L’arme secrète de Bouygues pour SFR : une clause de non-exécution colossale

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Afin d'atténuer les doutes du conseil de Vivendi sur l'aléa réglementaire d'une fusion de Bouygues et SFR, Martin Bouygues aurait promis plusieurs centaines de millions d'euros à Vivendi en cas d'échec de l'opération.
Afin d'atténuer les doutes du conseil de Vivendi sur l'aléa réglementaire d'une fusion de Bouygues et SFR, Martin Bouygues aurait promis plusieurs centaines de millions d'euros à Vivendi en cas d'échec de l'opération. (Crédits : reuters.com)
Selon nos informations, le groupe Bouygues a ajouté dans son offre améliorée déposée jeudi chez Vivendi un montant d’indemnisation de plusieurs centaines de millions d’euros si le rachat de SFR était retoqué par les autorités de concurrence.

Bouygues n'a pas seulement amélioré la partie en cash de son offre d'achat de SFR, dans la nouvelle version déposée jeudi dernier auprès de Vivendi. Selon une source proche des discussions, le groupe de BTP a ajouté une clause de non-exécution d'un montant colossal, « entre 500 millions d'euros et un milliard d'euros. » Sorte d'indemnité de rupture ("break-up fee"), cette somme serait due par Bouygues à Vivendi si le rachat de SFR était retoqué par les autorités de concurrence ou si les « remèdes » imposés par le gendarme des concentrations annihilaient l'essentiel des synergies, estimées à 10 milliards d'euros. C'est dire l'importance stratégique que revêt l'opération aux yeux de Martin Bouygues.

Lever l'aléa réglementaire

Une autre source proche des discussions confirme l'existence de cette "breakup fee" énorme mais évoque un montant « maximum de 500 millions d'euros. » De quoi malgré tout sérieusement alléger les doutes du conseil de surveillance de Vivendi sur l'aléa réglementaire, sur l'exécution de la transaction, l'un des points faibles de l'offre de Bouygues face à celle de Numericable. « C'est déjà payé cher le temps perdu ! » observe cette source. Une troisième source proche des discussions confirme que « Bouygues a fortement relevé la clause de non-exécution afin de montrer qu'il n'a aucune inquiétude sur le passage de l'autorité de concurrence. »

Interrogé, le groupe de BTP n'a fait aucun commentaire. Vivendi s'en tient pour l'instant « par éthique » à ses discussions exclusives avec Altice, la maison-mère du câblo-opérateur, et n'a pas prévu de discuter de cette offre avant la fin de la période d'exclusivité, le 4 avril. Mais cette clause pourrait rééquilibrer la balance à l'avantage de Bouygues.

A titre de comparaison, l'américain AT&T avait dû payer 3 milliards de dollars en cash d'indemnités de rupture à Deutsche Telekom après que les autorités anti-trust eurent bloqué son rachat de T-Mobile USA en 2011, un mariage à 39 milliards de dollars.

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Commentaires
a écrit le 26/03/2014 à 11:38 :
Ce que je trouve hallucinant , c'est le soutien du gouvernement pour Bouygues alors que ces derniers sont massivement équipés par des fournisseurs chinois tel que huawei afin de réduire les coûts et augmenter leurs marges,
Numericable s'est engagé à acheter des fournisseurs francais tel que Alcatel, qu'en est il de bouygues ??? Le gouvernement devrait regarder l'existant avant de soutenir un opérateur.
Réponse de le 26/03/2014 à 15:26 :
je n'ose même pas imaginer si ce soutien avait été apporter par le gouvernement sous la présidence Sarkozy, ami proche de Martin Bouygues. La Gauche aurait crié au scandale !!! Là, personne ne demande rien alors que les justifications sont pour le moins floues...
a écrit le 25/03/2014 à 8:32 :
La proposition de Bouygues est montée avec la complicité du gouvernement. Il peut donc y inclure toutes les garanties.
Réponse de le 25/03/2014 à 12:27 :
Un remaniement ça arrive, et bien évidemment l'état n'a pris aucun engagement écrit puisque ça ouvrirait la voie à une action en justice. Bouygues est en train de jouer à la roulette russe et avec la défaite PS aux municipales, le barillet vient de se remplir de 2 balles supplémentaires.
a écrit le 25/03/2014 à 6:48 :
La proposition de Bouygues a été rédigée avec la complicité du gouvernement. Il peut donc y inclure toutes les garanties, car il sait que cela ne sera pas retoqué.
a écrit le 24/03/2014 à 22:18 :
ggd
a écrit le 24/03/2014 à 19:16 :
l ´epine pourrait venir de la ou l on l attends le moins !
en bon entendeur salut !
ho toi qui m écoutes ...!
a écrit le 24/03/2014 à 18:40 :
Pas à dire il s'accroche le maçon. Gare à la casse sociale si il passe, par contre là c'est sur et même béton si j'ose dire.
a écrit le 24/03/2014 à 18:17 :
J'ai envie de manger un gros bout de patate frit désolé j'ai fais une fote ça me fait vomir, ça pique les yeux, un peu comme ma bicyclette.
a écrit le 24/03/2014 à 18:09 :
&-ans lol jhe n'aime pas ce mot
a écrit le 24/03/2014 à 18:09 :
Ouarf ouarf ouarf...aucun risque pour Bouygues...vous les avez déjà vu payer une breakup fee vous ? Et vous vous souvenez de ce que disait Francis Bouygues, le fondateur : un contrat, un contentieux. Avec ça il a toujours économisé - ou fait cracher, c'est selon - 10% de tous ses contrats...

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