Lutte contre le piratage : "Les professionnels de la pub sont prêts à collaborer"

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Les publicités que l'on trouve sur les sites pirates ne respectent pas les bonnes pratiques dans ce domaine, assure Le Directeur général d'IAG France.
Les publicités que l'on trouve sur les sites pirates ne respectent pas les bonnes pratiques dans ce domaine, assure Le Directeur général d'IAG France. (Crédits : DR)
Fleur Pellerin veut que les publicitaires s'engagent à ne plus être présents sur les sites illicites. Les acteurs de la publicité coopéreront, assure Stéphane Hauser, directeur général d'IAB France. Il estime toutefois que le marché s'autorégule depuis quelque temps.

Fleur Pellerin accélère la lutte contre les sites pirates. La ministre de la Culture et de la Communication a annoncé, jeudi 2 janvier l'élaboration d'"une charte d'engagement des professionnels de la publicité contre les sites illicites". Par ce biais, elle espère que les publicitaires s'engageront à ne plus être présents sur les sites pirates (téléchargement et streaming illégaux notamment).

La charte sera débattue avec les professionnels de la publicité et devrait être finalisée en février 2015.

Stéphane Hauser est directeur général, d'IAB (Interactive Advertising Bureau) France, une association travaillant avec des annonceurs et leurs agences conseil "pour les aider à intégrer Internet efficacement dans leur stratégie, leur proposer des standards et des exemples de pratiques professionnelles". Son organisation sera présente au tour de table du ministère.

La Tribune. Comment accueillez-vous l'élaboration de cette charte ?

Stéphane  Hauser. Nous accueillons de façon très positive toutes les réflexions gouvernementales au sujet du respect des droits d'auteurs et nous ne sommes pas les seuls. Les professionnels de la publicité en général sont prêts à collaborer dans la mesure de leurs moyens avec le gouvernement.

Il faut rappeler que ce qui est proposé, c'est une charte, pas une loi. Je ne vois pas pourquoi nous serions déçus. Notre rôle sera de transmettre les messages et recommandations du gouvernement. Nous rencontrerons le médiateur (Julien Neutres) en fin de semaine. Les moyens de lutte ne sont pas définis, nous ne savons pas clairement ce qui sera discuté, mais des pistes existent. L'une d'elles, évoquée dans le rapport Imbert-Quaretta [du nom de la présidente de la commission de protection des droits de la Hadopi, Ndlr], est de retirer purement et simplement les publicités sur ces sites.

Il faut rappeler que les publicités que l'on trouve sur les sites pirates ne respectent pas les bonnes pratiques dans ce domaine. On y trouve par exemple des "pop-under" avec le son allumé par défaut [une fenêtre sonore se déclenche sans action de l'internaute, sous la fenêtre active du navigateur, Ndlr].

Où en sont les pratiques des publicitaires aujourd'hui ?

Il y a une évolution positive des pratiques et une utilisation des outils qui va dans ce sens.  Très attachés à leur image, nos membres (annonceurs) ainsi que l'industrie en général, utilisent de plus en plus des services d'"Ad Verification" [procédé qui leur permet d'éviter d'être présents sur des sites qu'ils ne veulent pas investir, en les filtrant par adresse Internet ou mots-clés, Ndlr]. Ils mandatent des agences ad hoc pour éviter les sites à caractère pornographique ou ne respectant pas le copyright.

On retrouve parfois des publicités pour des marques connues sur ces sites...

On y trouve surtout beaucoup d'annonceurs low-cost. Toutefois, si aucun annonceur premium n'était présent, le gouvernement ne s'intéresserait pas à la question, et il n'y aurait pas eu le rapport Imbert-Quaretta.

Mais ces derniers sont plus rares, selon moi. On ne retrouvera pas Coca-Cola, PlayStation ou Oasis sur ces sites, par exemple. Cela va dans le sens de ce marché qui s'autorégule peu à peu.

Quelles barrières se dressent dans la lutte contre ces publicités sur les sites illégaux?

Je dirais la multiplicité des intervenants, la complexité du Web et le profil international de ces sites. Si les sites pirates disparaissent, c'est souvent pour mieux réapparaître ailleurs.

En outre, si nous connaissons vaguement l'audience de ces sites illicites, nous sommes incapables de quantifier les sommes qui y sont investies. Nous ne connaissons pas leur budget de fonctionnement.

    Lire >> La police suédoise a mis hors service les serveurs de The Pirate Bay qui n'a pas mis longtemps à réapparaitre ailleurs

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Commentaires
a écrit le 12/01/2015 à 13:44 :
Si les ayant droit voulaient vraiment la mort de ces sites, ils devraient au contraire les pourrir avec des pub, pop up et autres systemes intrusif et penible ;-)
Plus serieusement, le jour ou nos ayant droit lourdement subventionnes se rendront compte que c est pas en faisant ch... le client ou en ne lui fournissant pas ce qu il veut (je veux pas un DVD ni un film que ou je ne pourrais pas voir la suite dans 1 semaine si j ai pas eut le temps de regarder la fin ...)
Réponse de le 12/01/2015 à 18:36 :
Si ils voulaient vraiment supprimer les sites de piratages, c'est pas les états qui feraient cette lutte. C'est les grands groupes comme gaumont, mgm, pixar... qui devraient lutter en créant eux même des sites de téléchargement gratuit avec des résolution plus faible. En plus tous le monde pourrait télécharger des films qu'ils ne connaissent pas et ça nous inciterait à acheter ceux qui nous plaisent en DVD/blueray pour les voir en bonne qualité... En tout cas ça inciterait des personnes comme moi, alors que là j'attends de pouvoir les voir avant de les regarder et comme ils sont diffusés environ 2 ou 3 ans après leur sorties officielles, autant dire que je les achète à pas cher au lieu du plein tarif de la sortie officielle....

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