenté de 600, au cours des deux dernières années », soupire France Angels.

L?instabilité fiscale pointée du doigt

Si les quelque 4.000 business angels français investissent moins que par le passé, c?est en partie à cause de la crise économique, qui n?incite guère à prendre des paris audacieux. Il faut en effet savoir que la moitié des business angels ne retrouve jamais sa mise, le taux de mortalité des start-up étant très élevé. Mais les business angels pointent du doigt également - et même surtout ?  l?instabilité de la fiscalité. Le projet de loi de finances pour 2013 a alourdi la taxation des plus-values de cession mobilières, la portant de 34,5% (prélèvement forfaitaire de 19% et 15,5% de prélèvements sociaux) à 64,5%. Et si ce projet, qui avait provoqué la fameuse révolte des « pigeons », à l?automne dernier, a été assoupli pour les entrepreneurs, cela n?a en revanche pas été le cas pour les business angels.
Ces derniers ont eu de plus la mauvaise surprise de voir le dispositif Madelin intégré dans le plafond global des niches fiscales, fixé à 10.000 euros pour 2013. Pour mémoire, ce dispositif permet aux personnes redevables de l?impôt sur le revenu de déduire de celui-ci 18% du montant de leur investissement dans une PME.

2.600 emplois directs créés en 2012

Des initiatives jugées regrettables par les business angels qui représentent, pour les start-up, une alternative à un capital-risque qui n?a plus les moyens de prendre des risques, justement. Alors que le « venture capital » délaisse l?amorçage pour se concentrer sur le financement de jeunes pousses déjà rentables, les business angels, eux, allouent les trois quarts de leurs investissements à de premiers tours de table de moins de 500.000 euros. Des investissements qui ont contribué à la création de près de 2.600 emplois directs, en 2012, souligne France Angels.

 

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Commentaires

Easydashboard  a écrit le 10/04/2013 à 17:38 :

Dommage, les business angels sont vraiment très utiles en France. Ce sont eux les moteurs de la croissance. Certes ils défiscalisent lorsqu'ils investissent et revendent leurs parts avec une plus value (lorsqu'ils en font une puisque leurs investissements sont quand même risqués) mais au-moins ils essaient de tirer le pays vers le haut. Mais n'oublions toutefois pas non plus q'un BA n'est pas qu'un portefeuille. Outre son cash, il amène aussi très souvent un réseau et des compétences, un savoir faire. Alors même si le "panier moyen" des levées de fonds est en baisse, il ne faut pas voir que le verre à moitié vide.

Futur expat'  a écrit le 09/04/2013 à 9:20 :

Qd 90% des ministres qui composent un gvt et le Pdt de la Rep sont issus de la fonction publique ET n'ont jamais (pour les moins malhonnêtes bien sur) fait de business ds le privé, faut pas être surpris. À ce rythme et ds la dynamique européenne actuelle, d ici 2-3 ans, soit la France n'existe plus soit ce sera la guerre civile... Perso, je prends ma femme et mes enfants et je pars monter ma nouvelle boîte à l étranger.

la cata  a écrit le 08/04/2013 à 21:35 :

40 millions pour 4000 personnes, le 'panier moyen' n'est déjà pas terrible, alors si on plus il baisse... Les socialos auraient du directement filer des billets de train pour Londres au lieu d'essayer de nous sortir leur pépinière étatique qu'ils sont en train de pondre à Paris.

arakao  a écrit le 08/04/2013 à 19:35 :

Et voilààààà, comme disent les américains qui balbutient quelques mots de français. Voilà un résultat de plus de 10 mois de "hollandisme" et de j'aime pas les riches, je taxe tout ce qui bouge et surtout sur celles et ceux qui "pourraient" faire des plus-values par leur imagination/talent/travail. Il est vrai que quand "on"est sans talent la démagogie populiste devient une méthode qui nous a mis dans le mur. Heureusement, pour la croissance et les emplois de demain "pépère" finance des profs, des "emplois jeunes" inutiles, de l'assistanat supplémentaire... chez les copains des assoc. et collectivités locales......c'est l'avenir de la France selon "leur" "président" et ses amis. L'entreprise, la prise de risque,l'imagination, le talent et la juste récompense de tout cela sont totalement étrangers à leur schéma de pensée basé sur une idéologie du 19°s et sur le clientélisme y afférent.

Pat34  a écrit le 08/04/2013 à 17:45 :

Pas d'innovation ? Pas de croissance... les chiffres paraissent faibles, mais leur multiplication rend l'action des business angles fondamentales à la France techno. Cette baisse est dramatique pour les années à venir, pour l'emploi, et pour les impôts à percevoir dans les années à venir.