Aéronautique : Le Drian sauve la grande soufflerie S1 de Modane de l'ONERA

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La décision de sauver la grande soufflerie S1 de Modane-Avrieux était essentielle en raison de l'excellence et de l'enjeu stratégique que représente pour l'industrie aérospatiale française cet outil essentiel et unique, a estimé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian
La décision de sauver la grande soufflerie S1 de Modane-Avrieux "était essentielle en raison de l'excellence et de l'enjeu stratégique que représente pour l'industrie aérospatiale française cet outil essentiel et unique", a estimé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian (Crédits : ONERA)
Le ministre de la Défense a décidé "d'affecter dès la semaine prochaine 20 millions d'euros" pour lancer les travaux qui permettront de sauver la grande soufflerie S1 de Modane-Avrieux (S1MA) de l'Onera, qui menace de s'effondrer.

Jean-Yves Le Drian l'avait promis, le ministre de la Défense l'a enfin fait, comme La Tribune l'avait révélé. Interrogé à l'Assemblée nationale par la députée socialiste Béatrice Santais sur le besoin urgent d'un financement exceptionnel en vue de sauver la grande soufflerie S1 de Modane-Avrieux (S1MA) de l'ONERA, Jean-Yves Le Drian a annoncé ce mercredi avoir décidé "d'affecter dès la semaine prochaine 20 millions d'euros" pour lancer "rapidement" les travaux dès ce printemps en vue de consolider le sol sur lequel repose la soufflerie, qui menace de s'effondrer.

"J'ai décidé dès la semaine prochaine d'affecter 20 millions d'euros à la reconstitution du sol qui permettra la pérennité de l'activité sur la longue durée, a expliqué le ministre de la Défense à Béatrice Santais. Cette décision est importante (...) Elle était essentielle en raison de l'excellence et de l'enjeu stratégique que représente pour l'industrie aérospatiale française cet outil essentiel et unique. Je peux donc vous rassurer à cet égard."

Les travaux de consolidation portent sur les fondations de la soufflerie et de de son bâtiment, et la stabilisation des sols jusqu'à une profondeur de 50 mètres, a précisé le ministère de la Défense dans un communiqué publié dans la foulée de la déclaration de Jean-Yves Le Drian. L'ONERA a établi un planning de travaux sur une durée de quatre ans. La Direction générale de l'armement (DGA), qui exerce la tutelle de l'ONERA, versera une subvention exceptionnelle d'investissement de 15 millions d'euros en 2016, puis de 5 millions en 2017.

Une aide urgente

Il était temps car, si le sol s'affaissait de cinq petits millimètres de plus sous la soufflerie S1, où sont apparues de nombreuses fissures inquiétantes, la France perdait un de ses bijoux technologiques, qui fait envie au monde entier. Selon la députée PS de l'Indre, Isabelle Bruneau, "l'affaissement du bâtiment impliquerait une remise en état estimée à 300 millions d'euros ; s'il venait à s'effondrer, sa valeur à reconstruction est estimée à 700 millions d'euros".

Si le ministère a pris son temps avant de réagir, c'est qu'il voulait impliquer les industriels de l'aéronautique et la DGAC (Direction générale de l'aviation civile), utilisateurs des souffleries. Mais ils se sont tour à tour défilés, au grand dam de l'hôtel de Brienne. Pour autant, le ministère de la Défense ne désarme pas. "Des pistes de financement interministérielles sont actuellement à l'étude afin de porter au meilleur niveau les équipements de mesure de ces souffleries, lesquelles sont des moyens qui servent autant l'aéronautique civile que de défense", a expliqué le ministre de la Défense, cité dans le communiqué de l'Hôtel de Brienne.

Le 21 octobre dernier, interrogé par Isabelle Bruneau à l'Assemblée nationale sur les difficultés de la soufflerie S1, Jean-Yves Le Drian avait répondu qu'il était "très sensible au sort de l'Onera, et notamment aux questions qui touchent à la soufflerie de Modane, dont je suis directement informé". Le 27 octobre, il s'est montré un peu plus précis en expliquant que "le ministère de la défense ne laissera pas tomber l'Onera".

Le plan de rénovation élaboré par l'industriel Spie Fondations est déjà prêt. Pour éviter toute catastrophe, il faudrait que le chantier commence le plus tôt possible, avant la fin du printemps. L'ONERA a déjà autofinancé 2 millions d'euros pour des travaux exploratoires et de premier renforcement, mais faute d'argent, l'ONERA ne peut pas payer ces travaux. D'autant que le centre de recherche devrait afficher en 2015 une perte inférieure à 4 millions d'euros, autour de 3,7 millions (contre 16 millions en 2014).

Soutien du ministère à l'ONERA

D'une façon générale, Jean-Yves Le Drian a estimé à l'Assemblée nationale que "le ministère de la Défense soutient et continuera à soutenir le maintien des capacités de l'ONERA". Cela a déjà été le cas en 2015. En raison d'une insuffisance de contrats de l'industrie aéronautique civile, le ministère avait décidé "d'abonder le budget de fonctionnement de l'ONERA de plus de 9 millions d'euros", a-t-il rappelé. Et de poursuivre : "cette décision se prolonge en 2016 par une garantie du budget de fonctionnement à hauteur de 105 millions d'euros. Ce qui permet à l'Office de fonctionner et même de reprendre ses investissements".

L'aide d'urgence dédiée à la grande soufflerie S1MA n'exemptera pas pour autant l'Onera de faire un gros travail de structuration de son fonctionnement et de sa stratégie. La nouvelle direction y travaille, notamment sur le contrat d'objectifs et de performance (COP), exigé par l'État. Il sera prêt en mars ou avril. Le plan stratégique scientifique (PSS) devait être quant à lui prêt fin janvier. Une fois tout ce travail accompli, le ministère de la Défense prendra les décisions sur le rôle et les missions de l'ONERA à l'avenir. Ce travail de structuration permettra également d'engager le plan de soutien pour huit grandes souffleries (plan ATP) élaboré par la direction, dont le montant s'élève à 218 millions d'euros sur onze ans.

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Commentaires
a écrit le 03/03/2016 à 6:24 :
PAUL-HENRI.
Vous n'etes pas serieux ? Voter socialiste !
Je comprends mieux le "gauche-droite" si caracteristique du vote des francais.
Quand on a des convictions, on n'en change pas.
Cela s'appelle la conscience politique.
Réponse de le 03/03/2016 à 14:54 :
"Quand on a des convictions, on n'en change pas."
Chacun a des convictions, comment faire alors pour avancer?
Vous ne reconnaissez jamais vos erreurs? Où peut-être pensez vous ne pas en faire et être meilleur que tous les autres? Et même si vous l'étiez, vous devez bien vous mettre au niveau des problèmes et priorités des autres, pour pouvoir évoluer collectivement. N'accepter vous jamais un compromis?
Si vous n'avez aucune objectivité, aucune tolérance, aucune envie de coopérer, alors toute discussion avec vous est totalement inutile.
a écrit le 02/03/2016 à 22:22 :
Et voilà ! Encore des fonds publics ! Et les industriels de l'aéronautique se sont défilés !
a écrit le 02/03/2016 à 18:40 :
bonne nouvelle ,enfin un bon investissement ( et pas cher!) pour notre industrie ; si on récupérait la réserve parlementaire on pourrait en faire d'autres !
a écrit le 02/03/2016 à 17:43 :
Homme de droite et de toujours : le seul cas où je voterai P.S pour La Présidentielle, serait une candidature Jean-Yves Le Drian. Ouf, on a eu peur pour cet outil précieux pour le présent et l'avenir : j'ai bien cru qu'il était abandonné.

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