Le Premier ministre chinois reçu par le chancelier allemand en vue d'une meilleure coopération économique
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Le Premier ministre chinois est reçu par Olaf Scholz, chancelier allemand.
REUTERS/Hannibal Hanschke
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Le Premier ministre chinois est reçu par Olaf Scholz, chancelier allemand.
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Pour sa première visite officielle depuis sa nomination en mars, le Premier ministre chinois a choisi l'Allemagne. Li Qiang est donc reçu ce mardi 20 juin à Berlin avec tapis rouge et honneurs militaires par le chancelier allemand Olaf Scholz. Toutefois, les discussions s'annoncent tendues alors que l'Allemagne est en plein réajustement envers la Chine, qui reste néanmoins son premier partenaire commercial.
Selon Thorsten Benner, directeur de l'Institut global des politiques publiques publics (GPPI), cette visite est « un test pour savoir si un véritable partenariat entre Berlin et Pékin est encore possible ».
Parmi les huit ministres assistant aux consultations, on trouve entre autres ceux de l'Economie, des Finances et des Affaires étrangères.
Cette réunion devrait apporter une certaine inflexion dans la politique étrangère de l'Allemagne. En effet, le pays européen adopte désormais un ton plus critique envers la Chine comparé aux pratiques passées. A l'ère d'Angela Merkel, renforcer les relations entre les deux pays était une priorité.
Difficile de trouver un équilibre entre ce que la Chine pourrait apporter à l'Allemagne d'un point de vue économique, et les différends diplomatiques et politiques qui opposent ces deux pays. Pour le président allemand, « la Chine est un partenaire pour l'Allemagne et l'Europe, mais aussi de plus en plus un concurrent et un rival sur la scène politique ».
Du point de vue économique, Berlin veut diversifier ses partenaires pour « réduire les risques » liés à sa trop grande dépendance au géant asiatique dans les secteurs stratégiques. Le chancelier a plaidé ce mardi pour des partenariats « équilibrés » en Asie. « L'Allemagne mise sur un élargissement des relations économiques en Asie. Nous ne voulons pas nous fermer à un partenaire, nous voulons des partenariats équilibrés», a-t-il déclaré, assurant également que Berlin n'avait «aucun intérêt» à se couper économiquement de la Chine, son premier partenaire commercial.
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Du côté de la diplomatie, les menaces chinoises visant Taïwan, les accusations de persécutions contre les Ouïghours, l'absence de condamnation par Xi Jinping de l'invasion russe de l'Ukraine ont creusé le fossé avec Pékin.
Dans sa « Stratégie de sécurité nationale », le gouvernement allemand a accusé la Chine d'agir « à l'encontre des intérêts et valeurs [allemands] ». Ces qualificatifs n'ont pas plu à la puissance asiatique qui estime qu'ils ne feraient que « pousser notre monde vers un tourbillon de division et de confrontation ».
Ce mardi, le dernier rapport des renseignements allemands désigne la Chine comme la « plus grande menace en matière d'espionnage économique et scientifique, et d'investissements directs étrangers en Allemagne ». Déjà la semaine passée, l'Allemagne avait décrit le géant asiatique comme une force hostile.
Toutefois, le dialogue avec la Chine semble indispensable. Pour le magazine Spiegel, « il est presque impossible de trouver la bonne façon de traiter avec la Chine ». Les tensions géopolitiques, économiques, sur les droits de l'homme s'accumulent, note l'hebdomadaire, mais il est « important de continuer à avoir une relation de confiance » avec Pékin.
L'Allemagne souligne la nécessité de continuer à traiter le pays en « partenaire » et d'obtenir la coopération de Pékin sur des enjeux internationaux comme la lutte contre le changement climatique. Lundi 19 juin, lors de la rencontre entre Li Qiang et le président allemand Franck-Walter Steinmeier, le Premier ministre chinois assuré que la Chine était prête à travailler avec l'Allemagne pour contribuer à « la stabilité et la prospérité mondiales ».
En pleine période de tensions sino-américaines, l'Allemagne est un interlocuteur privilégié pour Pékin. Surtout au moment où les moteurs de la croissance du pays peinent à retrouver de l'élan après la pandémie de Covid.
Pour Gregor Sebastian, économiste à l'institut Mercator d'études sur la Chine (Merics) à Berlin, la puissance asiatique « pourrait chercher à obtenir le soutien de Berlin pour tenter de maintenir le libre-échange entre la Chine et l'UE ». Li Qiang a annoncé ce mardi que son pays attachait « une grande importance » aux liens avec l'Europe.
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D'autant que de Siemens à BASF, en passant par les constructeurs automobiles, les grands industriels allemands continuent d'investir massivement sur le marché chinois, crucial pour leur activité.
(avec AFP)
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