Renault vise une production de 5.000 berlinettes Alpine par an à 35-40.000 euros

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Copyright Reuters (Crédits : Renault 2011)
La future Alpine devra ressembler à la berlinette originelle des années 60 avec une production à Dieppe, l'usine historique de la marque. Renault vise 5.000 unités annuelles. La firme cible un prix bien plus abordable que celui d'une Porsche, de 35 à 40.000 euros.

« Les choses avancent. Il n'y a pas d'obstacle insurmontable aujourd'hui » à recréer la célèbre marque sportive Alpine, affirme cette fin de semaine Carlos Tavares, Directeur général délégué de Renault, dans le cadre du « Festival de la vitesse » de Goodwood, dans le sud de l'Angleterre, qui rassemble les passionnés de sport automobile. Pour cette nouvelle voiture emblématique, reprenant un label qui eut son heure de gloire en remportant le championnat du monde des rallyes au début des années 70, « la cible est un prix autour de 35-40.000 euros », explique à latribune.fr Jean-Pascal Dauce, Directeur de la compétition de Renault Sport. Le véhicule pourrait développer « 200-250 chevaux » rester assez léger en pesant « 1,2-1,3 tonne », avec des dimensions très contenues de « moins de 4,30 mètres de long ».

Production à Dieppe

« L'idéal serait d'en produire 5 à 10.000 par an, avec une fabrication dans l'usine historique de Dieppe (Seine maritime) », précise Jean-Pascal Dauce. D'autres sources internes plus pessimistes - ou réalistes - estiment toutefois que « 5.000 exemplaires par an ce serait déjà bien ». Même si la « décision formelle sera prise avant la fin de l'année », on sent l'enthousiasme des ingénieurs et de Carlos Tavares lui-même, passionné de sport automobile, pour la recréation de ce label mythique. Il est donc a priori difficile d'imaginer que le projet Alpine ne reçoive pas finalement le feu vert. "Il n'y a pas d'autre sujet qui nous vaille autant d'encouragements et de courrier au sein de la société », reconnaît en effet Carlos Tavares.

Style rétro

« Vingt à trente personnes travaillent déjà à plein temps sur ce projet »,assure Jean-Pascal Dauce. A quoi ressemblera la voiture ? « Une vraie Alpine doit ressembler à la berlinette A 110 (la mythique voiture des années 60 et début 70) », indique Laurens van den Acker, patron du design de Renault, qui précise : « la Mini et la Fiat 500 sont deux bons exemples ». A bon entendeur... Si la décision est prise en fin d'année, la voiture, à vocation mondiale, peut arriver sur le marché dans trois ans, c'est-à-dire au milieu de la décennie.

Déjà trois tentatives

Renault n'en est pas à sa première tentative de recréer Alpine. Trois projets pour faire revivre la marque ont déjà vu le jour. "Il y a eu la W71 (nom de code) au début des années 90, une autre voiture dix ans plus tard et une dernière en 2010", se souvient Jean-Pascal Dauce. Mais, les trois projets ont buté sur une équation économique impossible, faute de rentabilité réelle. Cette fois sera-t-elle la bonne? En tous cas, la marque s'appellerait officiellement « Alpine Renault » d'après nos sources. De façon à associer directement Renault et faire rejaillir l'image d'Alpine sur la firme au losange elle-même. « Avec Alpine, on a un vrai capital », souligne Carlos Tavares.

Une marque créée en 1955

Créée par un concessionnaire Renault, Jean Rédélé, à Dieppe (Seine maritime), Alpine a vécu quarante ans d'histoire passionnelle et... mouvementée. Tout démarre en 1955 avec un petit coupé, présenté au salon de Paris sous le nom de " Alpine Mille Miles" , qui repose sur une modeste base de 4CV avec une carrosserie en polyester légère et aérodynamique. Tout Alpine est déjà là. La Berlinette A108 est dévoilée pour sa part en 1960. Un véhicule-clé, qui servira de base à la très célèbre Tour de France A1 en 1962. Elle devient la voiture sportive française par excellence, relativement chère, délicate à piloter, exiguë, mais d'une légèreté et d'une agilité phénoménales. Ce sont ces atouts qui lui permettront de contrer efficacement les Porsche, bien plus puissantes. Alpine gagne enfin le titre mondial des rallyes en 1973. L'heure de gloire.

L'échec du Porsche à la française

Pour devenir le Porsche à la française dont on parle déjà, Jean Rédélé comprend qu'il lui faut sortir une voiture plus vaste, plus cossue, moins difficile à conduire. Ce sera l'A310, présentée au salon de Genève en 1971. Cette A310 héritera ensuite d'un moteur V6. Mal finie, dotée d'une motorisation moins noble que la concurrence, elle n'aura pas le génie de la berlinette, malgré ses qualités indéniables. A trop grossir, l'Alpine perd  ses qualités de base (compacité, légèreté, simplicité). Le déclin s'amorce. L'A310 sera remplacée en 1985 par la GTA. Entre-temps, Renault aura repris Alpine et ajouté à la gamme une petite R5 Alpine, au milieu des années 70. Cette simple R5, juste plus puissante et légèrement modifiée, concurrencera (mal) la nouvelle Golf GTI, une bombinette qui deviendra fameuse, elle, dans le monde entier.

Chant du cygne

En 1991, Renault sort l 'A610 avec un V6 turbocompréssé de 250 chevaux. Las. Les ventes resteront confidentielles. En France, ce marché des GT n'est pas porteur à cause d'une fiscalité dissuassive (déjà!) et des limitations de vitesses. Et, à l'étranger, le nom d'Alpine n'évoque plus rien, car la marque s'est retirée à la fin des années 70 de la compétition. Et puis, Renault a d'autres chats à fouetter... Pour ne rien arranger, la qualité et la fiabilité sont franchement mauvaises. Inacceptable à ces niveaux de prix, quand on veut rivaliser avec les labels mondiaux les plus prestigieux. Du coup, en 1995, Renault annonce la fin d'Alpine, dans l'indifférence générale! Vite, on attend une renaissance pour que l'automobile française fasse de nouveau rêver...

 

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Commentaires
a écrit le 12/11/2012 à 21:57 :
Faite exactement la même .......juste un moteur nouvelle génération c est tout merci bon courage

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