ONERA : les souffleries aéronautiques de Modane en danger de mort

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Maquette A350 dans la veine d'essai de la soufflerie S1 de Modane
Maquette A350 dans la veine d'essai de la soufflerie S1 de Modane (Crédits : ONERA)
Le centre de recherche aérospatiale français manque de souffle pour financer des travaux pour renforcer les sols sous la plus grande soufflerie au monde (S1), qui menace de s’effondrer... prochainement.

Cinq millimètres. Si le sol s'affaisse de cinq millimètres de plus sous la soufflerie aéronautique S1 de l'ONERA de Modane (Savoie), la France perdra un de ces bijoux technologiques, qui fait envie au monde entier, y compris les États-Unis pour une fois à la remorque de la France. Cinq millimètres d'affaissement encore et la soufflerie S1, la plus puissante du monde, pourrait être au mieux inutilisable, au pire subir des dégâts irrémédiables. La France, acteur majeur de l'aéronautique civile et militaire mondiale, pourrait alors être rétrogradée en division 2. Ce scénario est aujourd'hui loin d'être une fiction. La situation est urgente et exige qu'une décision de financement soit prise d'ici à la fin de l'année.

Dans ce contexte, la députée Isabelle Bruneau vient de lancer un véritable SOS pour sauver cette pépite, qui est pourtant un objet de souveraineté nationale reconnu. "A plusieurs reprises l'attention de la tutelle (ministère de la Défense, ndlr), et plus largement des services officiels et des industriels de la filière aéronautique, a été attirée par l'ONERA sur cette situation, sans grand écho jusqu'à présent", écrit-elle dans son rapport sur le projet de loi de finances pour 2016, consacré à l'environnement et la prospective de la politique de défense.

Elle estime qu'il est "des plus urgents d'intervenir au risque soit de devoir engager à terme des sommes très importantes, soit de perdre un instrument essentiel à la préparation de l'avenir de la filière aéronautique civile et militaire".

Dans ce contexte compliqué, un conseil d'administration de l'ONERA, prévu le 5 novembre, pourrait être décisif sur le sort de la soufflerie S1 et au-delà sur le plan de soutien pour huit grandes souffleries (plan ATP) élaboré par la direction de l'Office national, dont le montant s'élève à 218 millions d'euros sur onze ans. Selon un communiqué conjoint de la CFDT, de FO et de la CFTC, 190 emplois sont directement menacés par la fermeture du centre de Modane-Avrieux. "Nous demandons la mise en place urgente d'un financement de 20 millions d'euros pour sauver la soufflerie S1MA et nos emplois", ont écrit le 20 octobre les trois syndicats.

20 millions d'euros de travaux

Pour sauver S1, ce monument national, dont la construction a commencé en 1946, Isabelle Bruneau rappelle que le montant de renforcement du sous-sol est estimé... à 20 millions d'euros (sur les 218 millions) avant une éventuelle catastrophe. 20 millions pour lancer des travaux dès le printemps 2016. C'est peu, très peu à l'échelle des travaux pharaoniques si le sous-sol s'affaissait à nouveau sous la soufflerie S1. Selon la députée PS de l'Indre, "l'affaissement du bâtiment impliquerait une remise en état estimée à 300 millions d'euros ; s'il venait à s'effondrer, sa valeur à reconstruction est estimée à 700 millions d'euros. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes". Effectivement !

Par ailleurs, Isabelle Bruneau estime que "l'arrêt de la soufflerie S1, qui possède une configuration recherchée et indispensable à la défense, mettrait en péril économique l'ensemble du site". Car sans la soufflerie S1, le modèle économique du site de Modane (huit souffleries, dont six considérées comme stratégiques) s'effondrerait lui aussi. Ce qui serait catastrophique pour la défense, dont, certains essais en soufflerie, notamment sur des équipements de dissuasion nucléaire, ne peuvent pas se faire hors de France pour des raisons de souveraineté nationale.

Une subvention supplémentaire ?

Qui pourrait financer ces travaux ? L'ONERA, qui a déjà autofinancé 2 millions d'euros pour des travaux exploratoires et de premier renforcement ? "La réparation entraine une charge importante, qui ne peut être assumée dans le cadre de la subvention ONERA ou des recettes de celui-ci", avait estimé le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon lors d'une audition à l'Assemblée nationale début octobre.

Car le centre de recherche aérospatial va afficher un nouveau déficit estimé à 3,7 millions d'euros en dépit d'une subvention supplémentaire de 9 millions en 2015. L'ONERA avait déjà perdu 16 millions en 2014. Des déficits en grande partie dus à la forte baisse de la subvention versée par le ministère ces dernières années. Elle est passée de 123,9 millions en 2010 à 105 millions d'euros en 2015 et 96,4 millions en 2014. Du coup, l'État lui consacre une des subventions les plus faibles par chercheur, selon Isabelle Bruneau.

Seul le ministère de tutelle peut donc octroyer à l'ONERA une telle subvention. Mais la députée de l'Indre, "n'a pas senti de mobilisation sur ce sujet dont chacun semble penser in petto qu'il ressort uniquement de l'ONERA et de sa tutelle défense". Le 21 octobre dernier, interrogé par Isabelle Bruneau à l'Assemblée nationale sur les difficultés de la soufflerie S1, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a répondu qu'il était "très sensible au sort de l'ONERA, et notamment aux questions qui touchent à la soufflerie de Modane, dont je suis directement informé". Le 27 octobre, il s'est montré un peu plus précis en expliquant que "le ministère de la défense ne laissera pas tomber l'ONERA". A suivre donc...

Un affaissement de 45 millimètres

Avec l'aide d'une société experte dans le domaine des fondations spéciales et des travaux d'infrastructure, l'ONERA a établi que le sous-sol était dégradé sur une profondeur d'environ 50 mètres, a expliqué Isabelle Bruneau. L'écoulement des eaux en profondeur entraînant une érosion des sols, semble être la principale raison de cet affaissement, selon la préfecture de la Savoie. "Le gypse est particulièrement sensible aux circulations d'eaux qui peuvent y créer des cavités de dissolution, responsables d'affaissements ou d'effondrements jusqu'en surface", explique-t-elle dans la présentation de son plan de la prévention des risques naturels.

Ces mouvements consistent en un abaissement lent et continu du niveau du sol, sans rupture apparente de ce dernier. "Selon la nature exacte du phénomène - affaissement ou effondrement - , les dimensions et la position du bâtiment, ce dernier pourra subir un basculement ou un enfoncement pouvant entraîner sa ruine partielle ou totale", précise la préfecture de Savoie. Depuis juin 1995, les sols se sont effectivement affaissés de 45 millimètres, notamment avec deux accidents brutaux survenus en 2010 (affaissement d'une quinzaine de millimètres), puis à l'été 2015 (une quinzaine de millimètres également). Des fissures sont apparues dans la structure des souffleries.

A quoi servent les souffleries?

Capable d'atteindre la vitesse du son (Mach 1, soit 1.200 km/h), longue de 400 mètres, d'un diamètre de 24 mètres, d'un débit d'air maximum de 10 tonnes d'air par seconde et d'une puissance de près de 90 MW fournie par l'énergie hydraulique (soit un millième de la puissance totale d'EDF installée en France), la soufflerie S1 est sans équivalent dans le monde. Ses caractéristiques hors normes en font un moyen d'essai indispensable pour toutes les améliorations et/ou ruptures technologiques des futurs aéronefs (avions civils et militaires, drones de combat, lanceurs...). Elle a vu passer tous les grands programmes civils et militaires de l'aéronautique française comme l'A380, l'A350, ou encore le Mirage, le Rafale... et mondiale.

L'ONERA, qui est une référence mondiale dans les souffleries, a pour mission de développer, d'orienter, de coordonner et de promouvoir les recherches dans le domaine aérospatial.

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a écrit le 06/11/2015 à 20:19 :
juste un rappel: la soufflerie de Modane "joyaux français"provient d'une prise de guerre allemande, elle a été démontée dans les Alpes Autrichiennes et transférée en France.
La puissance nécessaire est telle que l'énergie est prélevée directement depuis un barrage hydraulique, d'où le choix de l'emplacement actuel. EdF doit être avertie de la perte de puissance disponible pour le réseau électrique lors du fonctionnement de la soufflerie. Cela n'est pas loin d'être unique, surtout en regard de la taille de la veine. Ceci dit, cela est et reste un outil de recherche formidable. Et surtout, il ne s'agit pas seulement d'un bâtiment mais d'un environnement scientifique et industriel que la France va perdre. Le veut-on "délibérément" ?
a écrit le 04/11/2015 à 22:37 :
@Lowlow07 : Vous avez faux, si la NASA, l'ONERA, la DLR et Boeing etc. coopèrent autour du "AIAA CFD Drag Prediction Workshop", c'est bien parce-que les prédictions en matière de traînée des modèles actuels ne sont pas satisfaisantes. D'ailleurs l'Onera qui développe l'un des solveurs CFD les plus puissant du marché (Elsa), se sert activement des essais en soufflerie pour recaler ses modèles numériques.
a écrit le 03/11/2015 à 8:33 :
Et en même temps AIRBUS va racheter pour 1 milliard d'actions AIRBUS sur le marché et les annuler pour la satisfaction de ses actionnaires et de son PER !!!!!
a écrit le 03/11/2015 à 7:43 :
Certes, mais j'ai connu aussi d'autres sites de la DGA (CEPr SACLAY) où des investissements énormes (2 Milliards de francs) ont été faits dans les années 80-90...pour pas grand chose, calmer les syndicats d'abord et entretenir des installations d'essais vouées au déclin. Aujourd'hui, les 'bancs d'essais' tournent au ralenti, ce centre entretien au moins 800 personnes qui passent leur temps pour certains...à jouer au scrable sur leur PC !
a écrit le 03/11/2015 à 6:39 :
J'ai eu une partie de ma maison qui s'est affaissée.
La solution, injection de résine en sous-sol par une société spécialisé exemple : URETEK
http://www.uretek.fr
a écrit le 03/11/2015 à 0:22 :
Tout Ce qui reste de ce " pays " appelé " " france " se plait au déclin si avancé, et au déclassement en tout .Les chiffres croissent : Les jeunes diplomés et autres cadres de haut niveau, et richesses, accélèrent sans bruit leur abandon de ce petit pays qui les décourage en tout : fiscalité écrasante, contraintes, freins, et déclin si bien engagé et irréversible. Et elle en veut du déclin, au point de ne pas dépenser une si modique somme. pays aux dépenses publiques les plus élevées du monde 57% du P.I.B annuel produit par chacuns des français. france s'écrit assurément, en lettres minuscules, dans pareil état de déclin.
a écrit le 02/11/2015 à 22:44 :
Il y a pas les impôts qui sont tombés il y a peu de temps ?
Il y a pas de plus en plus de taxe ici et là ?
A quoi servent ces taxes au fait ?
Ces dites taxes rapportent combien à l'Etat déjà ?
Et enfin où vont réellement nos impôts ?
Parce que s'ils savent pas quoi en faire, et plutôt que s'occuper de problème dans d'autres pays, il y a quelques institutions qui mendient (et oui malheureusement) quelques dizaines de millions d'euros pour conserver ce qui fait rayonner la France sur le plan international (loin de moi l'idée de racisme ou de je ne sais quelle forme de discrimination, juste l'idée d'un citoyen qui se préoccupe de son pays et pas du voisin).
Réponse de le 03/11/2015 à 11:28 :
Vos impôts vont pour une grande partie dans la poche d'ultra riche à qui la France emprunte grossi modo 289millions par jour à taux d'intérêt, au lieu de se les emprunte à elle même à zéro %.

Du coup elle ne fait que rembourser des gens qui mécaniquement deviennent toujours plus riche, c'est logique.

Le reste mais c'est pas foufou, est réinvestit dans le pays avec moins ou moins d'effecacité.

a écrit le 02/11/2015 à 21:44 :
Encore les effets du "syndrome XV de France" ? avec la récession actuelle et les effets encore plus nocifs des prochaines à venir, cela ne va pas arranger les choses pour le parc aéronautique européen, je l'avais annoncé il y a trois mois de cela. Hélas, trois fois hélas….
a écrit le 02/11/2015 à 21:21 :
L'état paie chaque année plus de 50 milliards pour les intérêts seuls de la dette (pas le principal mais bien les intérêts seuls). Mais l'état rechigne à débourser 20 millions pour sauver une soufflerie encore inégalée dans le monde à ce jour ...
Réponse de le 03/11/2015 à 11:38 :
Le vent, c'est leur prérogative, la soufflerie, c'est une concurrente. :-))
Pour une fois qu'on a l'installation la plus grande au monde, peut-être avec moins d'usage que dans le passé ? Mais utile quand même, la modélisation informatique d'après les modèles de physique des fluides a toujours besoin de rétroaction réelle (jusqu'à être parfaits et faire fermer le site).
Les Chinois vont peut-être en construire une deux fois plus grande (comme le LHC qu'ils veulent reproduire en plus quatre fois grand (en longueur)).
a écrit le 02/11/2015 à 20:51 :
Plus aucun intérêt cette soufflerie
Il y a tellement plus performant et moins cher
Réponse de le 03/11/2015 à 11:43 :
Bonjour, pouvez vous développer votre propos? Merci
Réponse de le 04/11/2015 à 20:52 :
Il a raison, aujourd'hui avec les progrès des souffleries virtuelles en 3D, les super calculateurs, plus besoin de ces monstres trop coûteux et bien trop bruyants. Même les essais marins en carènes sont voués à disparaitre.
a écrit le 02/11/2015 à 20:14 :
Les Souffleries de l'ONERA situées sur les communes d'Avrieux et de Villarodin-Bourget se nomment S1MA, S2MA, S3MA, S4MA.
Les 2 lettres signifient "Modane-Avrieux" et non pas Modane comme dans cet article
a écrit le 02/11/2015 à 19:39 :
Aux derniéres nouvelles on modélise trés bien des chose plus complexes que l'écoulement de l'air comme la météo ou les réactions en chaine des bombes atomiques sur de supers ordinateurs, pourquoi continuer à investir dans ces antiquités ?
Réponse de le 02/11/2015 à 20:18 :
Ces antiquités comme tu dis ne peuvent pour l'instant pas être totalement modélisables. A ce jour aucun supercalculateur n'est arrivé à recréer cette megastructure malgré toutes les tentatives. Tout ce qui vole à moins de 1200km/h dans le ciel depuis 1947 a été testé dans cette antiquité et donc grâce à elle.
Réponse de le 02/11/2015 à 20:58 :
Salut xY,
Avec ce genre de soufflerie on calibre les codes de façon un peu plus précise que la météo, si jamais vous prenez l'avion j'espère que vous conviendrez que c'est une bonne chose. Quant aux bombes atomiques, c'est à dire une réaction qui s'emballe, j'ai des potes du cea qui rigoleraient bien de ce que vous écrivez. Ecoutez, continuons donc le long de ce chemin néolibéral, la france rayonnera surement en nourrissant des poules.
Réponse de le 02/11/2015 à 21:23 :
@Manu : Ok en 1947 les surpercalculateurs n'existaient d'ou ce besoin, mais si comme il est dit dans l'article les ricains, qui ne sont pas les derniers en aéronautiques, n'investissent plus dans les souffleries faut se poser des questions à mon avis. Ce truc m'a tout l'air d'être une nécessité d'une autre époque qu'on peut laisser mourir de sa belle mort. De toute façon depuis 1947 on a eut tout le temps de modéliser toutes les formes possibles d'objet volants dans ce fleuron de la technologie et si on ne l'a pas faits et bien pas la peine de continuer à financer ce "sinkhole".
Réponse de le 02/11/2015 à 21:55 :
@lasourge : j'étais encore jeune à l'époque mais concernant la modélisation des réactions des bombes atomiques c'est pourtant l'explication qu'avait donné un certain Chirac dans une intervention télévisé pour justifier d'ultimes essais atomiques en polynésie avant d'y mettre un terme.
Réponse de le 02/11/2015 à 22:34 :
Cher xY, Après avoir effectivement délaissé leurs souffleries, les Américains se sont aperçus qu'elles étaient indispensables pour les essais des avions militaires et civils. Ils investissement 600 millions de dollars pour de telles infrastructures... La France pourrait faire le chemin inverse même si je pense que le bon sens prévaudra.
Réponse de le 02/11/2015 à 23:04 :
Les équations qui régissent les écoulements turbulents sont certainement les plus complexes à résoudre, et à l'heure actuelle (et certainement pour les 50 années à venir) la puissance de calcul nécessaire pour résoudre complètement ces équations est très largement hors de portée du plus puissant des supercalculateurs qui existe. On est donc contraints à ce titre de modéliser au moins une partie de ces équations pour arriver à des coût de calcul raisonnables (par raisonnables j'entends un mois de calcul sur un supercalculateur) sur des géométries détaillées d'avions, et cet effort de modélisation ne peut pas être réalisé sans la présence de l'étude en soufflerie elle permettent également une étude qui n'est pas accessible numériquement sur certains points aujourd'hui aussi). Donc s'il y a quelque chose de primordial aujourd'hui et pour les années à venir, c'est bien ce genre de souffleries.

Quant aux ricains ils ont également de très beaux spécimens de souffleries dans lesquels ils n'hésitent pas à investir.
Réponse de le 03/11/2015 à 11:41 :
Il n'y a aucun moyen de calculer avec précision des phénomènes comme la traînée au régime transsonique, chaque modèle donne un résultat différent.
Réponse de le 03/11/2015 à 12:23 :
@Rama : Ok je comprends mieux pourquoi c'est toujours d'actualité. Dommage que l'Onera ne soit pas bénéficiaire. Dans cette situation aucun investisseur et encore moins un banquier ne vous écoute. 300 briques c'est pas rien. Je me demande comment font les autres souffleries? Et je crains que comme tous les grands travaux il y a de fortes chances que ce montant soit largement dépasser. Ce serait pas la premiére fois ni la derniére fois qu'on se fasse avoir à ce jeu là. Ne reste plus que l'option de préléver sur le budget de la défense nationale.
a écrit le 02/11/2015 à 18:23 :
Bah, c'est pas grave, General Eletric va bien trouver un moyen pour racheter ce bijou.
a écrit le 02/11/2015 à 15:20 :
Le Louvre vient d'acheter un Rembrandt pour plusieurs dizaines de millions d'euros (80 M€ le portait pour être exacte).
Tout est question de choix dans l'emploi des précieux publics et du patrimoine national.

Par ailleurs, est-on certain que simulation et coopération internationale ne puisse remplacer un laboratoire monumentale hérité des concepts de l'après-guerre ?
Prenons un exemple : pour les navires , la bassin (historique) de giration de Balard n'existe plus. Est-ce à dire que l'on ne pourra plus concevoir de sous-marins, ni de navires performants ? Il ne semble pas.
a écrit le 02/11/2015 à 14:21 :
Toujours le même problème: en dépit de l'existence d'investissement totalement amorti, nous avons là un nouvel exemple d'un fournisseur de services incapable de se mettre au diapason de ses rentrées d'argent pour les prestations qu'il génère (pour essentiellement des privés semble-t-il..). On peut le déplorer, mais voilà, les temps sont durs, et il n'est pas le seul dossier. ce dossier fait penser à la RATP (le métro a été construit en 1900, est un grand succès populaire.. et continue à perdre de l'argent..).
Réponse de le 03/11/2015 à 11:38 :
Bonjour, pouvez vous développer votre propos? Merci
a écrit le 02/11/2015 à 13:48 :
eh, vous avez vu ??? il y a un avion chinois qui sort des usines : a-t-il eu besoin des souffleries d'Onera ??? alors peut-être ces souffleries ne sont pas vraiment utiles ????? et on peut économiser quelques millions !!!
Réponse de le 02/11/2015 à 15:17 :
Et oui les Chinois sont venus à Modane pour tester leur avion. Cet outil est un outil indispensable pour le futur de l'aéro militaire et civil française. C'est un investissement de 20 millions pour l'avenir. Ce n'est pas comme si l'Onera demandait des milliards. ET bien moi contribuable, je préfère donner à ce type de centre de recherches... C'est pourquoi je suis fier d'être Français en dépit de vous et de toutes les contraintes que l'Etat impose...
Réponse de le 02/11/2015 à 16:13 :
Bon Bertrand vous oubliez une ou deux petites choses :
1) Les marchés n'ont jamais créé d'industrie en France. Toutes les grandes industries françaises sont nés d'une volonté et d'un financement de l'état, entre autres à travers ses centres de recherche (et ses bancs d'essai).
Le développement du moteur le plus vendu de l'histoire de l'aviation civile (le CFM56 de snecma) a été financé pendant plus de 5 ans à perte...par l'Etat.
Au mieux il y a eu coopération entre les nations, ce fut le cas pour Ariane, m'enfin c'était quand même un leadership de l'état français et plus de la moitié des sous venaient du contribuable français.
L'industrie française ne s'est jamais aussi mal portée depuis que l'état fait des économies.
2) Qu'avez-vous donc contre les fonctionnaires ? Les profs et les instits nous coûtent de l'argent parce qu'ils sont fonctionnaires ? Mais si demain ils étaient tous sous contrat privé...eh bien ils feraient pourtant le même travail.
Réponse de le 02/11/2015 à 20:23 :
Je confirme ce que dit totoff, il faut sauver ce bijou. Tout le monde l'utilise, tous les pays, c'est INDISPENSABLE. Et moi aussi je préfère payer des impôts pour ce centre de recherches
Réponse de le 02/11/2015 à 21:48 :
Mais qu'est-ce que vous nous racontez là, Totoff : les Chinois sont venus à Modane pour tester leur avion ??? n'importe quoi.
Ah les trolls …..
a écrit le 02/11/2015 à 10:43 :
La première question qui me vient à l'esprit est : pourquoi avoir construit cet outil sur un sol instable ? C'aurait pu être une centrale, n'y a t'il pas étude des sols préalable avant de construire une structure engageant des fonds citoyens à cette hauteur ? Pas d'assurance ? Pas de recours ?
La seconde question : cet outil fonctionne à pertes, n'est pas rentable et ne vit que de subventions publiques.
Consolider les sols demanderait encore un financement public à sortir de la poche des citoyens. Ne serait il pas plus logique de demander aux entreprises qui utilisent les services offerts de financer l'entretien de l'outil et les réparations ? De plus, à l'heure du Big Data et des algorithmes complexes, on peut modéliser de plus en plus facilement.
En conséquence, pour un outil, même de pointe, mais posé sur du gruyère, et qui est un puits sans fond des deniers du contribuable, ayant comme alternative possible des modèles de prévision informatiques, je proposerais soit un déménagement, (probablement moins coûteux) sur un sol stable (dûment vérifié) ou l'abandon d'un modèle qui ne fonctionne que grâce à des subventions et dont le budget ne sera jamais à l'équilibre.
Réponse de le 02/11/2015 à 12:20 :
Elle a été mise en service en 1952 ! Les recours pour défaut me semblent difficiles...
Réponse de le 02/11/2015 à 13:51 :
"elle a été mise en route en 1952 ??? alors il y a beaucoup plus performant aujourd'hui, ce qui peut expliquer que les industriels veulent de l'argent pour l'utiliser !!!!! c'est donc un outil parfaitement inutile
Réponse de le 02/11/2015 à 13:57 :
1952 : cela fait 80 ans que cette unité est en action : il y en a eu des milliards d'impôts de payé depuis ce temps : et on a jamais trouvé le moyen de réinvestir ce qu'il fallait ??? en revanche je suis bien sûr que les fonctionnaires qui y travaillent ont été fortement augmenté !!! mauvaise gestion c'est tout !!!!!!!!!!!!!!!!
Réponse de le 02/11/2015 à 15:20 :
Votre haine envers les fonctionnaires vous fait raconter n'importe quoi... Moi qui les défend très rarement, je vous trouve partial, beaucoup trop pour être audible.
Réponse de le 02/11/2015 à 20:30 :
Une petite vidéo de cette installation. C'est de la haute qualité technologique. https://www.youtube.com/watch?v=VNgqCN-8aRI
a écrit le 02/11/2015 à 10:31 :
Après le FRANCE, le CONCORDE, voici maintenant l'ONERA qui ont tous été financés avec l'argent public. Pour ce dernier dont les souffleries servent à la fois au public et au privé faisons appel au privé pour une fois.
Réponse de le 02/11/2015 à 12:52 :
Helas le prive veux de la rentabilite !
Or un projet rentable, on a oublier ce que cela signifie en France.
De plus, la recherche n'est rentable que sur le long terme grace a l’utilisation de brevet. Or en France, cette pratique n'est pas generalisee ! En France on se donne encore l'illusion de faire de la recherche pour la science pure, et pas pour les débouchés !
En fin, le secteur aeronotique a un retour sur investissement long et faible.
Ex : l'air bus a380, il a fallu 3 ans d etude en soufflerie pour mettre ou point la forme de l'avion, puis 2 ans pour cree la chaine de production, 2 ans pour la commercialisation, et encore 5 ou 7 ans pour vendre 250 avions afin que le projet soit au seuil de rentabilite !! C'est TROP long , c'est mort !
Réponse de le 02/11/2015 à 13:27 :
bien sûr qu'un industriel peut le prendre et attendre les retombées dans 20 ans : ceux qui ont encore de l'argent après passage des milliards d'impôts pour financer cet ONERA qui devrait d'ailleurs être financer par Airbus !!!!
de très nombreux industriels pourraient le financer si les milliards d'impôts n'étaient passé par là : et où sont allé ces milliards : dans la poche des fonctionnaires qui decidé de construire sur un terrain mouvant : elle est belle la France !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Réponse de le 02/11/2015 à 22:19 :
Bertrand, l'Onera fait payer très cherement les essais par Airbus, Dassault et consors. Ensuite les employés de l'Onera sont assimilés fonctionnaires et pas fonctionnaires. Enfin pour ce qui est des sables mouvants, il faut savoir qu'en 1946, il fallait trouver un site avec 800m de chute d'eau capable de balancer 16 tonnes d'eau par secondes pour faire tourner les 120000 cv de la soufflerie. En France il n'y avait pas d'autre endroit. En 57 et dans les années 90, il y a eu d'énormes crues de l'Arc et bien sur on ne peut pas prédire l'avenir des montagnes des alpes et des sous sols, c'est en perpétuel mouvement.
a écrit le 02/11/2015 à 10:07 :
Encore un exemple de plus de l'incurie de ces pleutres politiciens francais, incapables, juste bons a eructer et creer du vent.
Dommage que cet outil soit promis a la casse comme tant d'autres precedents.
Pauvre pays.
a écrit le 02/11/2015 à 10:00 :
A l'heure où les ordinateurs sont capables de modéliser les problèmes les plus ardus, avons-nous besoin d'un outil de ce genre ? Si oui, la note est à présenter aux utilisateurs !...
Réponse de le 02/11/2015 à 10:51 :
A Yves : oui on a besoin de ces souffleries car les outils numériques sont toujours calibrés en faisant un rebuilding (une reconstruction numérique) des essais menés en soufflerie (sinon on est à côté pour les conditions de décrochage par exemple etc.).
Comme je disais précédemment : les utilisateurs (les industriels) ne veulent pas payer, ils veulent même que s'il y a de l'argent de la part de l'Etat, c'est à eux qu'il faut le donner. Pour les souffleries, on ira en Chine ou aux US. Cela dit, il est possible qu'on ait bientôt un pouvoir politique non soumis aux grands lobbies.
Réponse de le 02/11/2015 à 13:39 :
les industriels ne veulent pas payer ou veulent payer le juste prix ??? il est regrettable de ne pas avoir leur avis !!!!!
a écrit le 02/11/2015 à 9:54 :
Ben oui, mais notre gouvernement vient juste d exempter les retraités d impots foncier, on peut pas tout faire (cajoler les vieux avant les elections ou investir, il faut choisir.)
a écrit le 02/11/2015 à 9:54 :
Une idée humoristique pour solutionner ce sujet. Transférer les essais au parlement, parce que là, il y beaucoup de vent et quelque fois des tempêtes verbales !
a écrit le 02/11/2015 à 9:52 :
Cette soufflerie ne sera pas réparée vu le coût (le budget total de l'Onera est autour de 250 millions d'euro tout compris) et vu le point de vue industriel : la Chine construit ses propres souffleries qui seront prêtes d'ici moins de 10 ans et qui coûteront moins cher à utiliser. Un argument bien néolibéral. Accompagné de la désertification progressive du paysage industriel et scientifique de la France. Et cela, quel coût ça a ?
Réponse de le 02/11/2015 à 13:20 :
on laisse cela à un industriel français qui en a les moyens (je vous donne même une idée : si il le finance il se voit retirer son ISF !!!) : il attend que de nouvelles souffleries plus performantes arrivent et hop, le tour est joué !!!
Réponse de le 02/11/2015 à 22:24 :
Les ingénieurs du CMA de l'ONERA (Centre de Modane-Avrieux) ont une expérience exceptionnelle et unique. Il y a un savoir faire qu'il n'y a pas ailleurs, comme les balances dynamométriques etc... et les chinois même avec une soufflerie de dernière génération, ça ne fait pas tout. et puis il y a toujours les 3 autres souffleries à Avrieux qui fonctionnent au delà de mach1
a écrit le 02/11/2015 à 9:42 :
"Elle a vu passer tous les grands programmes civils et militaires de l'aéronautique française comme l'A380, l'A350, ou encore le Mirage, le Rafale... "
Ok, donc pourquoi est-ce encore à l'Etat de payer ? Ce sont les mêmes qui veulent couper dans le budget de l'Etat qui demandent qu'il paie pour les travaux !
Réponse de le 02/11/2015 à 13:25 :
Dans la mesure où l'ONERA est un organisme public, il semble normal que ce soit l'Etat qui paie. On paie bien pour les frais de bouche de notre président normal et pour ses sorties à cyclomoteur...
Mais il est vrai que notre gouvernement préfère payer les soins médicaux de la planète entière (CMU)...
a écrit le 02/11/2015 à 8:25 :
Il y a beaucoup d'argent à prendre sur tous les frais de notre gouvernement qui vit royalement (déplacements, COP21, organismes inutiles, primes en tous genres, ...) et à le transférer sur cet outil indispensable.
a écrit le 02/11/2015 à 8:06 :
donc cet organisme n'offre pas le moindre intérêt puisque en dépit des prétendus avantages qu'il offrirait il n'est pas financièrement autonome !!!
FONCTIONNAIRES A DEGAGER !!!!!
Réponse de le 02/11/2015 à 9:44 :
Sauf que ces chercheurs sont reconnus mondialement et permettront sans doute de trouver les évolutions techniques qui permettront à la France de rester parmi l'un des leaders dans l'aéronautique. Mais bon vous êtes comme nos politiciens, vision court terme n'ayant aucun esprit d’initiative et d'anticipation sur les évolutions de demain...
Réponse de le 02/11/2015 à 9:57 :
Si on se base sur ce qui est rentable a court terme, on ne developperait plus rien et on serait rapidement un pays du tiers monde !
Vous croyez que la NASA est rentable vous ?
La recherche scientifique ne peut pas etre rentable a court terme. entre le moment ou on a fait des lasers en labo et ou c est devenu rentable, ila fallu attendre 30 ans !
Réponse de le 02/11/2015 à 10:55 :
"n'offre pas le moindre intérêt" "n'est pas financièrement autonome" Bigre, qui a décidé qu'ils devaient l'être ? L'armée est "rentable" ?
L'ONF est obligé de planter des espèces qui poussent vite pour faire du chiffre et essayer d'avoir un "intérêt" à vos yeux (afin d'avoir des revenus rapidement, le chêne, faut attendre 200 ans avant vente, y a pas le temps).
En fait, vous pensez qu'il faut demander dix fois plus cher pour les tests et mesures afin d'avoir une rentabilité meilleure ? Cent fois si ça ne suffit pas. Le Service Public, c'est donc terminé.
Les chercheurs pourraient peut-être faire passer le permis de conduire aux gens (pour ajouter des crédits dans la caisse) ?
Réponse de le 02/11/2015 à 13:10 :
si cela n'est pas rentable il faut laisser Airbus s'en occuper ils financeront à long terme : un Etat ne peut chercher une rentabilité dans 30 ans : il faut bien faire les salaire de ces gens qui doivent en plus couter une fortune : laissez les entreprises riches financer cela : cela ne nous a jamais rapporter quoique ce soit sauf à enrichir des fonctionnaires !!!
Réponse de le 02/11/2015 à 13:17 :
qu'a-t-on à faire de chercheurs reconnus mondialement : il faut les payer non ?? et avec quoi ??? avec et toujours des taxes dont nous n'avons AUCUN RETOUR !!!!! ces chercheurs sont juste bons à se balader de colloques en colloques et bon restaurants A NOS FRAIS !!!! RAS LE BOL !!!!
Réponse de le 02/11/2015 à 13:32 :
Le personnel de l'ONERA n'est pas fonctionnaire (contrat de droit privé).
Les profs par exemple sont fonctionnaires, il faut les dégager ?
Notons que les ingé de l'Onera enseignent à l'Université et dans les grandes écoles (à supaero, à l'X...)
a écrit le 02/11/2015 à 7:59 :
une reference de plus a l'inaction et l'incompétences des dirigeants politique
sur les vision industriel de la nation
leur seul et unique raison de gouverner par les taxes et impots
et non par les benefices
tand que cette vision sera la ref nul avenir pour le pays
trop occuper a ecrire des reglementations digne de pays totalitaires
et non liberte ,couper les vivres au etablissement de recherche*autan interdire au chef de l'etat de se nourrir et de voyager

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