Suez-GDF : le gouvernement conforte Mestrallet comme futur PDG

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Dans une lettre du 22 mai, les ministres de l'Economie et de l'Industrie ont répondu aux 71 questions posées par les syndicats et précisent la structure de gouvernance du futur ensemble. Mais Bruxelles remet en cause le projet de "golden share".

Selon nos informations, le ministre de l'Economie et des Finances Thierry Breton et son ministre délégué à l'Industrie François Loos ont écrit le 22 mai aux différentes centrales syndicales sur le dossier du mariage entre Suez et Gaz de France. Leur lettre visait à répondre aux 71 questions posées par les syndicats sur ce projet de fusion et dont les réponses constituaient un préalable aux yeux des partenaires sociaux.

Dans cette longue missive qui répond donc point par point, les deux ministres précisent notamment à la question 31 sur le future gouvernance du groupe que dans le tandem de dirigeants, Gérard Mestrallet, actuel PDG de Suez, et Jean-François Cirelli, PDG de Gaz de France, c'est le premier qui prendra les rênes. Il en "sera le Président - Directeur général ou le Président du directoire selon l'organisation qui sera retenue par les organes sociaux des deux entreprises."

Bercy ajoute que "le gouvernement souhaite une solution équilibrée et efficace. Dans cette perspective, il exprime sa préférence pour une gouvernance fondée sur un conseil d'administration, qui est celle actuellement en place dans les deux entreprises."

Dans la lettre, les deux ministres rassurent aussi les syndicats sur le maintien du pôle environnement (eau et propreté) dans le groupe, même s'ils emploient le conditionnel en indiquant qu'il "resterait une activité importante au sein du nouveau groupe dont (il) représenterait environ 17% du chiffre d'affaires annuels" (11 milliards d'euros).

Ces précisions interviennent alors que Bercy doit recevoir demain les syndicats et que Gaz de France, deux semaines après Suez, réunit à son tour mercredi matin l'assemblée générale de ses actionnaires, la deuxième depuis son introduction en Bourse en juillet 2005.

Mais ni à Bercy, ni à l'assemblée des actionnaires de Gaz de France, la tâche ne sera aussi facile que prévu. Car mardi soir, le porte-parole du commissaire européen au Marché intérieur, Charlie McCreevy, a fait connaître l'opposition de Bruxelles au projet de Paris de conserver une "golden share" (action de préférence) au sein du futur ensemble Suez-Gaz de France pour garantir ses intérêts, ceux des salariés et ceux des clients.

Un pavé dans la mare du gouvernement français. Car Thierry Breton venait d'assurer que pour le projet de loi de privatisation de Gaz de France qui doit être débattu avant l'automne - les rapporteurs ont d'ailleurs déjà été choisis: Jean-Claude Lenoir, député UMP de l'Orne, et Ladislas Poniatowski, sénateur UMP de l'Eure - l'Etat conserverait au moins un tiers du capital du futur ensemble et disposerait de cette "golden share".

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