L'économie française devrait marquer le pas au dernier trimestre
Grégoire Normand

Dans l'industrie, les chefs d'entreprise anticipent une baisse de l'activité au mois de novembre.
Vincent Kessler
Grégoire Normand

Dans l'industrie, les chefs d'entreprise anticipent une baisse de l'activité au mois de novembre.
Vincent Kessler
L'économie française devrait s'essouffler en fin d'année. Selon le dernier bulletin de la Banque de France publié ce mardi 12 novembre, la croissance du produit intérieur brut (PIB) progresserait de 0,2% au quatrième trimestre selon une première estimation. C'est un niveau légèrement inférieur à celui enregistré au trimestre précédent (0,3%).
L'enquête mensuelle de la Banque centrale montre que l'indice du climat des affaires dans le secteur industriel s'est établie à 98 au mois d'octobre contre 96 en septembre. Après cette légère embellie, la croissance de la production industrielle pourrait se tasser en novembre. Les chefs d'entreprise anticipent un coup de frein de l'activité dans l'automobile actuellement en proie à des difficultés.
Dans les bâtiment, les entreprises sont guère optimistes. Si l'activité est restée soutenue au mois d'octobre, dans le gros oeuvre et le second oeuvre notamment, l'activité serait moins forte en fin d'année selon les dirigeants interrogés par l'institution bancaire.
Dans les services, l'activité a progressé "modérément" au mois d'octobre. Les chefs d'entreprise interrogés anticipent une poursuite de la croissance au même rythme entre octobre et novembre. Cette stabilisation devrait permettre de limiter les dégâts alors que les deux premiers secteurs sont en perte de vitesse.
En dépit de cette légère révision à la baisse, la croissance de la richesse produite en France devrait s'établir à 1,3% cette année. Dans ses dernières perspectives macroéconomiques annuelles dévoilées fin septembre, l'établissement bancaire envisageait une stabilité de l'activité entre 2019 et 2020. Les investissements publics et privés ont particulièrement soutenu l'économie française en 2019. En période préélectorale, les collectivité ont tendance à multiplier les investissements, ce qui permet de soutenir la demande intérieure.
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En revanche, si les mesures d'urgence économiques et sociales décidées à la suite de la crise des "gilets jaunes" et du grand débat ont permis de doper le pouvoir d'achat des Français, les effets sur la consommation tardent à se faire sentir.
Malgré cette consommation modérée, les chiffres pourraient repartir à la hausse au cours des prochains mois. "En général, en cas de choc positif ou négatif sur le pouvoir d'achat, la consommation met quelques trimestres à s'ajuster" poursuit l'économiste.
irecteur adjoint du département "analyse et prévision"
de l'observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) Mathieu Plane déclarait récemment à La Tribune.À lire également
Outre l'instabilité de la situation internationale, un ensemble de facteurs peuvent favoriser cet appétit pour l'épargne. L'économiste du laboratoire rattaché à Sciences-Po Paris avance plusieurs hypothèses. "Le mouvement des gilets jaunes a eu un impact sur la crédibilité de la parole politique. Beaucoup de Français ne croient pas aux baisses d'impôt même si elles ont été votées. Il y a une forme de défiance généralisée". La multiplication des réformes telles que la transformation en profondeur de l'assurance-chômage ou les débats sur la refonte du système de retraite peuvent avoir des répercussions sur certains comportements.
Beaucoup d'instituts de prévisions économiques anticipent une stabilisation de l'épargne et un renfort de la consommation pour soutenir la croissance l'année prochaine.
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