Vodafone se restructure

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A la recherche d'une stratégie, le géant britannique de la téléphonie mobile met en place une nouvelle organisation pour tenter de répondre aux nouveaux défis qui lui sont posés, dont la fin du modèle "tout mobile".

Le numéro un mondial de la téléphonie mobile, Vodafone, a annoncé ce matin un réaménagement de ses structures, avec un partage en trois entités dont une division "nouvelles activités et innovation" visant à l'orienter davantage vers les "technologies convergentes" (téléphones multifonctions). Ces changements seront effectifs à compter du 1er mai.

"L'objectif général de la restructuration est d'orienter l'activité en fonction des différents besoins des marchés et de la clientèle", indique le groupe. Les trois principaux objectifs de cette nouvelle structure sont donc d'accroître l'efficacité opérationnelle et les réductions de coûts au niveau régional et local sur les marchés les plus matures, stimuler la croissance rentable dans les marchés émergents et positionner la société de sorte qu'elle capte de nouveaux flux de revenus dans les services convergents et IP (protocole sur Internet).

À cette fin, Vodafone disposera désormais de trois divisions, "Europe", "Europe centrale, Moyen Orient, Asie Pacifique et sociétés affiliées" et "Nouvelles activités et innovation". "En créant trois nouvelles unités et en se penchant sur les coûts, Vodafone met en oeuvre ce qui est nécessaire pour continuer à avoir du succès, à la fois dans les activités existantes et dans les nouvelles sources de revenus", a estimé Arun Sarin, directeur général du groupe.

La division "Europe" sera dirigée par Bill Morrow, actuel président de Vodafone Japon, filiale qui vient d'être vendue. Elle s'occupera des principaux marchés, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni, en se concentrant sur les gains d'efficacité sur ces marchés déjà quasi saturés où la concurrence est très forte. La division "Europe centrale" sera dirigée par Paul Donovan, actuel directeur général de OVS (qui regroupe des filiales de Vodafone). Elle aura pour but de développer le groupe sur les marchés émergents. L'unité "Nouvelles activités et innovation" aura pour directeur général Thomas Geitner, l'actuel directeur technique de l'entreprise. Elle développera de nouvelles sources de revenu dans la téléphonie convergente, technologie permettant entre autres le transfert de la voix et des données depuis un réseau GSM vers un réseau wi-fi.

Le groupe de téléphonie a effectivement vu son modèle tout mobile remis en cause ces derniers mois. Vodafone a annoncé, en février dernier, tabler sur une croissance de ses ventes de l'ordre de 5 à 6,5% seulement cette année, ainsi qu'une dépréciation d'actifs de 40 milliards d'euros. Les gros actionnaires ont alors fait vivement valoir leur mécontentement, réclamant des dividendes. La vente récente de sa filiale japonaise a sonné le glas d'une stratégie basée sur une présence mondiale bâtie à grands coups d'acquisitions.

Depuis cette annonce, les investisseurs s'interrogent sur les autres actifs que l'opérateur pourrait céder. Les rumeurs sur la cession de sa participation de 45% dans Verizon Wireless aux États-Unis se font de plus en plus insistantes. Selon le Daily Mail, le numéro un mondial de la téléphonie mobile se serait entendu avec un acheteur. Par ailleurs, une autre rumeur évoque le ramassage de titres Vodafone par le fond d'investissement Blackstone.

Selon des sources du secteur, Vodafone envisage également de se développer dans la téléphonie fixe en rachetant un opérateur au Royaume-Uni, en Espagne ou en Italie. L'acquisition d'un opérateur de téléphonie présent dans la voix sur IP semble être une étape nécessaire. Toujours selon ces sources, Vodaphone s'intéresserait à ses compatriotes Colt Telecom, Cable and Wireless ou encore BT Group. Le groupe a refusé de commenter ces informations.

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