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Delphine Cuny | 29/10/2012, 18:37 - 873 mots
« Et si SFR se rapprochait d'Iliad ? » C'est le titre d'une note d'un courtier à ses clients qui a mis le feu aux poudres. Deux semaines après les folles rumeurs sur un rapprochement de SFR avec Numericable, retombées depuis, c'est un autre mariage qui est envisagé. Du moins par les analystes de Natixis qui s'interrogent dans une note sur Vivendi sur l'hypothèse d'un rapprochement de sa filiale avec la maison-mère de Free.
« Ce scénario n'est basé sur aucune rumeur, mais constitue, selon nous, une possibilité » précisent les analystes financiers. « Cette opération peut surprendre au premier abord » reconnaissent-ils, conscients de différents obstacles politiques, réglementaires et culturels, « mais fortement créatrice de valeur pour Vivendi. » Cette perspective n'a pourtant pas profité à l'action Vivendi, qui a chuté de 1,94% lundi. Ni à celle d'Iliad qui a cédé 0,47%.
Synergies estimées à au moins 1,3 milliard d'euros
Pas de commentaire officiel au siège d'Iliad. « Beaucoup de bruit pour rien. La même note peut être écrite avec Bouygues Telecom ! » ironise un membre de l'équipe dirigeante de Free. Les experts de Natixis excluent un mariage de SFR avec Bouygues Telecom « car cela conduirait à la création d'un duopole dans le mobile », et risquerait donc d'être bloqué par l'Autorité de la Concurrence ; a fortiori « à ce stade, le groupe Bouygues n'est pas vendeur » selon Natixis. « No comment » non plus sur les « rumeurs de marché » au siège de Vivendi où « les banquiers entrent et sortent, un scénario différent surgit toutes les heures. Le seul que l'on ne proposera pas c'est un rapprochement SFR/Orange » indique une source proche.
« Que Vivendi fasse travailler ses banques sur tous les scénarios envisageables, je veux bien, mais que Free ait intérêt à ce mariage, je suis très dubitatif » réagit un spécialiste du secteur. Pourquoi Free qui se flatte d'être bien géré, plus efficace avec ses 6.295 salariés contre 10.000 chez SFR et Bouygues Telecom, d'être l'opérateur alternatif le plus rentable d'Europe, irait-il se marier avec cet acteur qu'il qualifie d'historique et peu réactif commercialement, à la culture d'entreprise radicalement différente, pour créer un mastodonte à l'intégration forcément difficile ?
Free se focaliserait sur l'ADSL et le mobile low cost
« Il y aurait beaucoup de restructuration derrière, les discussions avec les syndicats, pas trop la tasse de thé de Xavier Niel » juge un bon connaisseur du groupe. Les experts de Natixis évaluent « les synergies à un minimum de 1,3 milliard d'euros » en dépenses opérationnelles et en investissements, sans prendre en compte le contrat d'itinérance par lequel Free loue le réseau d'Orange « en supposant que Free Mobile poursuive son déploiement », ce qui réduirait pourtant l'intérêt de la fusion. Ils imaginent Free se focalisant sur l'ADSL et le low-cost dans le mobile pendant que SFR « se recentrerait sur les entreprises et administrations, les offres mobiles subventionnées, la fibre et les délégations de service public dans le très haut débit. » Or Free a attaqué en justice SFR pour ses offres subventionnées qu'il considère comme de la concurrence déloyale. Mais pour Natixis, « la question de l'ADN d'Iliad pourrait rapidement se poser, entre un Free « fixe » toujours à la pointe de l'innovation et un Free mobile jouant principalement sur la carte du low-cost » et une fusion serait « une porte de sortie à ce dilemme. »
Xavier Niel n'exclurait pas d'acheter un concurrent
Si Vivendi est clairement vendeur, qui dit qu'Iliad est acheteur ? Le magazine « Capital » dans son édition de novembre glisse dans un dossier consacré aux « secrets de la machine à fric Free » que le fondateur, Xavier Niel, dirait en interne qu'il n'exclut pas de racheter un de ses concurrents SFR ou Numericable, ou même Bouygues Telecom. Iliad pèse actuellement 6,5 milliards d'euros en Bourse, SFR est valorisé entre 12 et 15 milliards d'euros. Pourquoi Xavier Niel, actionnaire à 59% d'Iliad, accepterait-il de se diluer fortement et devenir potentiellement minoritaire ? A la différence de son rival Neuf Cegetel, absorbé par SFR, Iliad a privilégié la croissance interne, à l'exception du rachat d'Alice en 2008, une opération plus modeste (800 millions d'euros). Dans l'entourage de Vivendi, certains font valoir que « Free serait très mal si SFR se rapprochait de Numericable. Et il va avoir un problème quand il aura 5 millions de clients mobiles » faute d'un réseau suffisamment déployé.
Restent les questions politiques et réglementaires. Le gouvernement ne verrait pas forcément d'un bon œil une fusion : Fleur Pellerin, la ministre déléguée au numérique ayant déclaré que les pouvoirs publics souhaitaient « maintenir un modèle à quatre opérateurs. » Comment l'Autorité de la concurrence percevrait-elle le rapprochement des numéros deux et trois de l'ADSL, avec plus de 5 millions d'abonnés haut débit chacun, soit plus qu'Orange (9,8 millions), ce qui créerait un duopole dans le fixe et réduirait considérablement le choix pour les consommateurs, et ce alors que SFR n'est pas en grave difficulté financière ? La note de Natixis ne creuse pas ce point mais relève que « les perspectives du groupe Iliad ne nécessitent nullement l'ajout d'une nouvelle « jambe » pour délivrer une forte croissance dans les trois prochaines années. »
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charlib a écrit le 30/10/2012 à 15:43 :
Combien de licenciements "boursiers" dans cette perspective de vendre SFR? Vodaphone pourrait bien s'intéresser à son ancien partenaire SFR quand le fruit sera mûr.
toccata a écrit le 30/10/2012 à 14:55 :
erratum. Contrairement à ce que j'indique plus bas, Free possède une attribution de fréquence pour la 4G. L'appel d'offre a été réparti sur deux gammes de fréquences, 2,6Ghz et 800MHz. Free possède l'autorisation pour le 2,6GHz, mais devra passer par SFR pour le 800MHz.
NIEL PRESIDENT ! a écrit le 30/10/2012 à 14:44 :
Niel, s'il te plaît présente toi à la présidence de la République, on a besoin de gars comme toi, des qui en veulent, des patrons, des bosseurs, des gars sérieux, qui méritent plus que l'autre simplet là...
toccata a écrit le 30/10/2012 à 12:44 :
Cela ressemble à une pure étude de cas. Venant d'une banque d'affaire, la question qui se pose est celle de la possibilité de financer une telle opération, pas celle de la pertinence de sa réalisation. Alors la pertinence... Free a une licence 3G, quel intérêt pour SFR de la racheter? Free n'a pas de licence 4G mais va la louer à SFR qui s'est vu attribuer deux blocs. Là encore on peut s'interroger sur le besoin de SFR de racheter un locataire qui prendra les risques financiers avec des forfaits bon marché.
alex a écrit le 30/10/2012 à 11:11 :
ça arrangerai bq XN cette fusion, vu qu'il se rend compte que le mobile coute cher. Free veut faire les mêmes produits que les autres opérateurs mais il n'en a pas les capacités. Free Mobile est un opérateur sans INFRA, avec une seule fréquence Mobile 3G et sans pognon. Je connais au moins 5 personnes qui on succombé aux delires de Mr Xavier NIEL et qui finalement sont revenus vers les opérateurs historiques car ils ont top de problèmes avec Free.
Jacques a écrit le 30/10/2012 à 10:31 :
"pour créer un mastodonte à l'intégration forcément difficile à intégrer ?" (sic). vous arrive t il de vous relire ?
charlib a écrit le 30/10/2012 à 10:27 :
Natixis spécule sur des rumeurs qu'elle crée elle-même. N'est-elle pas une banque d'investissement?
aka a répondu le 30/10/2012 à 15:40:
Très juste, et c'est pas la seule. Les banques pondent des notes de marché pouvant l'influencer, or elles sont elle même opérateur de marché. Il y a un mélange des genre très malsain. Facile de jouer la hausse ou la baisse si on pond une note dans un sens ou l'autre. Quand a la fusion SFR/Free je suis dubitatif : pourquoi avoir lancé un 4eme opérateur si c'est pour revenir à 3? Quid de la concurrence? Cette note me parfait farfelue, une fusion Bouygues/Free aurait plus de chance de se faire.
ntbo43 a écrit le 30/10/2012 à 10:14 :
SFR est un bon opérateur, pas FREE.
churchill a écrit le 30/10/2012 à 08:52 :
ca valait le coup de faire entrer un operateur! brillant
citoyen a répondu le 30/10/2012 à 10:19:
c'est la logique libérale, on a que 3 opératuers = pas assez de concurrence, on autorise un entrant... les prix dégringoles, des licenciement apparaissent, les investissements diminuent, un opérateurs ne peut plus suivre, il disparait ou est racheté, et on se retrouve.....avec 3 opérateurs !!! brillant en effet et entre temps des chomeurs qu'il faut indemiser et des investissement rendu impossible donc un retard dans le développement des nouvelles technologies. l'efficacité selon les libéraux.. MDR
toccata a répondu le 30/10/2012 à 12:52:
"On" aurorise un entrant. Ce "on" est l'ARCEP qui régule le marché et n'a rien de libéral. Les contraintes pour l'attribution d'une licence sont pesantes. S'il me semble bien, l'ARCEP ne demande pas l'obligation de couvrir le territoire pour le service telecom, mais un engagement d'aménagement du territoire, ce qui impose de posséder physiquement le réseau (et non de pouvoir le louer à un opérateur spécialisé).
Nicoboss007 a écrit le 30/10/2012 à 08:20 :
Synergies estimées à au moins 1,3 milliard d'euros : ça va dégraisser ........... Mais je ne crois pas à un tel scénario. Je vois plutot un opérateur européen essayer de prendre le contrôle de SFR.
youtribe a répondu le 30/10/2012 à 11:14:
Vodafone :)
Ancien_SFR a répondu le 30/10/2012 à 11:31:
J'ai vendu cher mes 44% et je rachète pas cher les 100%...