Feu vert pour l'offre de Mittal sur Arcelor

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L'offre d'achat hostile de 22 milliards d'euros du numéro un mondial de la sidérurgie Mittal Steel sur son concurrent européen Arcelor vient de recevoir le feu vert des autorités boursières européennes. L'OPA courra du 18 mai au 29 juin.

Les autorités de marché luxembourgeoise, belge et française ont approuvé mardi soir les modalités de l'offre publique d'achat du géant de l'acier Mittal sur son concurrent Arcelor. "Le processus d'autorisation a été coordonné par les autorités" des trois pays "en étroite collaboration avec la CNMV espagnole qui, en raison principalement de procédures et de règles spécifiques au marché espagnol, devrait approuver la version espagnole de la note d'information peu après le 16 mai", précise la CBFA. Véritable marathon boursier, l'offre publique sur Arcelor, dévoilée fin janvier, sera ouverte du 18 mai au 29 juin, a indiqué l'autorité belge CBFA dans un communiqué. Mittal, qui déjà obtenu le feu vert des autorités américaines de la concurrence, attend encore celui de Bruxelles.

Annoncée le 27 janvier dernier, l'OPA lancé par Mittal sur Arcelor valorise pour l'heure l'entreprise à quelque 22 milliards d'euros. L'offre se compose de 75% d'actions Mittal Steel et de 25% de cash. Cette offre aura fait l'objet de plus de quinze semaines d'examen par les autorités boursières. Un délai inhabituel, à la hauteur de l'imbroglio réglementaire qu'elle suscite. Il s'agit d'abord d'une OPA lancée au Luxembourg, où personne ne se souvient d'avoir assisté à une telle opération et où la première loi en la matière vient d'être votée. Ensuite, cette offre est soumise à l'approbation de pas moins de quatre autorités boursières européennes (française, espagnole, belge, luxembourgeoise). Arcelor, né en 2002 de la fusion d'Usinor avec l'espagnol Aceralia et le luxembourgeois Arbed, étant coté à Paris, Madrid, Bruxelles et Luxembourg.

Arcelor a exploité ce délai pour présenter sa défense. D'abord, en expliquant longuement la différence entre ces deux groupes, "que tout oppose", pour conclure, chiffres à l'appui (voir ci-dessous), qu'"Arcelor a un bien meilleur avenir sans Mittal Steel". Puis le groupe a fait les yeux doux à ses actionnaires en leur promettant une entreprise encore plus rentable en 2008. Joignant le geste à la parole, le groupe a multiplié par 2,8 son dividende 2005, en s'engageant à verser 5 milliards d'euros supplémentaires en cas d'échec de Mittal sous forme de rachat d'actions en Bourse, faisant ainsi jeu égal avec l'offre en cash du groupe néerlandais.

Enfin, Arcelor a mis sa filiale canadienne Dofasco à l'abri des griffes de Mittal, mesure qui a entraîné la grogne de certains de ses actionnaires, dénonçant des manquements en termes de "démocratie actionnariale". Entre-temps, la "corporate gouvernance" a fait irruption au coeur de la confrontation puisque Mittal propose ses titres en paiement. Même après avoir accepté de réduire de 10 à 2 les droits de vote attachés aux actions privilégiées du groupe, la famille Mittal conserverait 64% des droits de vote d'un ensemble Mittal-Arcelor (pour 50% du capital).

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