Quand Verizon s’interroge sur son modèle économique

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Cette semaine, Lowell McAdam, le directeur général de Verizon, a indiqué être ouvert à des discussions avec des entreprises de médias et de divertissement allant de Comcast à Walt Disney.
Cette semaine, Lowell McAdam, le directeur général de Verizon, a indiqué être ouvert à des discussions avec des entreprises de médias et de divertissement allant de Comcast à Walt Disney. (Crédits : © Mike Blake / Reuters)
Le géant américain du mobile a affiché des résultats trimestriels bien en deçà des attentes, marqués par une perte de plus de 300.000 abonnés. Dans un marché de la téléphonie mature outre-Atlantique, la direction du groupe se dit prête à explorer de nouvelles pistes de diversification.

Ces mauvais chiffres n'étaient pas attendus. Verizon, le géant américain du mobile, a annoncé mardi qu'il avait perdu quelques 307.000 abonnés au terme du premier trimestre. Un véritable camouflet, puisque les analystes s'attendaient, en moyenne d'après Reuters, à un gain de 222.000 clients. Dans le même temps, le bénéfice net part du groupe s'est élevé à 3,45 milliards de dollars, contre 4,31 milliards de dollars à la même période un an plus tôt. En résumé, « ils ont raté tous les paramètres importants de l'abonné, et cela souligne tout simplement à quel point il est difficile pour l'activité mobile de continuer à croître en ce moment », a déclaré dans une interview Craig Moffett, analyste chez MoffettNathanson.

Il est vrai qu'aux Etats-Unis, comme en France, le marché des télécoms est mature. Et la seul manière de croître est de grappiller des abonnés à la concurrence. Or sur ce créneau, Verizon fait face à l'agressivité de ses rivaux comme T-Mobile US ou Sprint.

Bientôt une « acquisition stratégique » ?

Pour s'en sortir, Verizon cherche à diversifier ses sources de revenus. L'opérateur a déjà identifié un nouveau levier de croissance : la publicité programmatique, qui vise à valoriser les informations qu'il possède déjà sur ses clients mobiles pour séduire les annonceurs. C'est la raison pour laquelle Verizon a racheté le cœur de métier de Yahoo! pour près de 4,5 milliards de dollars en février dernier. Et qu'il a avalé une autre gloire déchue du Net, AOL, pour 4,4 milliards de dollars, en mai 2015.

Pour autant, à la lumière des mauvais résultats du premier trimestre, les analystes se demandent aujourd'hui si ces emplettes seront suffisantes pour donner un nouveau souffle au géant des télécoms. Pour les experts de New Street Research, Verizon se doit d'être plus ambitieux. « Nous estimons toujours que la société a besoin d'une acquisition stratégique pour soutenir ses activités dans le mobile à long terme », jugent-ils dans une note récente.

« Aller de l'avant »

Les dirigeants de Verizon semblent y réfléchir sérieusement. Cette semaine, Lowell McAdam, le directeur général du groupe, a notamment indiqué être ouvert à des discussions avec des entreprises de médias et de divertissement allant de Comcast à Walt Disney. Quant à Matthew Ellis, le directeur financier de Verizon, il a affirmé que si le groupe était confiant dans ses actifs actuels, il n'excluait pas des acquisitions ayant un intérêt pour les actionnaires.

« L'écosystème change constamment et si une personne vient nous voir avec une idée pour nous permettre d'aller de l'avant dans cet environnement, nous allons l'écouter », a-t-il déclaré.

Il faut dire qu'outre-Atlantique, le grand concurrent de Verizon, AT&T, n'a pas hésité, lui, à casser la tirelire l'année dernière. Celui-ci a déboursé quelque 85,4 milliards de dollars pour racheter Time Warner. Ce qui lui a permis de prendre le contrôle de chaînes de télévision par câble telles que HBO et d'autres actifs dans les médias susceptibles d'attirer les abonnés sur son réseau mobile.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 21/04/2017 à 15:51 :
« Aller de l'avant »

Le nombre d'entreprises qui ont coulé avec des dirigeants qui n'arrêtaient pas de dire cela... Quand les décideurs sont nuls une entreprise ne peut pas aller bien mieux mais ils aiment tellement remettre les autres en question plutôt qu'eux-mêmes c'est tellement plus facile puis "moi fils de j'ai toujours raison" on le voit tellement souvent...

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