Comment l’intelligence artificielle va révolutionner les télécoms

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Pour Stéphane Richard, le PDG d'Orange, l'IA pourrait notamment bientôt permettre de délester ses troupes des travaux les plus répétitifs.
Pour Stéphane Richard, le PDG d'Orange, l'IA pourrait notamment bientôt permettre de délester ses troupes des travaux les plus répétitifs. (Crédits : Reuters)
A travers le monde, des grands opérateurs comme Orange, Softbank ou Telefonica misent sur les dernières avancées en matière d’intelligence artificielle pour mieux gérer leurs relations avec les clients ou déployer de nouveaux services à forte valeur ajoutée.

Rares sont les industriels, aujourd'hui, à ne pas se demander comment l'intelligence artificielle (IA) est susceptible de bouleverser leur modèle économique. Il faut dire que les dernières avancées en matière de « deep learning » (méthode d'apprentissage automatique permettant par exemple à un programme de reconnaître des mots à l'oral ou des objets sur une image) s'avèrent prometteuses. Elles ouvrent le champ des possibles en matière d'applications et de services nouveaux. Ces avancées, l'industrie des télécoms compte bien en profiter. Partout dans le monde, de grands opérateurs investissent beaucoup d'argent et mobilisent leurs chercheurs pour bénéficier des progrès de l'IA. Parmi eux, on trouve des poids lourds, à l'instar d'Orange, du nippon Softbank, ou encore de l'espagnol Telefonica.

En France, l'opérateur historique a fait des technologies de l'IA une priorité stratégique. Ce jeudi, au salon dédié aux startups et à l'innovation VivaTech, Stéphane Richard, le PDG d'Orange a dressé un vaste catalogue des domaines susceptibles d'être révolutionnés ces prochaines années. En premier lieu, l'opérateur historique veut faire son nid dans le monde des assistants personnels. A l'instar des géants américains Microsoft, Apple, Amazon ou Google, Orange a dévoilé au printemps dernier Djingo, son propre assistant vocal pour la maison. Celui-ci prend la forme d'une petite enceinte, avec laquelle on peut converser pour piloter ses objets connectés ou accéder à des conseils personnalisés. Développé avec Deutsche Telekom, Djingo est censé apprendre des interactions avec son interlocuteur. Ce qui lui permettrait, au fil de l'eau, de cerner sa personnalité et donc de mieux saisir ses desiderata.

Les promesses de l'IA dans la santé

L'autre domaine où l'IA constitue un sacré atout pour Orange, c'est la relation client. C'est la raison pour laquelle l'opérateur s'est associé avec Watson, l'intelligence artificielle d'IBM, pour proposer un conseiller virtuel aux futurs clients d'Orange Bank. Parmi les avantages, celui-ci sera joignable via un « chat » à n'importe quel moment de la journée. Et si Orange garde des conseillers classiques pour les clients les moins technophiles ou qui n'apprécient guère converser avec des machines, cette IA lui permettra aussi de faire des économies en matière de ressources humaines.

Dans la même idée de faire évoluer la relation client, Stéphane Richard a fait référence à la possibilité, à terme, de remplacer des employés de call centers par des « bots » - c'est-à-dire des assistants virtuels -, pour les demandes et requêtes les plus classiques. A l'en croire, déléguer de la sorte ces tâches répétitives permettrait à Orange de conserver ses troupes pour les travaux à plus forte valeur ajoutée. Mais on peut se dire, une fois encore, que ce levier pourrait aussi constituer un moyen de diminuer substantiellement ses effectifs, et donc de faire des économies. Enfin, Stéphane Richard estime que l'IA permettra de résoudre bien des problèmes dans la santé. En Afrique, où l'opérateur est très présent, trouver un médecin hors des grandes villes relève parfois de l'impossible, explique-t-il. Ainsi, poursuit le PDG, des « outils intelligents de diagnostic médical à distance » pourraient changer la donne.

Softbank, un acteur de premier plan

Sur le Vieux Continent, Telefonica capitalise aussi sur l'IA pour trouver de nouveaux relais de croissance. Au dernier salon international du mobile de Barcelone, au début de l'année, l'opérateur historique espagnol a ainsi présenté Aura, un nouvel assistant personnel. Dopé à l'intelligence artificielle, celui-ci doit permettre à ses clients de faire l'inventaire des données qu'ils génèrent sur le Net. Et surtout, de choisir s'ils souhaitent les partager avec d'autres acteurs (comme les très gourmands géants américains Google, Amazon, Apple et Facebook), moyennant une rémunération ou un service spécifique. Ce faisant, Telefonica espère que ces monceaux d'informations permettront de générer beaucoup de nouveaux services. Ce qui lui permettrait de se positionner comme un partenaire privilégié pour quiconque a besoin des données de ses dizaines de millions de clients. Si Telefonica arrive à ses fins, il pourrait devenir un acteur de premier plan dans le domaine de l'intelligence artificielle. Car dans ce domaine, les données sont un carburant indispensable. Sans elles, aucune IA, aussi perfectionnée soit-elle, n'est en mesure d'apprendre quoi que ce soit, et donc de fonctionner correctement.

Au Japon, l'IA émoustille particulièrement Softbank, l'opérateur du bouillonnant homme d'affaires Masayoshi Son. Ce dernier s'est mis en tête de préparer son groupe à l'ère de la « singularité » - un concept qui fait débat et caractérise le moment où les machines seront plus intelligentes que les hommes. Des robots aux puces pour smartphones, Masayoshi Son investit des dizaines de milliards de dollars dans des technologies de pointe. Celles qui, à l'en croire, seront bientôt indispensables pour intégrer cette intelligence nouvelle dans les processus, applications et services de demain. C'est la raison pour laquelle Softbank a investi, en mai dernier, quelque 4 milliards de dollars dans Nvidia, le spécialiste américain des processeurs graphiques. De fait, ces derniers sont aujourd'hui très demandés en matière de « deep learning », notamment pour tout ce qui relève de l'analyse des images et vidéos. Un créneau qui s'avère par exemple essentiel pour le développement des voitures autonomes.

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a écrit le 19/06/2017 à 16:31 :
Elle laisse un goût bizarre dans la bouche cette intelligence artificielle qui fait travailler les clients qui doivent gérer eux-mêmes leurs lignes en ligne sur internet pendant que les salariés sont brutalisés dans des openspaces invivables dans des banlieues les salariés de l'innovation orange sont 3 fois plus violentés et harcelés au travail que leurs collègues. Des agents sont employés à temps complet pour bousiller la vie des salariés jusqu'aux drames qu'on connaît et qui n'ont pas cessé même si les médias n'en parlent plus. La caste dirigeante d'orange l'ignore totalement et s'octroie rémunérations et stocks options délirants en toute discrétion sans compter les voitures et les voyages dolce vita dans les plus beaux spots de la planète entre les fêtes au festival de cannes et Roland garros la plus belle loge du central pendant que les salariés c'est entre 0 et 1% d'augmentation annuelle. notre réseau télécom payé par les français depuis plus de 50 ans est pillé de la sorte
a écrit le 16/06/2017 à 15:24 :
Ce qui est dingue, c'est que des boîtes ENORMES ne sont que des fashion victims. Causer avec ses objets "connectés" (il le sont depuis toujours... au courant !), cela rappelle l'automobile. Il y a peu (10 ans), a été institué l'i/f vocal avec sa toto. Cela n'a pas duré bien longtemps, tellement c'était ch... et n'apportait AUCUNE valeur ajoutée. Les "innovations" ne sont jamais là où on les pense. Les réseaux (communautaires) ont émergé sur des secteurs géographiques précis. Et ils ont mué vers les plus grands syphons à pognon du monde... L'intelligence artificielle, parlons en: il suffit que vous ayez acheté, par exemple, une balayette à WC en ligne, pour que tous les jours on vous demande si vous n'en n'avez pas besoin d'une autre... Il y a bien sûr des effets souhaitables (télémédecine, etc) mais c'est marginal. Ayant connu les tout débuts de l'informatique (laquelle n'est pour rien dans la course à l'extinction de l'Humanité), je suis assez satisfait d'être en passe de NE PAS connaître la suite...
a écrit le 16/06/2017 à 14:37 :
Super! bientot, plus besoin d'appuyer sur le bouton de la cafetiere. on pourra dire a son robot qu'il dise a la cafetiere de s'allumer.
Ah, au fait,.... qui met le café?
Réponse de le 16/06/2017 à 21:50 :
Même pas besoin de parler au robot , le seul fait de penser au café ....et aussitôt il coulera à la bonne température dans la bouche .....et pour répondre à la question : qui met le café? personne car le café comme tout le reste sera virtuel ......en fait c'est ça l'IA un monde qui existe sans exister.....voilà qui donne à méditer pour les futurs candidats au bac de philo !!!
Réponse de le 17/06/2017 à 12:28 :
à kikafe ; tout juste et qui va m'apporter ce café (certains jours) au lit ...
Pas au piont, tout ça ...
a écrit le 16/06/2017 à 9:43 :
Encore une revolution ?
decidemment on va de guerre civile en guerre civile.
On arrete pas le progrès c'est meme à ça qu'on le reconnait, il ose tout !

C'est la révolution permanente ! serait-ce qu'on tourne en rond ?
Réponse de le 16/06/2017 à 22:02 :
" c'est même à ça qu'on le reconnait" attention au plagiat !!!!
a écrit le 16/06/2017 à 8:49 :
Watson : Utilisé dans une banque française depuis plus deux ans. Bonne nouvelle : Les banques sont toujours en avance sur les Telecom !

Plus sérieusement, au-delà des apports de l'AI à court terme, la 5G constituera un accélérateur majeure de son développement et sa dissémination dans les secteurs les plus improbables. Qui dit accélération, dit plus grande instabilité et donc de nouveaux risques à gérer.
L'Humanité dispose donc de quelques années pour s'y préparer afin de faire de cette révolution une chance et un gisement d'opportunités et de richesse pour le plus grand nombre !

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