Wall Street s'effondre alors que les investisseurs craignent une récession
Daniel Hoffman, AFP
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Face à la multiplication des signes précurseurs de récession, les acteurs du marché manifestent de plus en plus leur aversion pour le marché boursier, considéré comme plus risqué. Cela a lourdement fait chuter Wall Street: son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a encaissé sa plus lourde perte de l'année en tombant de 3,05% à 25.479,42 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a lui cédé 3,02% à 7.773,94 points et l'indice élargi S&P 500 a lâché 2,93% à 2.840,60 points.
Les Bourses européennes ont également subi le contrecoup du climat d'inquiétude sur l'économie mondiale: le CAC 40 a perdu 2,08% à Paris, le Dax a reculé de 2,19% à Francfort et le FTSE 100 a cédé 1,32% à Londres.
L'appétit des investisseurs s'est en revanche porté sur d'autres valeurs refuges comme l'or, qui a bondi. L'once a terminé mercredi à son plus haut niveau depuis 2013, à 1516,44 dollars. Les bons du Trésor américain, généralement moins soumis aux aléas économiques, ont aussi attiré. Le rendement des obligations américaines, qui diminue lorsque leur prix augmente, a dégringolé.
Avant l'ouverture de Wall Street, le taux d'intérêt sur les bons du Trésor américains à dix ans est passé temporairement sous celui des bons à deux ans, pour la première fois depuis 2007, signal de mauvaise augure pour la croissance mondiale. L'inversion de la courbe des taux n'a été que de courte durée, mais elle a été très remarquée, pesant fortement sur les marchés des actions.
Ce phénomène est en effet craint par les investisseurs comme un signe historiquement avant-coureur de récession. Il signifie que les investisseurs pensent qu'une contraction de l'économie se profile dans les 12 à 18 mois et que la Fed devra intervenir pour baisser les taux d'intérêt.
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Les investisseurs ont été d'autant plus échaudés mercredi que le Produit intérieur brut (PIB) en Allemagne a reculé au deuxième trimestre et que la croissance de la production industrielle chinoise s'est affaiblie, tombant au plus bas en 17 ans en juillet.
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L'administration américaine a annoncé mardi reporter à mi-décembre l'application de tarifs douaniers supplémentaires sur certains produits made in China, initialement prévue pour le 1er septembre. Une récente note d'économistes de Bank of America a aussi pointé une augmentation des risques de récession, vue désormais comme probable à 33% au lieu de 20% auparavant.
Les cours du pétrole ont également dégringolé mercredi, alors que les tensions commerciales persistantes menacent la demande mondiale d'or noir.
Daniel Hoffman, AFP