Les frais de tenue de compte ont bondi de près de 100%, au cours des quatre dernières années, selon l’association de consommateurs UFC-Que choisir. Qui dénonce également le manque d’information des particuliers au sujet de Sepa, le futur système européen de paiement.
En quatre ans, bien des choses peuvent changer. C'est le cas des tarifs bancaires en France. L'UFC-Que choisir, qui avait enquêté sur le sujet en 2010, a renouvelé l'exercice en ce début d'année 2014, "70% des banques modifiant leurs tarifs en janvier." Et l'étude publiée mardi 21 janvier par l'association de consommateurs fait apparaître une "explosion" de certains tarifs, des "hausses tout à fait intolérables", déplore Nicole Perez, administratrice nationale de l'UFC-Que choisir.
A l'inverse, les banques traditionnelles demeurent les plus onéreuses. Il en coûtera ainsi 367,20 euros de frais annuels au client de Société marseillaise de crédit, ou encore 251,92 euros aux détenteurs d'un compte au sein de la Banque de Savoie. A noter qu'au sein d'un même réseau bancaire, les clients ne sont pas logés à la même enseigne, suivant la région dans laquelle ils vivent. Si le client de la Banque Populaire du Nord paie 173,90 euros de frais bancaires par an, celui de la Banque Populaire du Massif Central doit débourser…244,40 euros.
Les banques ont trop peu informé les particuliers sur Sepa
L'inflation des frais bancaires n'est pas le seul motif de courroux de l'UFC Que-Choisir. L'association regrette le manque d'informations apportées par les banques à leur clientèle de particuliers au sujet de Sepa, le nouveau système de paiement européen qui devrait entrer en vigueur le 1er février 2014, et dont la Commission européenne a proposé le report au 1er août, tant les entreprises sont en retard en la matière. Et encore celles-ci ont-elles bénéficié de bien davantage d'informations que les ménages, au sujet de ce système qui doit permettre de raccourcir les délais des virements bancaires et de simplifier les prélèvements : sur les 331 agences bancaires visitées entre le 20 décembre et le 10 janvier par les enquêteurs mystère de l'UFC dans 40 départements, 2,6% seulement affichaient des informations relatives à Sepa.
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Or "Sepa représente des risques majeurs pour les consommateurs", prévient Maxime Chipoy, responsable du service des études à l'UFC-Que choisir. En effet, dans le cadre de Sepa, les prélèvements effectués sur le compte du client ne seront plus gérés à la fois par sa banque et par son fournisseur (EDF, par exemple), mais uniquement par ce dernier. Ce qui "posera un problème de sécurité", affirme Max Chipoy. Et d'insister :
"Les paiements par carte bancaire étant de plus en plus sûrs, les fraudeurs se tournent désormais vers les prélèvements à mandat unique, beaucoup moins sécurisés."
Ainsi, au Royaume-Uni, où l'autorisation unique de prélèvement existe depuis dix ans, les fraudes par prélèvement sont passées de 1% en 2000 à 10% en 2010, selon l'UFC.
L'UFC-Que choisir a saisi le gendarme des banques
Certes, le régulateur européen a prévu des garde-fous, comme la constitution de listes blanches et de listes noires, sur lesquelles les clients précisent à leur banque les prélèvements qu'ils autorisent et ceux qu'ils refusent.
"Les banques doivent informer leurs clients de la possibilité de mettre en place ces listes. Or cela n'a pas été fait, 3% seulement des banques évoquant ce sujet capital sur leurs sites Internet",
L'association nourrit une autre crainte : que les banques profitent du passage à Sepa pour augmenter encore leurs tarifs. De fait, les banques qui facturaient déjà la mise en place de prélèvements le font également pour les prélèvements existants et convertis au format Sepa, comme s'il s'agissait de nouveaux prélèvements, gronde l'association. Qui a donc saisi l'Autorité de contrôle Prudentiel et de résolution (ACPR) pour que cette dernière contrôle et sanctionne le non-respect, par les banques, de la réglementation relative à Sepa. Interrogée par La Tribune, la Fédération bancaire française (FBF) n'a pas réagi.