Immobilier neuf : pas d'amélioration à prévoir en Île-de-France

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Les réservations dans l'immobilier neuf en Île-de-France ont baissé de 12% sur un an.
Les réservations dans l'immobilier neuf en Île-de-France ont baissé de 12% sur un an. (Crédits : Décideurs en région)
Les réservations dans l'immobilier neuf en Île-de-France ne reprennent pas. La promotion souffre toujours des mêmes maux : coûts de construction trop élevés, autorisations administratives trop longues, foncier trop cher.

N'entrevoyant pas de retournement du marché de l'immobilier neuf, les promoteurs franciliens s'alarment. "La tendance est toujours à la baisse", s'inquiète Christian Terrassoux, le nouveau président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) d'Île-de-France. Dans la région, seulement 4.600 réservations de particuliers ont été recensées au 1er trimestre 2014, soit 12% de moins qu'au même trimestre en 2013, si l'on en croit les chiffres du centre d'analyses et de prévisions immobilières (Capem).

Premier responsable de cette baisse : la crise économique qui affaiblit la demande. Conscients de cette situation, les promoteurs prennent garde à ne pas se lancer de manière inconsidérée dans des opérations de construction de logements. De peur sans doute de revivre la crise du début des années 1990, où les stocks livrés et invendus les avaient durement affectés d'un point de vue économique. Le nombre de logements proposés à le vente a ainsi baissé de 17% sur un an à la fin mars 2014, à 17.300 unités. 

Les banques limitent le financement des projets de construction

Les prises de risque des promoteurs sont désormais d'autant plus limitées que les banques imposent, pour financer les projets de construction, un taux de pré-commercialisation d'entre 35% à 40% de la partie de l'opération non destinée aux bailleurs sociaux, explique Marc Villand, président directeur général du groupe Interconstruction. Il y a en effet, selon lui, un vrai problème de financement des opérations de production de logements. "Un quart des dossiers qui étaient acceptés par les banques avant la crise de 2008 sont aujourd'hui refusés", constate Marc Villand.

Cette situation de contraction de l'offre de logements en Île-de-France est paradoxale car les franciliens manquent cruellement d'habitation. Pour pallier leurs besoins, il faudrait en construire 70.000 par an selon les pouvoirs publics. Un objectif ambitieux quasiment impossible à atteindre, car les promoteurs aiment à le répéter : les prix de revient des opérations de construction sont trop élevés. Ce qui les empêche de commercialiser des logements à prix accessible pour la majorité de la population.

Les coûts de construction n'ont cessé de croître

Ils regrettent que les coûts de construction n'aient cessé d'augmenter ces dernières années, et que le prix du foncier soit encore trop élevé. De surcroît, "la mobilisation du foncier de l'Etat promise de longue date n'a, pour l'instant, pas donné grand-chose", regrette Christian Terrassoux. Certes "les établissements publics fonciers préemptent, achètent des terrains, mais leur mise en production est difficile", ajoute-t-il.

Malgré les velléités de simplification exprimées par le gouvernement, les autorisations administratives, les contraintes d'urbanisme, les normes relatives aux places de stationnement ou à l'accessibilité, contraignent toujours les opérations. Et pour ne rien arranger, 2014 étant une année d'élection municipales, "les projets sont retardés de 9 mois puisqu'ils sont gelés 3 mois avant les élections et 6 mois après", déplore Marc Villand. 

Identifier les quelques projets d'envergure

Pour mettre fin au marasme ambiant, la FPI Ile-de-France appelle à l'humilité en matière d'objectifs de construction. En plus de la production annuelle "classique", il faudrait selon Christian Terrassoux d'abord "identifier en Ile-de-France, vingt à trente sites sur lesquels il est possible de lancer des projets d'envergure". Et de travailler ensuite dessus entre acteurs publics et privés dans le but de commercialiser in fine des logements à prix modérés.

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Commentaires
a écrit le 01/06/2014 à 14:40 :
il faut un retour du ptz dans l'ancien! sarkozy aura fait des choses formidables: qu'attend la gauche pour remettre en place le ptz dans l'ancien???
Réponse de le 07/06/2014 à 22:09 :
oulala malheureux arretons les subventions vers le privée...
un bon coup de karcher dans ce monde de l immobilier ne fera de mal à personne
a écrit le 29/05/2014 à 16:28 :
Si les promoteurs ne sont pas capables de produire des logements selon le pouvoir d'achat, qu'ils laissent la place au plus compétents. D'une façon ou d'une autre les prix doivent descendre en flèche pour rejoindre le pouvoir d'achat de la demande......
Réponse de le 29/05/2014 à 16:31 :
"D'une façon ou d'une autre les prix doivent descendre en flèche pour rejoindre le pouvoir d'achat de la demande...... " : Mais non, il faut subventionner l'achat de 41.2578986 mètres carrés à 250 000 euros! Sans ça, papi et mamie ne pourront pas vendre leurs terrains à 300 000 euros : La gauche aura ruiné les français!
a écrit le 29/05/2014 à 15:38 :
Tiens, pas un mot sur les marges des constructeurs, ou cela m'a échappé.
Réponse de le 31/05/2014 à 19:15 :
+1
a écrit le 29/05/2014 à 12:05 :
Et si on arrêtait ponts d'or et défiscalisation aux entreprises pour qu'elles viennent toutes s'agglutiner a Paris ?C'est une guerre stérile entre communes qui veulent attirer les boites, a coup (cout?) d'avantages fiscaux... Résultat, le clampin de base habite là ou il y a du boulot, et on continue a n'en créer qu'en quelques points illogiques. Il est urgentissime d’arrêter cet empilement infini...
a écrit le 29/05/2014 à 10:32 :
on se moque des investisseurs !
grace aux defiscalisations, ils ont fait flamber les prix, bloquant le marché a un niveau de prix inaccessible au français moyen qui veut juste se loger convenablement !
il faut se debarrasser des rentiers (pas facile au vu des patrimoines des hommes politiques) et surtout liberer le foncier !
sortir de la crise du logement serait tellement facile avec de la volonté !
la france est un des pays les moins densement peuplé d'europe, on a largement assez de main d'oeuvre pour construire, evoquer une penurie, c'est faire le jeu des speculateurs de l'immobilier !
l'economie française ne redemarrera jamais tant que les prix de l immo n'auront pas perdu 30% au moins. c'est evident toutes les nouvelles generations sont asphixiés !
Réponse de le 29/05/2014 à 12:47 :
+1, mais ne rêvez pas trop : Nous sommes dans une démocratie où les élus ne sont pas ceux qui font des propositions pour faire fonctionner l'économie, mais pour enrichir une majorité sur le dos d'une minorité... C'est pratique : On vote pour l'immobilier subventionné, l'argent fini dans la pierre au lieu de finir dans les entreprises. On vote pour avoir le droit de siphonner jusqu'à la moelle les jeunes partants les poches vides, on les prive de la capacité d'épargner pour survivre au lancement d'une entreprise. Qu'importe : On vote pour des retraites indexées sur l'inflation, l'économie peut couler!
a écrit le 29/05/2014 à 8:34 :
En ces temps socialistes de disette et de hausse d’impôts les investisseurs (oui des s.. de propriétaires qui en passant permettent aux autres de se loger) , qui craignent aussi l'instabilité fiscale permanente de ce pays sont attentistes : la construction de 100 000 logements supplémentaires ce n'est pas pour demain (une promesse non tenue supplémentaire )
Réponse de le 29/05/2014 à 14:48 :
investisseurs font juste gonfler les prix de logements par une augmentation de la demande, logements qui seraient sortis de terre d'une autre façon et pas à coup de subventions publiques
Réponse de le 07/06/2014 à 22:15 :
@les : absolument et ils se revent plus riche lorsque l 'immobilier augmente
@supalan: propriétaires qui en passant permettent aux autres de se loger...snif snif une larme me vient subitement vous m 'avez profondément touché.

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