Londres 2012 : les sponsors brouillent l'image de Jeux Olympiques "verts"

 |   |  635  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Avant même la cérémonie d'ouverture de vendredi à Londres, les objectifs ambitieux fixés pour faire de ces JO "les plus verts jamais organisés" semblent hors d'atteinte. Mais la polémique enfle surtout sur le choix des sponsors, à l'image du sidérurgiste ArcelorMittal, le chimiste Dow Chemicals, marqué à jamais par la catastrophe de Bhopal en Inde, ou encore le pétrolier BP, responsable de la marée noire du Golfe de Mexique...

L'idée ne date pas d'hier. Les promesses de Jeux Olympiques "plus verts que verts" sont presque aussi vieilles que le concept de développement durable. Depuis les Jeux de Barcelone en 1992, année qui a vu l'avènement des agendas 21 dans la foulée du Sommet de la Terre de Rio, et à mesure que le "green business" est devenu tendance et l'opinion publique toujours plus concernée par l'impact social et environnemental de toute manifestation d'envergure, les objectifs se font plus ambitieux et plus précis, et les technologies mobilisées plus efficaces.

Après la construction en 1992 à Barcelone du village olympique selon les principes de l'éco-design, la mise en place d'un programme environnemental global pour les JO d'hiver à Lillehammer (Norvège) deux ans plus tard, l'équilibre financier atteint par Atlanta en 1996 grâce notamment à l'exploitation des équipements sportifs après les Jeux, c'est à Sydney en 2000 que les plus gros efforts ont été faits : édiction de "règles environnementales", alimentation du village olympique en énergie solaire, moyens de transports en commun sobres en carbone...

Le stade olympique le plus vert jamais construit

Pour les Jeux de 2012, Londres a fait appel dès 2005 aux ONG BioRegional et WWF pour établir sa stratégie durable intitulée "Towards a One Planet Olympics". Ces mêmes organisations, qui ont prévu d'effectuer un bilan sur ces sujets à l'issue des Jeux, ont d'ores et déjà publié un premier rapport. Parmi les points positifs, on relève les importants investissements réalisés pour favoriser les déplacements "doux (marche à pied et bicyclette), la construction sur des terrains vagues qui ont été dépollués pour l'occasion et promis à la réhabilitation après les Jeux, l'utilisation de matériaux recyclés ou recyclables pour la construction des équipements sportifs, transportés par train ou voie fluviale, le vélodrome climatisé à l'air ambiant... Le stade olympique lui-même promet d'être "le plus vert jamais construit". Un béton bas carbone, 75 % d'acier en moins... sa construction a généré 40 % d'émissions de CO2 en moins par rapport à celle d'un stade lambda.

En revanche, le rapport pointe du doigt des émissions de gaz à effet de serre et des quantités de déchets, qui s'annoncent globalement plus élevées que promis. En cause, notamment, une moindre part des énergies renouvelables qu'annoncé initialement : 10 % au lieu des 20 % prévus. L'installation d'une éolienne à proximité du stade a par exemple été impossible pour des raisons de sécurité.

La flamme olympique portée par Lakshmi Mittal au grand dam des syndicats

Mais c'est un tout autre aspect qui cristallise les critiques à l'égard de ces jeux "pas si verts : le choix comme sponsors officiels d'entreprises particulièrement mal vues des défenseurs de l'environnement. C'est le cas du chimiste Dow Chemicals (qui semble marqué à jamais par le dramatique accident de son usine de Bhopal en Inde en 1984) ou de BP (plus connu pour la marée noire du Golfe du Mexique ou son implication dans l'exploitation de schistes bitumineux en Alaska). Jusqu'aux médailles, fabriquées par le géant de l'exploitation minière Rio Tinto, régulièrement mis en cause sur l'environnement ou les droits de l'homme.

Dernier scandale en date, l'annonce ce mardi, sur le site officiel des JO, que la flamme olympique serait portée jeudi dans les quartiers londoniens de Kensington et Chelsea par Lakshmi Mittal, propriétaire d'ArcelorMittal, et son fils. Les syndicats belges de la métallurgie n'ont pas tardé à faire part de leur écoeurement auprès du Comité international olympique (CIO). "Depuis que Monsieur Mittal est devenu le numéro un de l'acier, il a congédié directement près de 70.000 travailleurs" dans le monde, accusent les syndicats. "L'important, c'est de participer"... la devise olympique n'a jamais aussi bien porté son nom.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/08/2012 à 12:57 :
Les sponsors de tous bords ont investi sans crainte dans ces J.O car en Angleterre tu récupères toujours Tamise ,c'est bien connu ! Pour le reste l'argent n'a pas d'odeur ici comme ailleurs !
a écrit le 25/07/2012 à 16:45 :
Le choix des sponsors en dit long sur la bêtise, la malhonêteté et/ou le cynisme des organisateurs...
Réponse de le 27/07/2012 à 7:11 :
Le choix des sponsors en dit long sur la capacité du monde entier à fermer les yeux sur les évênement de Syries, à accepter que la Syrie se transforme en une nouvelle Tchétchénie, et finalement a utiliser les Jeux Olympiques pour detourner l'attention et offrir a Assas l'occasion d'un nouveau massacre.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :