Les marchés actions sombrent dans la déprime

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Le Nikkei, l'indice de référence de la Bourse de Tokyo, a perdu plus de 20% depuis son point le plus haut en octobre.
Le Nikkei, l'indice de référence de la Bourse de Tokyo, a perdu plus de 20% depuis son point le plus haut en octobre. (Crédits : Reuters)
Après Wall Street la veille, la Bourse de Tokyo a sérieusement dévissé, terminant sa séance sur une baisse de 5%, à son plus bas niveau depuis 20 mois. Les investisseurs s'inquiètent des incertitudes croissantes politiques et économiques aux Etats-Unis.

La nervosité de Wall Street a gagné mardi la Bourse de Tokyo, qui a lâché plus de 5% à la clôture après un week-end prolongé, les investisseurs prenant peur face aux multiples incertitudes politiques et économiques aux Etats-Unis. L'indice vedette Nikkei a terminé sur un plongeon de 5,01% à 19.155,74 points, au plus bas en 20 mois. Il a perdu plus de 1.000 points, sa pire dégringolade depuis le 6 février 2018, sur fond de net renforcement du yen, valeur refuge, ce qui dessert les groupes exportateurs.

Le Nikkei a perdu plus de 20% depuis octobre

Le Nikkei était pourtant monté à près de 25.000 points début octobre, et a donc perdu plus de 20% depuis cette date. Cette contre-performance fait entrer l'indice dans la catégorie de "marché déprimé" ou "bear market", en référence à l'ours, symbole d'un marché démoralisé, tout comme le Nasdaq vendredi à New York. "Je ne m'attendais pas à ce que le marché s'effondre autant", a commenté Makoto Sengoku, analyste à l'institut de recherche Tokai Tokyo. "Il n'y a pas d'élément signalant la fin de la débâcle ou de gros acheteurs émergeant", a-t-il dit à l'AFP.

Les places boursières chinoises évoluaient aussi dans le rouge même si elles limitaient leur repli dans l'après-midi: l'indice composite de Shanghai et celui de Shenzhen cédaient près de 1%. Noël oblige, la place de Hong Kong était, elle, fermée, tout comme les Bourses d'Australie, d'Inde, d'Indonésie, de Malaisie, de Nouvelle-Zélande, des Philippines, de Singapour et de Corée du Sud.

Les places boursières chinoises également dans le rouge

Selon les courtiers, les raisons du plongeon des Bourses sont nombreuses: "Le ralentissement de l'économie mondiale, les retombées de la querelle commerciale entre Pékin et Washington, l'impasse budgétaire ou "shutdown" aux Etats-Unis" qui paralyse une partie des administrations américaines, détaille Makoto Sengoku. C'est surtout à Washington que se cristallisent les craintes. Au point que les dirigeants démocrates ont accusé lundi Donald Trump de provoquer "le chaos" dans le pays à la veille de Noël. "La Bourse plonge tandis que le président mène une guerre personnelle contre la Réserve fédérale, juste après avoir limogé son ministre de la Défense", le général Jim Mattis, ont-ils asséné.

Agacé par la décision de la banque centrale d'augmenter une nouvelle fois les taux la semaine dernière, Donald Trump a tempêté lundi contre l'institution, affirmant dans un tweet: "Le seul problème de notre économie, c'est la Fed". Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, n'a pas arrangé la situation en faisant état de discussions individuelles avec les patrons des six principales banques américaines, "ce qui a causé des inquiétudes sur les marchés", a commenté dans une note Toshiyuki Kanayama, analyste chez Monex.

Les investisseurs n'ont pas confiance en Trump

Les investisseurs "n'ont pas confiance dans l'administration Trump. Ils sont mus par leur perception des choses, et elle est très mauvaise en ce moment", a résumé Stephen Innes, chef de la division Asie-Pacifique chez Oanda, interrogé par l'AFP.

A tous ces éléments, viennent s'ajouter "des cours du brut qui fondent plus rapidement que neige au soleil", les investisseurs restant sceptiques face aux promesses de l'Opep et s'inquiétant des turbulences économiques. "La bulle Trump, qui avait profité aux marchés d'actions américains et au dollar, éclate", a jugé pour l'agence Bloomberg Mitsushige Akino, un responsable d'Ichiyoshi Asset Management.

Profits record des compagnies nippones

Mais à Tokyo, les autorités se veulent rassurantes. Le ministre des Finances, Taro Aso, a estimé mardi que les marchés réagissaient avec excès aux craintes sur la conjoncture mondiale. "Je ne suis pas très inquiet", a-t-il déclaré à la presse. Même tonalité du côté du ministre de la Revitalisation économique, Toshimitsu Motegi: "Les fondamentaux de l'économie restent solides", a-t-il dit, invoquant les profits record des compagnies nippones.

Du côté des changes, le dollar accusait le coup. Peu après 07H00 GMT, l'euro montait à 1,1413 dollar, contre 1,1401 dollar lundi à 20H00 GMT. Pareil face à la monnaie japonaise: le dollar valait 110,30 yens, contre 110,43 yens quelques heures plus tôt et 111,44 yens vendredi à la clôture de la place tokyoïte.

Sur le front des valeurs, les grands groupes japonais ont fait les frais de la débâcle, que ce soit dans l'automobile - Toyota a décroché de 5,25%, Honda de 5,66% et Nissan de 5,07% - ou les technologies - Sony a lâché 5,55% et Panasonic 5,56%.

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Commentaires
a écrit le 27/12/2018 à 14:39 :
Les arbres ne montent jamais au ciel. Il y a eu trop de records battus aux US en particuliers.Certaines valeurs avaient des niveaux extravagants. Il est sain que les cours reviennent à plus juste valeur. Cependant certains secteurs en Europe comme le secteur bancaire ne valent même pas leurs fonds propres. La bourse qui baisse n'est cependant qu'opportunité.Après la pluie, c'est toujours le beau temps.
a écrit le 27/12/2018 à 12:16 :
J'espère que les thuriféraires de la retraite par capitalisation en prendront de la graine ! Les crises ne sont pas cycliques. Le système est arrivé au bout de sa logique. La solution consiste, n'en doutons pas, à maitriser le solde migratoire, à faire plus d'enfants en France et à miser sur la retraite par répartition. Conduite vertueuse donc exigeante qui implique de revoir les fondamentaux de notre "vivre ensemble". Sinon, la France, c'est du passé … Mais peut-être que c'est le résultat recherché. Dans le cas contraire, il faut se remettre à tisser la solidarité entre générations au sein d'une communauté consciente et désireuse de partager un destin commun. Ça s'appelle une NATION. Oups ! désolé, j'ai dit un gros mot.
a écrit le 27/12/2018 à 10:18 :
L'instabilité économique, financière, politique voulue par Trump n'a qu'un seul but : La guerre, (la vraie avec des armes et des morts) et l'espoir d'un nouvel impérialisme américain bien contesté depuis au moins 2 décennies. Contestation que Trump et les conservateurs les plus extrêmes et le CMI n'admettent pas.
a écrit le 27/12/2018 à 6:48 :
depuis la vallée des ours, je ne cache mon bon plaisir à regarder la débâcle s'opérer sur les marchés, que chacun se le dise, le scandale, c'est qu'on ne le dise pas en une des journaux quand WS perd 5% en un jour; Pourquoi? il est encore trop tôt, les investisseur institutionnels ne sont pas encore sorti du marché et les spéculateurs ne sont pas encore averti d'une couverture de risque des fonds d'investissements sur des marchés à la baisse, par ailleurs le traditionnel yoyo entre les "securities" et le marché action ne fonctionne plus, quand baril, foncier et stock Ex. chutent. Il y a donc encore un tour de manège avant le RED SPIKE, d'ici la Alan Greenspan l'a bien dit, mettons nous à l’abri. Comment se couvrir? choisir des valeurs "digital independant", capable de donner de la valeur sur des contrats à cycles longs tels que la défense ou les infrastructures transnationales, faire du stock en australie/NZ et en afrique du sud, virer les liquidités sur de l'or ou du stock suisse. Quel futur pour nos GJ nationaux, ils vont porter la responsabilité d'une crise qui vient d'ailleurs, les populations nationales occidentales n’adhèrent pas au projet de société des "élites" s'il en ait.
a écrit le 26/12/2018 à 20:49 :
Une bonne cure détoxe pour le marché actions, ça va le revitaliser.
Un bon gros gommage et enfin une bonne perte de poids en lâchant du lest.
a écrit le 26/12/2018 à 15:20 :
La véritable cause n'est pas évoquée dans votre article, qui ne prent en compte que des phénomènes secondaires. La véritable raison, c'est que dans le monde entier, on est en train de liquider, le papier en us $: Les premiers à le faire et ont été suivis, c'est la banque juive Rothschild qui a liquidé une grande partie du papier us qu'elle détenait. Du fait des sanctions de Trump, tout le monde commence à trouver des solutions pour ne plus faire de transactions en US $. Le refuge en cas de crainte ça a toujours été l'or et c'est le cas actuellement ou la Russie, a commencé à se débarasser des us $, pour acheter 90 tonnes d'or, suivie par quelques autres pays. En outre les européens pour se dégager des santions US, ont mis avec l'Iran un système de compensation "hors la vue". Les russes et chinois commencent à commercer avec leurs propres monnaies. Voila en gros la principale raison de la chute du papier US.
Réponse de le 26/12/2018 à 16:33 :
En vérité ça change rien, le dollar est un prétexte, leur arme c'est de couper l'accès aux marchés US et à leurs composants technologiques indispensables pour être en pointe.
a écrit le 26/12/2018 à 13:30 :
Quand la bourse monte, Trump s'attribue 100% du mérite. Quand la bourse baisse, il assume 0% de la responsabilité.
a écrit le 26/12/2018 à 12:27 :
Il n'y a jamais eu, il n'y a pas et il n'y aura jamais de monnaie qui vaille. . . alors le boursicotage . . .

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