Appareils électriques : le recyclage progresse, au dépit du "gisement dormant"

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Les divers canaux par lesquels passent la collecte et le recyclage de ces appareils ont tous bénéficié d'une augmentation des gisements rapportés par les habitants, les consommateurs, les donateurs et les professionnels.
Les divers canaux par lesquels passent la collecte et le recyclage de ces appareils ont tous bénéficié d'une augmentation des gisements rapportés par les habitants, les consommateurs, les donateurs et les professionnels. (Crédits : Reuters)
En 2016, 10 kilos de déchets électriques et électroniques ont été collectés en France par habitant, contre 2,5 kilos en 2006, constate l'éco-organisme agréé Eco-systèmes. Les Français conservent toutefois encore chez eux entre 5 et 11 appareils inutilisés.

Les résultats dépassent désormais les objectifs réglementaires: en 2016, le taux de collecte des déchets électriques et électroniques (DEEE) -à savoir le rapport entre le tonnage collecté et la moyenne des mises sur le marché des trois années précédentes-, s'est élevé à 49,2%, alors qu'une performance de 45% était exigée par le droit français. En 2016, en France, le volume de ces appareils usagés récoltés pour être recyclés a atteint les 666.000 tonnes, soit 10 kilos par habitant: ce qui représente une hausse d'un peu plus de 10% par rapport à 2015, lorsque 9 kilos en avaient été collectés par Français, se réjouit dans son bilan annuel Eco-systèmes.

En 2007, année suivant la création de cet éco-organisme agréé, qui capte 80% de ces déchets, seulement 2,5 kilos par habitant avaient d'ailleurs été récupérés. En dix ans d'existence, Eco-systèmes a en aura collecté à lui seul 3,2 millions de tonnes, dont plus de 450.000 ont été confiées aux réseaux de l'économie sociale et solidaire, permettant la réutilisation de 3,4 millions d'appareils et la création de plus de 4.000 emplois à temps plein.

Ecrans comme petits appareils électriques concernés par l'amélioration

L'amélioration du taux de collecte en 2016 concerne l'ensemble des familles d'appareils, avec des variations comprises entre 5 et 16%, souligne Eco-systèmes. Le meilleur résultat a été réalisé par le flux des écrans, qui baissait pourtant depuis 2011: un changement de tendance dû probablement au passage à la TNT HD ainsi qu'à l'Euro et aux Jeux olympiques de l'été, ayant poussé les consommateurs à changer d'écran. Le recyclage des gros appareils hors froid (de chauffage par exemple) a lui aussi progressé sensiblement (14,2%), comme d'ailleurs celle des petits appareils électriques (10,8%), qui semble avoir bénéficié des campagnes de sensibilisation auprès des consommateurs, constate l'éco-organisme.

Les divers canaux par lesquels passent la collecte et le recyclage de ces appareils ont tous bénéficié d'une augmentation des gisements rapportés par les habitants, les consommateurs, les donateurs et les professionnels: c'est le cas des déchetteries (qui récupèrent plus de la moitié du tonnage de DEEE), des enseignes de grande distribution et des magasins spécialisés (qui en récoltent un cinquième) mais aussi des récupérateurs professionnels (15%) et des acteurs de l'économie sociale et solidaire. Eco-système insiste toutefois sur le développement particulier des partenariats conclus avec les installateurs d'appareils électroménagers, s'engageant à confier les produits repris à leurs clients à des prestataires spécialisés: le nombre de ces contrats est passé de 0 à 380 en deux ans, souligne le directeur général de l'éco-organisme Christian Braibant.

14 kilos, l'objectif pour 2019

Quant à l'avenir, "nous sommes conscients qu'il y a encore beaucoup de travail à faire", admet toutefois ce dernier, cité par l'AFP, notamment au vu de l'objectif quantitatif de 14 kilos d'appareils par an et par habitant fixé par l'Union européenne pour la fin 2019. Dans cette perspective, le défi est notamment représenté par le "gisement dormant": les quelque 5 à 11 objets inutilisés (notamment des appareils à photos et des téléphones portables) que, selon une étude menée par la filière en 2015, les Français stockent chez eux, au milieu d'une centaine d'appareils électroniques possédés. Il s'agira notamment de briser la relation "particulière, au cœur de leur intimité" que, selon une étude menée pour Eco-systèmes par la chercheuse Valérie Guillard de l'Université Paris Dauphine, les "gardeurs", détenant en moyenne 8 appareils inutilisés, entretiennent avec leurs objets, fondée selon les cas sur des critères sociaux, affectifs, économiques ou pratiques.

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Commentaires
a écrit le 25/01/2017 à 10:42 :
Conserver chez soi n'est pas le problème, c'est jeter à tort et à travers qui l'est.

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